I. INVERSION SEXI KU.E
rapporls sexuels qu’avec des liommcs ; il s’Iiahille de préférence en femme. Je l’ai observé un jour de près, assisté d'un àgenl de la sûreté, dans un endroit privé. Il s’clait habillé en femme. Je fus tout étonné de le rencontrer dans la Friedriebstrasse, quelques jours plus tanl, dans le même costume.
I, a police a un grand intérêt à interdire les déguisements de ce genre. Il arrive en elTet, assez souvent, que des voleurs, en prenant un costume féminin, parviennent plus facilement à mettre la police sur une fausse piste. — Aussi les hommes qui, par leur déguisement, provoquent le scandale, encourent parfois île graves punitions, qui cependant, il faut bien le reconnaître, n’arrivent pas à réprimer cette passion du travesti.
L'uraniste dont je viens de parler ne se sent à son aise qu'habillé en femme ; et bien plus, il est obligé de s’habiller en femme pour pouvoir satisfaire à ses besoins sexuels. 11 a de commun avec un grand nondire d'autres uranistes l’absence do tout penchant pour les uranistes eux-mêmes. Ce qui l’attire plutôt, c’est un homme onlinaire ', vigoureux, à la barbe puissante. L’acte sexuel qu’il devra accomplir est le suivant : tnembrum alteriiis in o.i proprium siiscipere et en meme temps applicare numl/ruin suum aliciii parti corpuris alleriu!. Comme il trouve rarement des hommes qui consentent à ce genre d’accouplement, il a recours à un subterfuge. Il cherche à attirer l’attention des hommes qui lui plaisent : ceux-ci, d’un autre côté, le voyant vêtu comme une femme, croient réellement avoir affaire ù une femme. Lorsque la connaissance est faite, et les pourparlers engagés, l’uraniste persuade à l’autre que le coilta vnlgaris non tantam voluptatcm offert quantam immissio membri in os. Ensuite, membrum suum occulit en le retenant entre ses
* OtUK-cüre un homme normal nu point de vue aexael.
l’iNVÜHSIO.N SKXI'ELI.E
cuisses, tant que l'éroction n’cst pas complète, et par surcroît de précaution, il le recouvre avec sa chemise ou avec les mains. Deux seins postiches en caoutchouc achèvent de tromper son partenaire.
Il est certain que beaucoup d’uranistes procèdent de la même façon, lorsqu’il s’agit de satisfaire leur passion. Je tiens d’une source absolument certaine ' qu’un uraniste berlinois a longtemps servi dans un hôtel comme femme de chambre, trouvant ce moyen très commode pour jouer jusqu’au bout son rôle de femme.
Nous venons de voir qu’un grand nombre d’uranistes se complaisent à porter le vêtement féminin complet. .Mais, même lorsqu’il en est autrement, certaines particularités de leur costume témoignent suflisamment de leurs tendances féminines. C’est ainsi qu’ils aiment à porter leurs cheveux bouclés, ou à s’arranger une coiffure de femme. D’autres se peignent les sourcils, se parent de bijoux, de bracelets ; souvent ils portent des boucles d’oreilles, surtout quand ils se trouvent dans la société d’autres uranistes. Toutefois ils se font rarement percer le lobe de l'oreille ; la plupart du temps, leurs boucles sont fixées à l'aide d’un ressort.
Heaucoup aiment à se montrer en décolleté ; d’autres tiennent, comme les femmes, un mouchoir à la main. L’éventail joue chez eux un grand rôle ; ils ont, à le manier, une gréce toute particulière. Certaines parties de leur toilette sont directement empruntées à la garde-robe de la femme. J’en connais qui ne portent que des bas très longs, et se trouvent véritablement mal à leur aise lorsqu’ils ont d'\; chaussettes. D’autres encore portent des souliers, non seule-
^ Oa m’a même cité le nom de cet individu. personne qui m'a fait cello communication est un des hommes connaissant Je itrieux le monde uraniste de îlerlin.
L INVERSION SEXUELLE
ment à talon haut, mais encore rappelant absolument la forme de souliers de femmes.
Les uranistes se plaisent aussi â porter un corset et à le serrer de façon à se faire paraître la plus fine taille possible. J'en connais un qui a toujours sur lui un mètre, afin de pouvoir à l’occasion montrer aux autres la finesse de sa taille. Le tour de taille de cet individu, quand il est Lien serré, ne mesure que 54 centimètres. Quelques-uns se serrent si fort qu'ils tombent en syncope quand ils dansent. Four se faire une taille très fine, les uranistes se suspendent par les mains pendant qu'on lace leur corset.
