RECHERGHB
presque entièrement semblables à ceux qu*y marquera plus liird la Noiiiia : ceux de ceniurio, de cornicu/arius, de commentariefisis^ d'optio, de specu/alor^ et de strator^.
Alors que ces noms, empruntés à la langue des camps, se rencontrent dans les écrits anciens., la confusion peut nattre, et Ton doit parfois se demander si les textes qui les présentent mentionnent des membres de Tarmée ou bien de simples appariteurs. Il en est ainsi pour le fragment d'Ulpîen, rapporté unanimement ici par les commentateurs de TÉvangile^ et qui nomme, en parlant des exécutions capitales, le speculator^ Vopiio^ le commenlariensis. Après avoir cité un rescrit dlladrien qui modifie l'ancien usage dans la répartition des pannicu/aria. ccst-à-dire des dépouilles des suppliciés, le célèbre jurisconsulte ajoute : « Neque speculatores « ultro sibi vindicent, neque optîoiies ea desiderent quibus n spoliatur quo momento quis punitus est. Hanc rationem « non compendio suo debent prœsides vertere, sed nec pati « optiones sive commentarienscs ea pecunia abuti; sed debent « ad ca servari qutP jure pra^sidum soient erogari : ut puta « charliaticum quibusdam ofBcialibus inde siibscribere ; vel u si quid forliler fecerint milites, inde eis donare ; Barbares « oliani inde munerare venientcs ad se, vel legalionis vel a allerius rei causa. Plerunique etiam indeconrosas pecunias u pra»sides ad fiscum transmiscrunl; quod perquam nimise (I diligontia» est, cum sufRcial si quis non in usus proprios u voriorit, sed ad ulililalem officii patiatur deservire*. »
H n'aura point échappé au lecteur que, dans le fragment An Dipeste, les mots officialisa officium reviennent par deux fois, et qu^ les soldats n'y sont nommés qu'en passant. II y a là» si j<* ne me trompe, une première raison de se demander si YoptiOi le speculator et le commenlariensis dont s'occupe imrlioïilièreaient la loi n'appartiennent pas plutôt à Tagence du nuitfisiralqu'à l'armée ^ J'ajoute que, si l'on se reporte aux
\ Hollmirtnu II' • Civil-ProzesSy t. II. p. 158, note 14.
V l . 0, 1*^ 6«K '**"*• i^iff^st. XL VI II, 20).
i 1.0 lioiii (1*0 ^^^"^ ^^'' ^^^^ effacer celui d'appariHo, dominait
SUR LES BOURREAUX DL CHRIST :nl
faits notés plus haut et qui montrent les appariteurs chargés, dans tous les temps, de mettre à mort les condamnés, la question me semble devoir se résoudre par Taffirmative. Telle est, aussi, Tappréciation unanime des jurisconsultes qui ont examiné ce document au point de vue qui m*occupe, Panciroli*, Jacques Godefroy*, Dirksen ', Bethmann Hollweg S dont je tiens à citer les noms ; car il m'importe de montrer que, si mes conclusions sont nouvelles, les voies qui m'y conduisent sont celles qu^ont suivies les maîtres de la critique.
Entre les soldats et les appariteurs, malgré l'organisation militaire donnée, comme je Tai dit^ à ce groupe d'agents^ la distance était grande. Nous le voyons^ dès les temps anciens, par un épisode des guerres puniques. En racontant, diaprés Galon, qu'au mépris de la loi, des décemvirs ont été flagellés par les Bruttiens, Aulu-Gelle donne, au sujet de ces derniers, Texplication suivante :
» Lorsque le Garthaginois Ilannibal était en Italie avec son « armée, et à la suite de ({uelqucs combats malheureux pour « les Romains, les Bruttiens furent les premiers d'entre les « Italiens qui passèrent à l'ennemi. Les nôtres s*en irritèrent, i< et, après le départ dllannibal et la défaite de ses troupes, « afin de flétrir les Bruttiens, ils refusèrent de les recevoir i< sous les drapeaux et de les traiter en alliés. Ils les emplo- «< yaient, comme esclaves, au service des magistrats envoyés « dans les provinces. Ges hommes, accompagnant les juges, M remplissaient le rôle que les comédies prêtent aux /orarii, « garottant et frappant ceux qui leur étaient désignés^. »
au temps dTIpieo. Employé daus le scnït d'agence, de bureau, il se montre dès le premier siècle. Suet. Auf/ust. xxvii ; Tacit. VUa Agricolœ^ xix : <« ...orGciis et admini^lrationibus potius non peccaturos preponere, quam « daninare dum peccassent. >' t. Sotili'i dignitalum, cap. xiii, édition de Lyon, fo 11.
2. Commentaire sur la constitution 5, De custod. reor. {Cod. Th. IX,) lU: « Commentaricnsis de cujus hœc lex fit mcntio... et L. 6. D. De bonis damnatorut/if est officiai is judicis. »