‹ Les persécuteurs et les martyrs aux premiers siècles de notre èreChapitre 66 sur 307 · Prudent. Apolheosis^ v · texte numérisé non relu

Prudent. Apolheosis^ v

2. Acta ss. Thf/rsi, Leucii et Callinici, c. II. § 7 (Bolland. 28 jau.).

3. Les Actes des martyrs^ supplément aux Acta sincera, § 38, p. 103, 104.

4. Hyvernat, Les Actes des martyrs d'Egypte^ T. I, p. 59 : •' Le gouverneur envoya chercher un magicien qui fût puissant dans la magie. Il en vint un qui était grand-maître des magiciens. Son nom était Alexandre. Le gouverneur lui dit : Alexandre, viens combattre la magie de ce chrétien, car je ne puis venir à bout de lui. Alexandre dit au gouverneur : Que Ton m'apporte de la graisse de porc ; qu*on lui en frotte le corps et qu'on lui verse un vase d'urine sur la tète, et alors je prévaudrai contre lui. » Cf. Mizaldus redivivus, Norimbergœ, 1681, p. 365 et voir ci-deetous, chapitre XXVII.

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conduite devant Tempereur '. Rien de moins authentique^ à coup sftr, que les textes où figurent ces derniers faits et je ne les aurais pas signalés s'ils ne concouraient avec tant d'autres à démontrer la conlinuité, la diiïusion d'une singulière croyance.

Quelque étonnement que me causent les soupçons conçus par les païens, je ne saurais oublier que certains actes des fidèles eux-mêmes, et je parle ici des plus saints, les livres apocryphes imprudemment placés à côté de FEvangile, ce texte même aussi, comme je Tai rappelé plus haut *, pouvaient donner prise à des interprétations malveillantes.

I*armi les nombreux documents que l'antiquité nous a hiiHsés sur les procès de magie ', le plus considérable est, à coup sûr, V Apologie prononcée par Apulée, accusé de maléfice. Cette longue défense mentionne tous les moyens de l'attaque et l'on y peut étudier sur le vif le mécanisme des actions de Tespoce. Une particularité m'y frappe tout d'abord et me semble, au point de vue qui m'occupe, mériter quelque attention.

Ici je laisse parler Apulée :

« Mes accusateurs devaient, dit-il, imaginer une fable en « rapport avec les choses que chacun croit et connaît. Aussi, a pour produire un de ces faits qu*admet l'opinion commune, « ils me font opérer des charmes sur un enfant. C'est en « secret, dans un lieu écarté, avec un petit autel et une « lampe ; peu de gens assistent à la scène et, dès que l'enfant « est enchanté, il tombe, puis se relève ayant perdu toute u conscience de lui-même. On n'a pas osé pousser plus loin « lo mensonge. Cependant, pour compléter la fable, on aurait « dA ajouter que l'enfant avait fait mille prédictions, car la

I, H A'IlpibuR et piuguedinc supenincta et ad Impcratorem itenim addur- |À II (Ado, Martyfoloff. 4 jan). Le même texte ajoute que, pour vaincre la \^^ft|liiiMi de nainte Martine, le» païens la rosèreut, imaginant qu*une vertu vJVj^^,,, ri**»'' "^^ 8®^ cheveux : « rasi» capillis in quibus credebant quoil

^JJiJ|. nii H. « . Voir, au sujet de cette »inguliëre croyance, mon

^^^JJT I. i'archéologie sur la chevelure féminine {Comptes-rendus

^Î^ÏTiL iplions, 1888, p. 419-423).

•^ J[I' Stder RÔmer, p. 901, 912.

«divination et les présages sont, on le sait, la fin de ces « enchantements. Ce n'est point seulement Topinion du vul- « gaire, c'est aussi le sentiment des hommes de science que « les enfants produisent cette merveille. Je me souviens « d'avoir lu chez Varron le philosophe, personnage d'un « savoir sérieux et éprouvé, les faits suivants parmi d'autres « semblables. Les Tralliens recoururent à la magie pour « connaître l'avenir, touchant la guerre de Mithridatc ; un a enfant, contemplant dans l'eau une image de Mercure, « annonça^ en cent soixante vers, ce qui devait arriver. Ce c( fait et d'autres, je les trouve consignés dans plusieurs « écrits sur les enfants magiques, mais j'hésite pour aiOrmer « si tout cela est, ou non, possible. Je crois bien, pourtant, M avec Platon, qu'il est, entre les dieux et les hommes, des « puissances intermédiaires qui dirigent les divinations et les c< prodiges de la magie. J'admets aussi qu'une âme humaine, « surtout l'âme simple d'un enfant, puisse, par la force des « charmes ou l'enivrement des parfums, s'assoupir et s'isoler « du présent, que Tabsence de la mémoire corporelle la w ramène à sa nature vraie qui est immortelle et divine, et « qu'alors, comme au milieu d'un songe, elle puisse dévoiler « l'avenir '. »

Ainsi donc, des enfants prophètes, nous l'apprenons aussi de Tertullien ' et de Spartien ', servaient d'instruments aux enchanteurs, et cela était connu de tous. Dans une extase, un sommeil artificiel, ils disaient l'avenir, et les ennemis d'Apulée l'accusèrent de magie pour avoir entrepris cette opération .

Cela posé, ce n'est point, à coup sûr, sans quelque étonnement que je vois, au pays même d'Apulée, un évêque, un saint, un martyr, chercher dans l'extase des enfants des révélations surnaturelles. « Le Seigneur, dit saint Cyprien, dans « une lettre adressée à son clergé, le Seigneur ne cesse de

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