Euseb. H. B. V, i
« jouissance ineffable, et ce fut pour moi une douleur que de « descendre du chevalet *. »
Voilà ce que, par la bouche des saints, par le récit de leur victoire, TÉglise répétait à ses enfants ; la force leur viendrait de rétendue de leur foi. On Tavait pu voir au cirque même. Meurtrie par une vache furieuse, et ramenée ensuite hors de l'amphithéâtre, sainte Perpétue sortait seulement alors de son extase, demandant quand on l'exposerait aux coups de la béte irritée '. Comme Blandine, livrée au môme supplice, elle était demeurée insensible, pendant que son âme, élevée par prière, conversait avec le Seigneur '.
Malgré leurs colères, les idolâtres voyaient avec admiration la merveilleuse constance des fidèles *. Dans son livre contre le christianisme, Celse applaudit à ceux qui, devant le danger, n'abandonnent point leur foi. Ceux-là, dit-il, sontméprisables, qui, pour se soustraire à la mort, abjurent ou feignent d'abjurer *. Un secours venait ainsi du camp païen, car rÉglise elle-même ne tenait pas un autre langage. Aux âmes timides, elle rappelait qu'à Lyon les apostats avaient, et plus cruellement que les saints, été soumis à la torture ; elle disait leur morne attitude, le dégoût profond qu'en avaient ressenti les persécuteurs*. Faire acte d'idolâtrie, quand on était chrélien, c'était appeler, avec leurs railleries, celles des juifs, ces éternels ennemis de notre croyance \ Au temps de Dèce, la multitude païenne riait des malheureux amenés devant les autels et qui ne savaient trouver la force de sacrifier ni celle de mourir *. A côté de leurs visages blêmis par la terreur et par la honte, Ja face du martyr s'illuminait de de ce feu d'inspiration divine que nous retrouvons aux catacombes sur les