‹ Les persécuteurs et les martyrs aux premiers siècles de notre èreChapitre 284 sur 307 · Philo, Adv. Flacc. éd. Mangey, t. Il, p · texte numérisé non relu

Philo, Adv. Flacc. éd. Mangey, t. Il, p

HiO RECHERCHES

Tel est, en matière de répression, le rôle de i^armce romaine qifaucun texte classique ne nous montre exécutant les malheureux condamnés par jugement du magistrat. Sous le règne de Galigula, comme plus tard sous les empereurs chrétiens \ elle n'intervient que pour prêter main-forlo el seulement quand Timportance d'une opération qui intéresse Tordre public dépasse la mesure des moyens d'action dont dispose Vapparilio, Exécutée par des hommes de Tarmée, la mise en croix de Jésus Christ, celles des obscurs larrons auxquels l'associa son supplice, serait donc, dans l'histoire romaine, un fait isolé et sans pareil. Et pourtant, dans les circonstances qui ont précédé et accompagné la mort du Seigneur, rien qui ne soit en étroite harmonie avec les formes adoptées par l'administration provinciale. En quelque lieu du monde romain que je regarde, le prœses est le juge des faits accomplis dans sa circonscription ; il a seul lejusgladii*, droit de condamner à mort que la loi refuse aux magistrats d'un ordre inférieur '. Pour prononcer dans les affaires civiles ou criminelles, le gouverneur quitte périodiquement sa résidence et va tenir, de ville en ville, des assises solennelles qu'on nomme Forum ou Conventus forensis \ Jusqu'au jour de son arrivée, les accusés, saisis par les agents locaux, sont tenus en prison pour lui tMre présentés dans le cours de la session ". C'est à lui qu'il faut s'adresser pour réclamer les restes des suppliciés ®. Les récits de la Passion s'accordent avec toutes ces données. Accomplissant, suivant la règle, sa tournée judiciaire, Pilate a quitté sa

l. Le 10, De episc. L. 2, De his qui lalron {Cod. Just. I, 3, cl IX, 39). Cf. I. 1, De off. Prxf. Aug. [Ibid. î, 37).

iL Voir au Digesle, livre 1, le titre 18, De officio Proconsulis. Cf. pour les Procurateurs: Joseph. Ant. Jud. XVIII, i, 1, Bell. Jud. Il, 8, 1 ; Acla «ne. p. 95 et 231 ; Passio s. Perpel. § 6 ; Passio s. Monlani, § 6.

3. L. 1, pr. et § 1, De officio ejus cui mandata e^tl juridicUo{Digest. I, xxi).

4. CiB'î. De bello gall. i, 54 ; Cic. II Ven\ v. 11 ; Ep. famil. m, 6 ; ad Allie.

V, 16, etc.

5. Cic. II Verr. v. 62 ; Euseb. lïisl. eccl. v, 1 ; Acla sine. p. 147 et 266, Passio s. ' 13 ; Acta 8. Claud. § 1 ; cf. Acla s. Taliani Dulœ%i (Bolland.

15 Jun

6. U . Procons. 1. 1, De cadav. punitor. [DigesL XLVIII, xxiv).

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SUR LES BOURREAUX DU CHRISt n\

résidence, Césarée \ pour venir à Jérusalem, tenir ses assises de justice, Là, comme ailleurs, un groupe d'accusés attend, sous les verroux, la venue du gouverneur: avec les deux larrons et Barabbas, saint Marc constate qu'il en était d'autres *. Les juifs n'ont encore pas le droit de mettre à mort ; ils recourent à Pilate pour obtenir l'exécution du Christ ^ C'est à lui que Joseph d'Ârimathie demande les restes de leur victime \ La condamnation capitale prononcée pro tribunali ^', la flagellation précédant la mise en croix *, le refus par le procurateur de modifier l'écriteau ' qui reproduit les termes de 'a sentence rendue % sont encore autant de traits conformes à ce que nous savons du détail de la procédure criminelle, sous la République et sous l'Empire.

Maintenant et devant les paroles des Livres saints qui montrent le Seigneur et les deux larrons crucifiés par des soldats, quelle doit être notre conclusion? Faut-il songer, malgré des signes contraires, à l'existence d'un régime pénal particulier à la Judée ? Y a-t-il eu ici, comme dans d'autres circonstances, défaut de précision chez les évangélistes ^^ ou

1. Tacit. Ann, II, 79 ; Dio Cass. LVii, 22 ; Joseph. An t. jud, xviii. 4.

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