‹ Les persécuteurs et les martyrs aux premiers siècles de notre èreChapitre 29 sur 307 · ET LE CHRISTIANISME · texte numérisé non relu

ET LE CHRISTIANISME

après lui, Lactancc nous montre la conversion des pauvres plus facile que celle des privilégiés de la fortune ^

Bien des obstacles, en effet, venaient fermer la route h celui qui, vivant dans Topulence, se sentait entraîné vers le christianisme. Qu'il gardât ou qu'il sacrifiât ses biens, un concert de malédictions s'élevait des rangs des païens contre le nouveau converti. Les colères que soulevait sa résolution et dont TertuUien nous fait comprendre toute Tardeur *, se montrent dans Thisloire d'illustres personnages du v* siècle : Victorin, saint Paulin de Noie. C'était de la part de ce dernier, répétaient les grands, un acte intolérable, indigne d'un homme de cette race, de ce talent, de ce caractère '. Luimême écrivait : « Où sont-ils maintenant, mes proches, mes anciens amis? Où sont ceux avec lesquels je vivais naguère ? Je suis mort pour eux tous, et, comme parle l'Écriture, je ne suis plus qu'un étranger pour mes frères. Ceux qui autrefois m*avaient aimé se sont éloignés de moi; ils se dérobent en ma présence comme un fleuve qui se précipite, et je leur suis devenu un objet de confusion * ». Vers le môme temps, la crainte d'un tel soulèvement avait fait hésiter Victorin, inclinant vers le christianisme. Parvenu au rang de clarissime, il redoutait l'explosion des cris de la noblesse, presque entièrement encore demeurée païenne, et qui, lorsqu'il reçut le baptême, s'emporta en imprécations, « grinçant des dents et séchant de dépit ^ ».

S'il voulait garder sa fortune, le riche converti rencontrait en même temps un écueil près de ses nouveaux frères. Aux premiers âges de l'Eglise, alors que les enseignements du Christ n'avaient pas encore pénétré profondément dans les esprits, saint Jacques avait dû reprendre les fidèles et leur

1. InsL div, VU, 1 : « Eo fit ut pauperes et humiles credant facilius quaiu dWitcs. »

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