‹ Les persécuteurs et les martyrs aux premiers siècles de notre èreChapitre 62 sur 307 · L'ACCUSATION · texte numérisé non relu

L'ACCUSATION

adoré dans la crèche et qui devaient plus tard devenir le type et les patrons des sorciers *, étaient venus, selon quelquesuns, sur un avertissement des démons *. L'Egypte, où ses parents en fuite l'avaient emporté dès le berceau, était, pour les anciens, la terre classique des enchantements et des prodiges '\ Magiciens ceux qui y avaient passé : Joseph habile^ comme les sorciers païens, à lire l'avenir dans le liquide d'une coupe divinatoire * ; Moïse qui , initié aux secrets de la science égyptienne '^ et maître dans les arts occultes % avait lutté victorieusement contre les magiciens de Pharaon ' ; Orphée môme, dont je parlerai plus loin, et que sa venue en Egypte avait également rendu suspect *. Dans ce pays aux choses obscures, le Christ avait, disait-on, appris les secrets qui l'avaient fait célèbre et par la force desquels il avait pu sortir du tombeau '. Du mattre, les soupçons s'étaient étendus jusqu^aux disciples : saint Paul, saint Pierre, tenus par les païens pour de grossiers faiseurs de prodiges *° ; ce dernier surtout, qui avait, on le savait des dieux eux-mêmes, immolé un enfant dans une cérémonie abominable, et usé de sortilèges pour faire adorer le Christ durant trois cent soixante années'*.

1. Noie sur une médaille d'argent de la Bibliothèque nationale, (Revue numismatique, 1891.)

2. S. Hieron. Comment, in Isaiam, Lib. VII, c. xix, § 1 ; cf. TertuU. De Idolol. c. IX.

3. Clem. roman. Recognit, L. I, c. v ; Apul. Metam, L. 11 (éd. Oadendorp, t. I, p. 161) ; Dio Cass. L. LXXl, c. vin ; Origen. Contra Celsum, L. l, . 53 ; Lucian. Philopseud, c. xxxiv ; Joseph. Anl, jud, L. XX, c. vm ; Euseb. HUl. eccl. L. Vil, c. X ; Vita Constant, L. II, c. iv ; Rufin., Hist, eccl, L. II, c. xxvi ; Auson. Epist, XX, v. 18; Derenbourg, Essai sur Vhisloire et la géographie de la Palestine^ p. 361.

4. Gènes, XLIV, 5 ; « Scyphus quani furatiestis, ipse est in quo bibit demi- » nus meus, et inquo augurari solet» cf. XI, 8-23. S. August. Civ, Dei, Vil, 35 ; mon Mémoire sur l'accusation de magie dirigée contre les premiers chrétiens, p. 20.

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