CHAPITRE V
Le culte de la beauté aux temps des persécutions
Abandonner, alors qu'on était riche ou de naissance illustre, le vieux culte pour le christianisme, cette religion des pauvres et des déshérités, c'était, nous venons de le voir, se montrer doublement coupable. Il était encore un autre don qui, aux yeux des païens irrités, rendait inexcusable une impiété si grande.
Ce n'est pas assurément chose neuve que d'exposer, fût-ce avec un grand luxe de preuves, à quel degré la beauté était en honneur chez les anciens, de quelle admiration était lobjct ce que l'on considérait alors comme un présent des dieux ^ Grecs ou romains, juifs ou barbares lui ont voué le même respect. Homère nous montre les douleurs, les colères des vieillards troyens s'apaisant à la vue d'Hélène'; une légende s'attache au prestige qu'exerçaient les charmes de Phryné '; une vieille épitaphe romaine, l'historien Josèphe, la Loi Salique rappellent que Scipion, les Machabées et
1. Isocrat. Panegyr. Helenae^ (éd. Didot, p. 139) : 'O 9t{ivôtaTov xa\ ttiitco- -ntrov xai Ou^rxrov tû>v ovtcov iaxi. Pliu. Panegyr. c. IV : » Nec sioe quodam munere deum »; Pacatus, Panegyr,^ c. VI : Augustissima quaeque species piuriroum creditur trahere de caeio ».