‹ Les persécuteurs et les martyrs aux premiers siècles de notre èreChapitre 305 sur 307 · La Salle des martyrs^ p · texte numérisé non relu

La Salle des martyrs^ p

6. Acla s. Tarachij § 8 (Ruinart^ Acla sincera^ p. 439); La Salle des martyrs, p. 263

LES MARTi'RS DE LEXTRtME-ORlENT

s.ur les saintes images qu*i] refuse de fouler aux pieds. Ainsi ùl-\»n on 1840 pour un prôtre cochinchinois, Antoine Nam ; dovaut cette indigne contrainte, le martyr de la Cilicie, celui du Tong-King n'ont eu qu*un môme cri : « Seigneur, lu vois la violence qui m*esl faite ! )>.

(iVst en Dieu seul que les saints se confient ; c'est lui qui accablera de sa colère les persécuteurs de ses enfants. Proconsuls de Rome et mandarins sont assignés de môme devant le tribunal du Tout-Puissant. Avec Perpétue, ïarachus, Rogatien, Claude et tant d'autres, les martyrs de l'Orient répètent à leurs juges que le Seigneur leur demandera compte du sang de ses fidèles '.

La sentence capitale est prononcée, et le chrétien, marchant à la mort, va suivre la voie glorieuse qu'ont parcourue les héros des temps antiques. Extase qui ouvre par avance le royaume du ciel, force d'enseigner jusqu'à la dernière heure, reconnaissance pour le bourreau, dons offert à cet homme dont le bras va donner le bonheur éternel, joie d'avoir pu résister aux souffrances, d'avoir conquis la mort, énergie puisée dans le viatique, visage éclatant d'allégresse, consolations prodiguées à ceux qui vont survivre, toutes ces nuin|ues d'un courage, d'une foi inébranlable qui nous étonnent dans les récils d'autrefois, reparaissent chez les nt>uveaux martyrs*. Pour eux, comme pour ceux des premiers siècles, c'est un honneur, c'est une joie s'ils peuvent ivnconlrer dans leur passion quelque trait qui rappelle celle du Christ, En 1602, une grande dame japonaise, condamnée (^ mourir, « demanda en grâce qu'on la clouât sur la croix, nour ôlre, disait-elle, « plus semblable à son divin Sauveur \ »

I/histoire des combats de l'Eglise primitive présente un

I .lt*/«l *• VtrpetusBy § 17 ; Acta s. Tarachi, îi 1 et 9 ; Acta s, Rogaliani^ à a • ,4o/<l *. Claudiit § l. {Ruinart, Acla sincera, p. 281, 267).

i* V'Itl *• /Vrpe/., § 20 (Ruinart, Acla sincera"^ ; Acla s. Neslorii^ § 10 (Boll.

M K>h ^ ' •■^«*'" ^''*' ^ ^ ' '^^^^^ *• •Vrt-Piw*'«a'»\ § 3 ; Acla s. Jacobi, § 3 ;

lA iiïAvX ^' P- -*^' --''' ^^*' '" ^^'' ^^'''^ ^^^ marhjrs, p. 121.

5 lÙuil^ >. 92. Cf. U Salle des martyrs, p. 124, 262, 322 ; Passio

A * |. o ss. Monlani el Lucii ^ 22 iRuinart, Acla sincera^ p.

ÎéTw ''• ^*' ** ' ^* ^"*^*"^- ^^''^- ^^^^» Uilariano, § 36.

trait digne de remarque, bien qu'il semble être resté inaperçu. Les sentences capitales par lesquelles les païens voulaient flétrir les chrétiens condamnés, devenaient^ pour les soldats du Christ d'incomparables titres d'honneur. « Qu'il montre « donc, s'écriait saint Denys parlant d'un jaloux de sa gloire, a qu^il montre donc ainsi que moi les jugements qui l'ont (' frappé ! qu'il nous dise ses biens vendus, la perte de sa « dignité en ce monde, toutes ces peines que j'ai subies sous « Décius, par Tordre des magistrats * ! » C'est aussi le souvenir d'un jugement prononcé contre lui comme chef des fidèles qu'invoque saint Cyprien, méchamment attaqué : « Ce n'est « point, dit-il, que ma condamnation me donne de l'orgueil; « mais je m'afflige de voir mépriser, malgré la loi divine, w rhomme auquel les païens eux-mêmes ont donné le titre « d'évêque * ». Plus tard , lorsque l'illustre pasieur est condamné, c'est le sacrilège, l'ennemi des dieux, le porteenseigne des rebelles que l'on frappe, pour servir d'exemple; son sang versé, ajoute le proconsul, afi'ermira le respect de la loi. « Sentence glorieuse et digne d'un tel évêque écrit le € diacre Pontius, paroles divines, bien qu'elles viennent « d'un païen ! Ce porte-enseigne tenait l'étendard du Christ, a cet ennemi des dieux poursuivait l'anéantissement des « idoles ; il a servi d'exemple en devenant, pour les siens, « les prémices du martyr ; la loi que son sang a afl'ermie, « c'est celle du dévoûnient jusqu'au trépas, car beaucoup « l'ont suivi qui sont morts pour affirmer la foi chrétienne « au milieu des supplices » '.

S'il est quelqu'un auquel ces souvenirs des siècles passés aienl dû demeurer inconnus, c'est à coup sûr un pauvre fidèle de la Cochinchine, Matthieu Gâm, qui, arrêté avec deux missionnaires, fut condamné à périr. « Le chrétien, « disait la sentence, a introduit des ministres de la religion « d'Europe. Il ne veut pas renoncer à sa croyance. Le Roi

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