‹ Les persécuteurs et les martyrs aux premiers siècles de notre èreChapitre 63 sur 307 · Exod. VU · texte numérisé non relu

Exod. VU

8. S. Justin. Cohort. ad grœcos, c. xiv ; Pausanias, L. VI, c. xx ; Diod. sicut, L. V, c. LXiv : cf. Clem. Alex. Cohort, ad gentes, c. I.

9. Origen. Contra Cels. L. I, p. 22, 30, 53 ; Arnob. L. I, c. xliii ; Pseudo- Clem'*^* "«niil. VIII, §9 ; Acta s. Pionii, § 3 (Bolland. t. I, febr. p. 45).

i (n Hieroclem, c. II (dans Philostrate, éd. d'Olearius, t. I, p. 430).

i.f Civ, Deiy L, XVIIl, c. mi.

DE MAGlË Vô

Ce devait être, chose étrange^ la destinée du christlanispie, que de provoquer le soupçon de magie. Dans tout le monde romain au temps des grandes persécutions, en Afrique sous la main des Vandales *, en Perse, lorsque régnait Sapor % au cinquième siècle en Arménie ', au sixième en Angleterre *, de nos jours dans l'Extrême-Orient ^ la môme accusation se reproduit, folle, violente, appelant les supplices.

Parmi les nombreuses preuves qu'on en rencontre, surtout dans les Actes des martyrs, il en est qui montrent sur le vif rintime pensée et l'inquiétude des païens. Au premier rang figure Tun des textes les plus précieux de l'antiquité chrétienne, la Passion de sainte Perpétue et de ses compagnons. Alors que près d'être livrée aux bêtes du cirque, cette troupe héroïque était enfermée dans la prison, le tribun chargé de la garder redoubla de surveillance et de rigueur ; il craignait que les saints ne disparussent, enlevés par la vertu de quelque secret magique *. Bien que tirés d'écrits d'une valeur moindre, d'autres témoignages ne me paraissent pas indignes d'être signalés pour leur rapport avec ce qui nous est connu d'ailleurs. Je veux parler de l'histoire de deux couples de martyrs : Ptolémée et Romain, Epictète et Astion. Pendant qu'on les menait au supplice, les deux premiers s'avançaient en chantant : a Droite est la voie des justes et le chemin » leur est frayé. »- — a Que disent ces hommes? » demanda 9 le juge; et son assesseur lui répondit : « Ils chantent des » paroles magiques, afin de te résister et de te vaincre. » Mis à la torture, les deux autres saints répétaient incessamment : ff Nous sommes chrétiens ! que la volonté de Dieu soit X» faite en nous ! >; Et, par une croyance qui devait survivre aux temps antiques, l'un des bourreaux imagina que les

i. Victor Vitensis, De persecutione vandalica, L. H, c. xvu.

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