‹ Les persécuteurs et les martyrs aux premiers siècles de notre èreChapitre 36 sur 307 · lliad, m · texte numérisé non relu

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3. Athénée, L. XIII, c. 59; Plut. Hesperid. Vil; Quintil. Il, 15,

46 LE rXLTE DE LA BEAUTE

Clovis étaient beaux \ et l'on ferait tout un recueil des inscriptions qui, dans Tantiquité, dans le moyen-&ge, répèlent sur les tombes le même éloge. Une sorte d'hymne à la beauté se dégage ainsi des anciens textes.

Cette tendance des esprits à admirer chez Thomme, chez la femme, comme aussi dans les œuvres d'art, les miracles de la forme, se lie plus qu'on ne pourrait le croire à l'histoire des premiers chrétiens et même à celle des martyrs.

Les statues de ces dieux que l'art représentait avec une perfection si haute, enflammaient par leur beauté même la piété dos adorateurs. « II suffit, disait un fidèle, qti'une image » soit élégamment taillée pour qu'on lui attribue le caractère )) divin et la puissance » '. La main de Phidias avait grandi la gloire de Jupiter \ « Il y avait autrefois à Ségeste, nous » apprend Cicéron, une merveilleuse statue de Diane, objet » du culte le plus ancien. Enlevée et transportée à Carthage, )) elle ne lit que changer de temple et de dévots, car sa )) beauté extraordinaire lui valut, chez l'ennemi, d'aussi » nombreux hommages » \ Dans son chant de douleur sur la ruine de la statue élevée à Apollon dans le temple de Daphné, Libanius rappelait que les barbares euxmêmes, touchés à la vue d'un si noble chef-d'œuvre, l'avaient épargné °. Quoi qu'il en soit de la fidélité absolue de ces deux derniers témoignages, que les Carthaginois, les Perses aient ou non été frappés par la perfection d'un art peu fait sans doute pour parler à leurs grossiers regards, nous y trouvons toutefois la preuve du prestige que Cicéron et Libanius attribuaient et reconnaissaient à la beauté des idoles.

(^'est à ce sentiment d'admiration, si puissant autrefois sur les esprits, que s'adressaient parfois les proconsuls pour amener les chrétiens à brûler de Tencens sur l'autel des

1. Orelli, no 550; FI. Joseph. De Maccahaeis^ c. Vlll; et le prologue de la Loi Sallque.

2. Passio 8. Philippi Heracl. § 6 (Ruinart, Acta sincera^ p. 413).

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