La Salle des martyrs y p
2. W., p. 156, 191, 247. 336, 423, 512 ; Cypr., EpisL IV ad presbyteros et diaconos, § 2. Euseb., 1. V, c. i.
3. Charlevoix, T. II, p. 238. La Salle des martyrs^ p. 156, 175 ; Euseb., Mari. PaUest. VU ; Acta s. Frucluosi, § 3. (Uuinart, Acla sincera, p. 221).
4. La Salle des martyrs, p. 97 ; Acta s. Cypriani, § 5 (Ruinart, Acta sincera^ p. 218).
36â LES MARTYRS DE L'EXTRÊME-ORIÊST
Aux temps de l'Église primitive, quand le martyr avait été frappé, ses frères, bravant tous les périls, se précipitaient pour recueillir les restes d'un sang précieux. Des vases, des linges, des éponges servaient à ce pieux usage ; les herbes, les cailloux teints de sang étaient pieusement relevés*. Si Ton ne pouvait obtenir du magistrat ou enlever, par un coup de main hardi, le corps de la sainte victime, on le rachetait ; on payait au prix de Tor une copie des procès-verbaux de rinterrogatoire et du supplice*. Aujourd'hui, môme hâte, même audace pour recueillir ce qui reste du martyr, pour acquérir et pour sauver les titres authentiques de sa gloire : môme respect de son corps, de son sang, de ses vêtements souillés, des Actes de sa passion '. Chez tous les chrétiens, en quelque lieu que Ton porte ses regards, dans les pays de langue latine ou grecque, en Arménie, comme dans le fond de rOrient, les chaînes, les instruments de torture sont achetés aux païens, ensevelis avec les victimes ; ce sont là les précieuses enseignes de leur fidélité, de leur victoire*.
La mémoire de leur mort, de leurs souffrances n'a rien qui attriste les cœurs. Tout souvenir douloureux s'évanouit devant la pensée de leur triomphe. On avait demandé au Seigneur que les martyrs remportassent la couronne; Dieu a exaucé les les vœux de ses enfants ; les violences par lesquelles les païens avaient cru jeter la terreur ont répandu la joie dans Tâme des fidèles. En Cochinchine, la foule qui récite les prières des défunts devant le cadavre sanglant d'un indigène, s'arrête hésitante et répète avec le grand évêque d'Hippone dont le nom môme lui est peut-être inconnu : « A quoi bon prier pour un martyr '^ ? » Un témoin de la mort de Pierre Néel s'échappe et, comme le soldat de Marathon, messager de la