‹ Les persécuteurs et les martyrs aux premiers siècles de notre èreChapitre 28 sur 307 · Pastot'f m, IX, 3; cf. I, iir, 2 et · texte numérisé non relu

Pastot'f m, IX, 3; cf. I, iir, 2 et

34 LA IlICHESSE

Dans un traité célèbre sur les apostasies de son temps, saint Cyprien montrait de môme les riches fatalement menés à la chute par leur attachement aux biens terrestres : « Ce sont, dit-il, autant de liens qui ont enchaîné leur courage. » Et il répétait avec le Christ : « Si tu veux être parfait, vends tout ce que tu possèdes et distribues-en le prix aux pauvres * ». Avant lui, on avait écrit : « Les riches, pris dans d'étroites entraves, pensent plus à leurs trésors qu'au ciel; le Seigneur les a condamnés par avance ' » .

On n'en était que trop persuadé, et un coup d'œil jeté sur les écrits des Pères montre Teffet d'un enseignement dont la rigueur, la nouveauté, appelaient les railleries des païens *, et venaient fatalement rétrécir le cercle de la propagation.

Je sais que des découvertes récentes ont montré que la diffusion du christianisme aux premiers âges ne s'est pas, autant qu'on Ta pu croire, circonscrite dans les classes les plus humbles, et que plus d'une famille puissante a écoulé la voix du Seigneur. Mais, à côté des monuments tirés du sol de Rome par la haute sagacité de M. de Rossi, et dont on ne saurait méconnaître la valeur, des affirmations précises ne nous permettent pas de nous tromper sur les éléments dont se formèrent surtout les premiers groupes chrétiens. Minutius Félix, Terlullien, saint Jérôme, s'accordent h nous montrer la masse des fidèles recrutée dans la portion la moins élevée de la société romaine. « Il est peu de riches parmi nous », dit le docteur africain *, et longtemps

1. De lapsis, XI; cf. Euseb., //w/. eccl., VI, 41, sur les apostasies d'Alexandrie : K'ai 7co).Xo\ {xsv eOOÉb); tûv Tcept^ccvevTlpcov ol (i^v ànrivtoiv dsSt^Tec, passage auquel la traduction de Uufin donuc un sens plus marqué : » Quidam ex ipsis nobilibus statim se spoute impiis artibus ingesserunt. » (VI, 31).

2. Minut. Félix, Oclavius, XVI; Tertull., De patientia, VII; cf. s. Luc, VI, 2i, 25.

3. CeUe s'é^aye d'un désaccord qu'il aperçoit, sur la question de la richesse, entre la doctrine de Moïse et celle du Christ. (Origcn. Contra Celsum, Vil, 34 i). Voir la réponse dOrigènc et Salvien, Adversus avaritiam^ II, 4. La même (pieslion s'agitait sans doute dans le livre d'Ammouius, De consensu Moysisti Jrsu, dont parle Eusèbe [Uisl. ceci., II, 19).

4. Tertull. Ad urorem, 11,8. Min. Félix, Oclavius, XX.XVI : « Plerique paupcres diciujur. » llieron., Proloq. llb. III Comment, in Epiai, ad Galat. : 'i Ecclesia de vili plcbecula cougregata est. >» Theodoret., Grœcarum affeclionum curado. L. VU!. (T. IV, p. 922;.

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