CHAPITRE IX
La préparation au Martyre
a Lorsque des maias cruelles torturaient les membres du
« saint, lorsque le bourreau lui déchirait les chairs, sans
«I pouvoir abattre sa constance, j'ai entendu parler les assis-
« tants. L'un disait : C'est une grande chose et dont je me
« trouble fort que de voir maîtriser ainsi la douleur. D'autres « reprenaient : Cet homme doit avoir des enfants, car une « épouse est assise à son foyer, et cependant Tamour des siens « est impuissant à le fléchir. Il faudra pénétrer et connaître le « mystère qui fait sa force. Quelle que soit la religion des « chrétiens, ce ne peut être pour une croyance vaine que « Ton accepte la souffrance et le trépas » * .
Ainsi parlait, au temps des persécutions païennes, le témoin d'un martyre, et, un siècle auparavant, saint Justin, encore non converti, avait éprouvé le même trouble en voyant les fidèles intrépides devant la mort*. La noble constance des martyrs fut donc l'une des forces vives par lesquelles grandit le christianisme. Leur sang devint une semence, comme le
1. Uber de laude tnariyrii, § 15 (à la suite des œuvres de saint Cyprien),