Quand les uranistes vont en société, au bal par exemple, ils se poudrent volontiers, et s'arrangent la ligure comme les femmes. On ne saurait croire jusqu'où ils peuvent pousser cet art; leur habileté àse rajeunir est parfois inimaginable. Naturellement, tout comme les femmes, les uranistes se défendent d'avoir recours à tous ces artifices. Un uraniste qui m'a fourni un grand nombre de renseignements précieux sur le mode d'existence de ses compagnons, et auquel j’avais fait part de mou intention d’écrire un livre sur ce sujet, m’a affirmé que rien ne pourrait contrarier davantage les uri nistcs que de me voir dévoiler leurs artifices de toilette. « Dites d'eux, me disait cet individu, qu'ils ont mauvais caractère, qu'ils sont voleurs et capables des pires actions .■ vous les froisserez moins qu'en dénonçant publiquement leur coquetterie ».
Rappelons ici un passage du Banquet de Xénophon où il est question d'hommes qui aiment à s’oindre avec des onguents parfumés ; ajoutons toutefois que Socrate considère cette habitude comme indigne de l'homme.
üeaucoup d’uranistes emploient, pour écrire, du papier parîunié.
Quand ils le veulent, les uranistes arrivent à cacher assez bien leurs habitudes efféminées pour qu’un étranger ne s’en
L ISVERSION SEXUELLE
doute même pas : ils ne les montrent que l’orsqu’ils se laissent aller. Par contre, d’autres font ostensiblement montre de leur efféinination.
Un grand nombre d’uranistes dont le type rappelle beaucoup le type féminin, se font complètement raser la barbe et la moustache, moins pour réveiller la passion des autres uranistes que pour se rapprocher ' le plus possible de l’extérieur de la femme. Nous verrons en elTct plus loin que les uranistes se trouvent bien moins attirés vers leurs semblables que vers des hommes présentant nettement le type masculin. Un grand nombre d’entre eux n’hésitent pas à se faire épiler, et à employer tous les artifices de toilette qui les feront ressembler davantage à une femme.
L’intérieur des uranistes, leur ameublement, ressemble beaucoup à celui d’une femme. Une personne bien au courant de leurs habitudes m’a dit qu’ils avaient des liU avec un ciel, des tables à toilette garnies comme celles des femmes. Souvent ils ornent leur appartement de ^tableaux et de statues réprésentant de beaux jeunes gens ; Casper déjà l’avait remarqué. Ils alTeclionnenl d’une façon toute particulière, parait-il, la statue d’Apollon du Belvédère.
Tandis que la plupart des hommes n’aiment pas la danse, les uranistes ont pour cet exercice une véritable passion. Ils dansent avec une élégance toute féminine et préfèrent, comme l’a déjà fait observer V. Kraft-Ebing, danser avec les hommes
* « Voici ce que dit Darwin : « chez Thomme, comme chez les animaux de toute espt'ce. les signes dîstioctifs du sexe ne se développent complètement qu’à l’époque de la maturité sexuelle et disparaissent quand l’individu est ch&tré. La barboj par exemple, est un signe sexuel secondaire, et les enfants n’ont pas de barbe, etc... » On comprend de suite l'analogie qui existe entre un bomme à perversion sexuelle recherchant tout ce qui est anti-masculin et un individu impubère ou châtré chez lequel le caractère anti-masculin existe d jnaîo.n:qu^*:n‘»nt.
1, INVERSION SEMELLE
qu'avec les femmes. Ou le constate surtout dans certains bals où les hommes dansent entre eux.
Une des particularités des uranistes, c’est leur habileté pour les ouvrages dits à l’aiguille. Les uns savent tricoter, d’autres font du crochet. Et ce qui est curieux, ce n'est pas l'habileté dont ils font preuve dans ce genre d’occupation, mais l’inclination qui les portes à s’en occuper. S’ils évitent de s’y abandonner complètement, c’est par crainte de se trahir. Les cadeaux de ce genre, résultat de leur travail personnel *, jouent un grand rôle dans le monde uraniste.
L'écriture des uranistes rappelle quelquefois celle de la femme, et j’ai pu le constater dans deux cas. J’avoue toutefois que mes connaissances en graphologie ne sont pas assci étendues pour pouvoir me prononcer d’une façon décisive sur ce sujet.
