‹ Les persécuteurs et les martyrs aux premiers siècles de notre èreChapitre 285 sur 307 · Joh. XIX, 22 ; cf. Apul. Florid. i · texte numérisé non relu

Joh. XIX, 22 ; cf. Apul. Florid. i

9. Pour saint Jean, le mot xt^i«PX0Ç prend le sens vague d'officier, de chef luilitaire, alors que, par deux fois, il écrit, dans TApocalypsc, que l'enfer attend les rois et les chiliarques (vi, 13 ; xix, 18 ; cf. Schleusner, Novum lex, Novi Test. V® ^iXiap/oc Quelque longue qu'ait été d'ailleurs l'occupation de leur pays, les Juifs paraissent avoir aussi mal connu les choses romaines (Lucan. Phars. ii, 593 ; Jul. Paris, dans Ang. Mai, Scripi. vet nova coll. vatic. 1. 111, p. 7 ; Val. .Max. I, 3, 2; Tacit. Hist. v, 5 ; Juvenal. xiv, 97 ; Plutarch. Sympos. iv). — Mes savants confrères, MM. Renan et Derenbourg, out bien voulu me signaler et me fournir, à cet égard, un renseignement curieux. Le Thalmud de Jérusalem indique un procédé bizarre pour se dérober aux poursuites. « Ainsi tirent, du tem^.s du roi Ursicinus, dit le texte hébreu, les habitants de Sepphoris qu'on recherchait et qui se reudaient méconnaissables. » (J. Sala, ix, 3 ; cf. J. Méguilla, m, 1, et J. Betza, i, 7). Or, le prétendu roi Ursicinus est, d'après d'autres passages du Thalmud, un magister mUilum^ connu par les témoi-

bien le caractère militaire de Vapparitio était-il, dès leur temps, suffisamment marqué pour que des hommes de cette agence aient pu être désignés, comme nous le voyons plus tard, sous le nom de soldats? C'est vers cette solution que le grave témoignage de saint Augustin me porte à incliner. Admettre, sur la foi du grand évêque, la dernière hypothèse, me paraît en effet moins périlleux que de supposer avec les modernes, et malgré les enseignements de Thistoire, qu'une exécution capitale ordonnée par le juge civil ait pu être confiée aux soldats d'une cohorte militaire.

goages grecs et latins, et qui, vers Tannée 3o3f poursuivait les Juifs de Iti Palestine et désolait le pays. Voilà comment, quatre cents ans après la conquête, les juif» lettrés eux-mêmes ronnaissaiont les titres des fonctions romaines.

chapiïrf; xxvii

Les martyrs dé TExtréme-Orlent et les persécutions antiques

L'un (les plus émouvants spectacles qui attendent à Homo le voyageur est la vue des catacombes immenses où reposèrent les chrétiens des premiers âges. Ce ne sont pas là des nécropoles vulgaires où dorment des morts inconnus ; les noms de plus d'un de ceux dont les restes y furent déposés sont demeurés immortels dans Thistoirc. Les corps des Apôtres Pierre et Paul, de saint Laurent, de nombreux papes martyrs, ceux des vierges illustres, Cécile, Agnès, onl sanctifié les galeries de la Rome souterraine. Le génie d'un savant italien a souvent retrouvé leurs traces et, malgré des dévastations sans nombre, malgré le passage des barbares, les insultes plus désastreuses encore que soufTrirent les saintes nécropoles pendant de longs siècles d'ignorance et d'oubli, les catacombes romaines présentent encore l'image vivante des temps où elles furent en usage. Parfois une investigation heureuse fait retrouver derrière quelque paroi construite en des moments de persécution, des ossements enveloppés de drap d'or, accompagnés, comme ceux de saint Hyacinthe, d'une inscription tracée aux premiers âges. Ailleurs apparaît sur une fresque, un saint debout, la tête haute devant un

' r. LES MARTYRS DE L'EXTRÊME-ORIENT

ma^strat païen. Sur quelques épitaphes se Ht encore le grand titre de martvr.

