Euseb. Hisl. eccL^ 1, III, c. xix
354 LES MARn'RS DE L'EXTRÊME-ORIENT
Aurèle : « Quand vous nous entendez, écrivait saint Justin, « quand vous nous entendez dire que nous attendons le « Règne, vous imaginez que nous rêvons quelque chose de « terrestre et d'humain. Nous ne pensons qu'au royaume ft des cieux *. » Le martyre d'un néophyte chinois, Joseph Yuén, mort en 1817, nous montre la même pensée préoccupant les mandarins. « On m'a souvent interrogé, écrivait-il « aux prêtres de la Mission, on m'a souvent interrogé sur « cette demande de l'Oraison dominicale : Que votre règne « arrive ! Car le préfet soutenait que le sens de cette phrase « était que les Européens viendraient pour s'emparer de la a Chine, et, à cause de cet article, je reçus vingt soufilcls « appliqués avec la semelle de cuir. Une fois aussi, on me t fit demeurer à genoux sur une chaîne tendue et trois fois sur des pierres. Mais constamment je niai l'interprétation « insensée du préfet. Quand le juge criminel m'interrogea « sur cette phrase, je répondis que cette interprétation était « non de moi, mais du préfet '. »
Pour les vieux païens, la foi chrétienne et le judaïsme étaient même chose : c'étaient là deux religions ennemies du polythéisme et entre lesquelles leur mépris ne distinguait pas '. Ainsi font aujourd'hui les Orientaux pour les chrétiens et les mahométans. L'abstinence de viande de porc imposée par la loi musulmane est attribuée, reprochée aux fidèles et sert de base à une grossière imputation contre le Seigneur.
Comme au temps de Dioctétien, Chinois, Tong-Kinois, Annamites, cherchent et saisissent les livres des chrétiens, ces livres qui, disent-ils, ensorcellent et sur lesquels une terreur bizarre les empêche même de jeter les yeux ; ils s'emparent des vases sacrés, des saintes images, des hosties qu'ils croient enchantées, parce qu'elles communiquent aux martyrs une force indomptable '\ Quatre vers du pape