On dit encore que les pervertis sexuels ne fument pas beaucoup ; mais je sais d’un autre côté que les uranistes s’appliquent à dessein à devenir de forts fumeurs, afin de ne pas se trahir.
On a dit également qu’ils s’abstenaient de boire des liqueurs fortes.
I.a voix et le langage des uranistes jouent un très grand rôle. On sait qu’à l’étal normal la voix de la femme possède un autre timbre et une autre tonalité que la voix de l'hoinme, particularités qu'on désigne sous le nom de voix de fausset. Or, ce genre de voix est quelquefois très accusé chez les uranistes, et pour deux d’entre eux j’aurais certainement cru, à les entendre parier, que je me trouvais en présence d’une femme, si je n’avais su d'avance qu’il s’agissait d'boinnics. Lorsque les uranistes prennent cette voix pour
* Jui vu j>ersonn#*lU“incnl de ces cadeaux oJJ'rrti en d’amour pa'*
Ui'aniâle un autre.
Digilized b> i ^nogle
L ISVEKSIO.N SEXLEU.K
parler, ils le funl sans aucune peine ; el niAine, quand ils se trouvent en sociel ', ils ont de la diflicullé à parler eonvenablcnient, tant la voix de fausset leur vient facilniuont et naturellement.
Mais, tandis que, chez certains uranistes, la voix prend spontanément un caractère féminin, d'autres se donnent une peine énorme pour l’acquérir. On ne comprend pas facilement pour quelle raison. Ce n'est certainement pas pour attirer fl’aulres uranistes puisipie, comme nous l'avons dit, les uranistes ne recherchent pas la voix de fausset chez les hommes normaux et vigoureux vers lesquels ils se sentent attirés. Ce qui me parait plutôt probable, c'est l’existence d’une sorte d'impulsion instinctive ' qui les pousse vers l’eirémination, pour la voix comme pour les autres particularités du caractère féminin.
La contagion morale peut aussi jouer ici un certain rôle, en ce sens que l'uraniste est amené à prendre une voix de fausset par la fréquentation île ses semblables.
On sait que c'est vers l’époque de la puberté que la voix de l'homme acquiert de 1a virilité et qu’avant ce'le époque
» Parmi les signet* d’eff^minalion qu’on trouve chez Turanisto. il en e«*t qu montrent d’une façon tri-s nrlte le* rapports entre le phciiomin« en question et rinsUncl sexuel. On aurait croire que celui-ci n'a rien à voir directement avec la voix. Mais, lor.^qne nous trouvons chex les uraniiütes la voix changée ou seulement en train do *e modifier, nous devons nous dema.'idc r quels sont le* rapport* entre la voix de fausset el la perversion sexuelle. Je ne -sais s’il existe en même temps de* modiflcalions sensibles du c>Mé du larynx: dans tous les cas, ce serait une étude très intéresfante à faire. On sait que les cordes Tocalos de riioimnesont d*un tiers plus longues que celles de la r-mine ou de l'enfant. Or, Owen (Analomy of Verlcbrntea) et Dancin (I/origine de l’homme) insistent sur ce fait, que la castration a pour efh't d'arrêter raccroisieinenl du cartilage thyroïde, qui accompagne Talion* gCMient des cordes vocales. I. 'influence de la vie sexuelle sur le larynx sd manifeste encore, chez les enfants, par les modincations de la voix qui. h Tépoque de la puberté, prend les caractères do celle do Thoinme. Oarvrin fait dépendre cette modification de Tusage immodéré que les être* vivant* font de leur voix h Tépoquo des amours et de lu transmission, par hérédité, des rapport* artiflciuis entre la voix et W vie sexuelle.
L LNVÏHSIÜ.N SEXl'ELLK
ja voix est semblable à celle d'une petite tille. Chez quelques uranistes la voix parait avoir les caractères masculins normaux, seulement le timbre profond n'apparait que tardivement, vers l'âge de 18 ans, et quelquefois encore plus tard. Chez quelques-uns la voix prend encore quelque chose de particulièrement aiïecté, de pathétique.
C'est surtout quand ils se trouvent sous l’influence des boissons alcooliques que les uranistes présentent avec netteté celte voix de fausset. Dans les réunions intimes où ils prennent du café, ils parlent de préférence avec celte voix. Quelquefois leur voix ne se distingue en rien de celle d'un homme normal, seulement elle est extraordinairement lente et basse.
