CASPER
Ce cas concernait la femme d’un menuisier qui avait injurié la Cour de cassation dans des termes obscènes; elle était l’objet d'une exploration médico-légale pour son état mental et on nous posa la question suivante : Cette femme est-elle atteinte de monomanie et par conséquent non responsable ?
Cette femme avait cinquante-huit ans ; son extérieur n'avait rien d’extraordinaire, excepté un teintindiquant une maladie abdominale. Dès le commencement de son entretien avec moi, elle commença à se plaindre de son mari avec lequel elle avait divorcé et qui était l’objet de ses invectives sans nombre devant tous les magistrats. Elle racontait avec une volubilité caractéristique que son mari lui avait volé la somme de 20,000 écus, qu’elle avait gagnée à la loterie. Chaque fois que l’on faisait une objection à ses prétentions, elle devenait plus violente. Il est intéressant de remarquer qu'elle citait au hasard des décisions de la Cour qui lui étaient tout à fait contraires et qu’elle les invoquait à l'appui de ses prétentions.
Cette conduite durait depuis quinze ans, et nous ne pouvions hésiter à admettre chez elle une aliénation mentale.