‹ Les persécuteurs et les martyrs aux premiers siècles de notre èreChapitre 67 sur 307 · In Did. JuUan. VII · texte numérisé non relu

In Did. JuUan. VII

« Doo^ reprendre la uoit et le joor. A côté des tî»ods que ' rK>a« d^Hine le «ommetl. en plein joor. près de oons. TËs- " prît ^int inspire l'innocence : des enfants, plongés dans ** l'exta-vr. voient, entendent et proclament ce que Dieu veut <• nous révéler et nous apprendre' . »

Nous lisons dans l'Apologétique que les chrétiens ne se préoccupaient pas de soustraire les livres saints aux regards des idolâtres et que d'ailleurs, mille circonstances pouvaient faire tomber ces écrits entre les mains des persécuteurs '. II devait en être de même des écrits composés par les fidèles, et plus d*un moyen se présentait de savoir ce qui se passait chez ces derniers. Tertullien. qu'il faut toujours citer, rappelle leâ trahisons de chaque jour, les réunions assiégées et violées, les dénonciations incessantes des esclaves ' ; que Ton ajoute les apostasies sans nombre % les informations nécessairement saisies par les idolâtres mariés à des fidèles', et l'on comprendra qu'en réservant ici le secret des mystères sacrés, ce qui se faisait chez les chrétiens devait être su de tous. Celse le dit et^ qui mieux est, le montre dans sa longue discussion de notre doctrine *. Des païens donc pouvaient lire ou connaître la lettre de saint Cyprien, savoir au moins los faits qu'elle relatait et qui, d'ailleurs, n'étaient pas isolés', s<^ rappeler en même temps qu'Apulée, Tertullien, les docu-

î. s. Cypr., Epist. IX. Presbyteris et diacoaibu8 fratribua, § IV : « Casli- " ^'l'in* nos itaqijc divina censura iiec noctibus desinil, nec diebus. Prster " nocliirnan enini visiones per dies quoque impletur apud nos Spiritu sancto » piiffroriiin innocens œtas, quœ iu ec<«tasi videt ocuHs et audit et loquitur " cii (|iiil)iiH rioM Dominus monere cl iostruere digDatur. »

2. Tcrtiill., Àpolof/el. XXXI : « Inspice Dei voces, litteras nostras qua» " fic({iio ipHi siippriinimufl, et pleriqiie casus ad extraneos transferunt. »

A. TiTtii!!., Apolof/el. VII : « Tôt hostes quoi cxtranei, et quidem proprie <' rx MMniit.itiono JudHM, ex concussione milites, ex natura ipsi domestici • iioHlri. (Jiiotidio ob^idemur, quotidic prodimur; in ipsis plurimum cœtibus ■ il <(HiKn'^;iti<)nihu«» no^lri» opprimimur. » Ad Nation. VU : « Conversatio •' iiolior farta o.M, itcili» et dics couventuuni noittrorum, itaque obsidemuret « (ippriiiiiiiHir et iu ipsis arranis cougregationibus detinemur. >

\. Viùr (•i-(lo}»sou'<, r. XU.

.i. IVrhiIl., Afntlof/ef. Vil : Ad uxor. II, 8 ; cf. 1 et 2 ; Cypr. De lapsis^ V.

i\. ()iiK<Mi., Contra Cels. 1. I, p. H. CeIsc connaît de même les livres des Ih't. li.pjrs. I. VI. p. 2i»8 cl 326 ; I. VIII, p. 387.

1. Tiilullicu, />«? anima, IX, parle des révélations d'une extatique iiioirtaw'xAv (l«)iil il uo dit pas l'âge.

ments dont - Spartien se servit plus tard', par dessus tout le cri de la foule* montraient les magiciens obtenant, par la voix d'enfants extatiques, des révélations surnaturelles. Que pensaient-ils, en voyant employer par TÉglise des moyens réprouvés comme magiques et que la loi de Tétat condamnait? Des esprits moins prévenus que les leurs s'en seraient émus, à coup sûr, et je ne m'étonnerais pas qu'en acceptant, sur la seconde vue de l'enfance innocente ', les idées de leur temps, les chrétiens n'eussent, dans leur simplicité, contribué à répandre un soupçon qu'exploitait la haine.

Apulée proteste, dans sa défense, qu'en épousant la riche Pudentilla il n*a point songé à l'intérêt : « Si vous établissez « le contraire, dit-il, je veux être aux yeux de tous un Cariu mondas, un Damigéron, un Moïse, un Jannès, un Apollo- « nius, un Dardanus ou tout autre de ces magiciens qui, « depuis Zoroastre et Uostanès, se sont rendus célèbres dans « leur art. » En entendant nommer de pareils hommes, les assistants éclatent en murmures et Apulée dit à son juge : <« Vous voyez, Maxime, quel tumulte j'ai soulevé en citant « ces quelques enchanteurs *. »

La répulsion dont ce passage témoigne nous montre quels périls menaçaient les ouvriers do maléfices, ceux mêmes dont les actes pouvaient rappeler vaguement les pratiques devant lesquelles tremblaient les âmes crédules.

Les accusateurs d'Apulée le savaient bien, et il m'importe de rappeler encore ici deux de leurs allégations. La magie, déjà démontrée par l'enchantement d'un jeune esclave, se révélait de plus à leurs yeux par les symboles secrets que

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