Devant ces vénérables souvenirs, au fond d'obscures galeries éclairées par de pâles flambeaux, Tesprit s*isole des temps présents pour remonter aux âges où tant de victimes assurèrent au prix de leur sang le triomphe de TÉglise naissante. Ces temps sont loin de notre pensée, ces sacrifices paraissent bien loin de nos mœurs : nul de nous ne devra, ne verra confesser, au prix de la vie, la foi que nos pères nous ont léguée : les nécropoles qui nous gardent le souvenir de pareils' combats semblent mettre sous nos yeux Timage de traits perdus dans la brume des légendes et que nos temps ne doivent pas voir revivre.

Et pourtant, au milieu de Paris même, dans une de nos rues tumultueuses, un humble sanctuaire oiïre aux regards de mêmes objets de vénération. Là aussi, des ossements blanchis, des inscriptions, des tableaux de martyre. Les fidèles que rappellent ces souvenirs, plusieurs de nous les ont tous pu connaître ; ils ont vécu à nos côtés, et le jeune homme qui nous montre leurs reliques augmentera peut-être de ses dépouilles mortelles le musée de la Salle des martyrs.

Nous sommes au Séminaire des Missions étrangères ; c'est là que se préparent dans le silence, c'est là que partent incessamment les chrétiens intrépides qui vont porter dans les pays do rExlréme-Orient la semence de notre foi et y grandir le nom de notre France . Le sanctuaire qu'ils veulent bien nous ouvrir rcnfermedes instruments desupplice, (les ossements brisés, des vêtements, des linges, des cheveux, (les crucilix baignés de sang, quelques pauvres livres de priùres qui consolèrent les prêtres captifs, leurs lettres écrites dans les cages, dans les cachots, et signées du mot de saint i*aul « prisonnier du Christ », leurs vases sacrés, les peintures railcs au-delà dos mers ot représentant, avec la naïveté atroce particulière aux Orientaux, les martyrs tenaillés, étranglés, brûlés, décapités, leurs membres dispersés horiblement. Ces *isles objets, un jeune st:nunariste vous les montre, vous les

explique, le visage riant, le cœur tranquille. On ose à peine lui demander si lui, si frêle en apparence, est de ceux qui doivent plus lard affronter les périls d'une mission chez les barbares. « Dans trois mois, dit-il simplement, je partirai, » et cette réponse le trouble moins qu'elle n'émeut celui qui l'a reçue.

Dans ce sanctuaire si vénérable, hommes et choses, tout parle au cœur; ce que j'ai lu de plus émouvant dans l'histoire des premiers martyrs m'y est revenu à la pensée ; la vue du courage vivant, si je puis parler ainsi, s'est mêlée pour moi aux souvenirs, les renouvelant, les rendant à la fois plus sensibles et plus admirables : là j'ai compris, par de récents exemples, comment autrefois des hommes sans peur avaient encouragé hautement à la constance les saints debout devant le tribunal ; comment, dans l'âge de la faiblesse, des enfants avaient su montrer, en mourant pour le Christ, une résolution surhumaine; comment, dans leur audace magnifique, des martyrs avaient pu enseigner devant le proconsul, chanter des hymnes au milieu des tortures et trouver la force d'annoncer l'Evangile même du haut de la croix. Ce que l'on pourrait être tenté de reléguer dans le domaine de la légende m'est apparu chose réelle. J'ai senti que ce que faisaient les (ils, leurs ancêtres l'avaient pu faire, et que les miracles de courage accomplis aux jours où nous vivons l'avaient été par ceux qui nous ont précédés.

Ce n'est point qu'un parallèle absolu puisse s'établir entre les martyrs d'autrefois et ceux de nos jours. Poursuivis au nom d'une société différente par les temps, par les lieux, de Tanci^n monde païen, les saints de l'Extrême-Orient ont à subir des violences inconnues dans l'histoire des persécutions romaines. La vue même de la Salle des martyrs, un petit livre

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