LE CULTE DE LA BEAUTÉ
court dialogue, de pure invention peut-être, mais du moins en rapport exact avec ce que nous savons d'ailleurs par les écrits des Pères et nous montrant une fois de plus le prestige que, dans les siècles passés, exerçaient les perfections physiques.
Ces mêmes hommes qui craignaient d'attenter à la beauté par d'indignes violences ne devaient pas voir sans regret se dégrader, à leur sens du moins, les possesseurs d'un bien si précieux. Ainsi s*expliquent, me paratt-il, les adjurations adressées par le magistrat à Tun de ces chrétiens que les infidèles tenaient pour des êtres infâmes, recrutés dans la lie du peuple *. Je Tai montré plus haut, par une foule d'exemples dont je pourrais augmenter le nombre, on s'indignait à voir un personnage estimé pour sa naissance, pour son mérite, ou sa fortune se déclarer adorateur du Christ : « Comment, lui disait-on, tu es chrétien! tu es chrétien et tu es noble ! tu es chrétien et tu es riche ! * » A côté de ces privilèges d'ici-bas il est curieux de voir placer celui de la beauté, présent céleste que l'on ne devait pas avilir en adoptant un culte méprisé. « N'as-tu pas honte, dit un gouverneur à saint Julien, n'as-lu pas honte, avec ce noble et charmant visage, de t^attacherau vil Nazaréen mort sur la croix ? » Non te pudet pulchra ei ingenua facie cum sis^ vili adhaerere Nazareno in crucetn acto ? •
Telles sont les quelques observations que la longue série des Acta martyrumj encore non consultés à cet égard, permet d'apporter pour Tétude d'un sujet souvent examiné, au double point de vue de l'art et de la philosophie.
£iikàcia«f § 45 (Bolland. 1 niart.)
I lilDutius Félix, Ociavius, c. VIU, etc.
î ^te*"^ '**' ^^'^' ^ * (Bolland. 27 jan.).