Disons encore que, d'après Ulrichs, les uranistes, comme les femmes, ne savent pas siffler et ont beaucoup de difficultés à l'apprendre. Je n'ai pu constater ni confirmer ce fait: j'ai interrogé sous ce rapport un grand nombre d'uranistes et j'ai acquis la conviction qu’ils savaient aussi bien siffler que les hommes normaux.
La démarche des uranistes est souvent typique : ils se balancent sur les hanches et marchent en se déhanchant, tout à fait comme les femmes. En marchant, ils font de petits pas et lèvent assez haut les genoux, ce qui leur permet même de se reconnaître dans la foule.
11 existe encore une position des bras qui, fréquente chez les femmes, se rencontre aussi parmi les uranistes. Cette position, difficile à décrire, consiste à appliquer la partie antérieure du dos de la main contre la joue et à éloigner l’avant-bras du corps, tout en contenant en même temps légèrement le coude.
L INVERSION SEXUELLE
Si l'on considérait l’uranisme pour une manifestation et une preuve de mauvais caractère, il serait tout à fait inutile d'étudier les rapports du caractère avec les tendances sexuelles des uranistes. Toutefois, nous qui étudions celte question à un point de vue tout à fait objectif, nous ne pouvons rien trouver de vicieux dans les penchants homo-sexuels. Et même en admettant comme possible l’existence d’un penchant homosexuel, il ne faudrait pas considérer la satisfaction de ce penchant comme la manifestation d’un mauvais caractère. L’uraniste recherche la satisfaction de son penchant avec la mémo passion que l’homme qui recherche le coït avec une femme. C’est là un processus intime, indépendant de la volonté et des motifs ethniques, et qui n’a rien à faire avec le bon ou le mauvais caractère. Pour juger l’uraniste, nous autres psychologues et naturalistes, nous devons nous défaire du mépris dont on le couvre ordinairement.
Mais, d’un autre côté, si nous ne voulons pas nous prononcer absolument sur la moralité de l’uraniste, nous ne pouvons cacher que son caractère présente certains côtés peu recommandables et même franchement méprisables. L’envie, la lâcheté, que Gyurkovechky ‘ considère comme des particularités du caractère des impotents en général, ne se retrouvent pas toujours chez les pervertis sexuels atteints d’impuissance. On peut même se demander si ces faits, relevés par Gyurkovechky, existent réellemeut chez des individus atteints d’impuissance génitale. 11 est certain toutefois, comme nous l’avons déjà dit plusieurs fois, que le caractère de l’uraniste ressemble bien plus à celui de la femme qu’à celui de l’homme,
Parnâ les particularités du caractère des uranistes, il faut citer en premier lieu l'indiscrétion et le bavardage, le caprice et la tendance au mensonge. S’il est diflicile d’étudier
1 Victor G//urAocecAky. Elude pathologique et thérapeutique de rimpuissâOM ehez riiomme, Leipzig, 1889.
9G l'invich^ios tiEXii:i.i.E
le cnraclère des uiv.iustes, c’est précisément parce qu’ils menleiil à tout jMopüs. Aussi n'ai-je attribué à nies observations un caractère d'autbenlicité de fait, que lorsque j'étais absolument certain de la source d’information ou lorsque j'clais en mesure d’observer personnellement M. A'.A’. m'écrit ceci : « Croijcz-nioi, les femmes les plushi/slcrii/ues et les plus menteuses se trouceiit parmi nous autres uranistes ; car femmes nous le sommes et nous ne le nions pas. » Comment expliquer cette tendance à la dissimulation ? C’est peut-être que les uranistes sont obligés de se débatire toute leur vie dans un tissu de mensonges, car il est rare(|u’ils veuillent confier leur secret à une personne étrangère. .Même quand ils se trouvent entre eux, ils ne sont pas sincères sur ce qui touche leur vie sexuelle. Us avouent bien se sentir attirés par un sentiment psx'chique vers tid ou tel individu, mais ils nient énergiquement entretenir avec lui des rapports sexuels. 11 faut croire que ce mensonge journalier les habitue à dire toujours des choses invraisemblables. Mais cela n’expliquerait pas encore tout. Je crois plutôt que la raison de cette dissimulation doit se trouver dans des tendances vraiment hystériques et féminines *, de l’uraniste.
Mais, comme toutes les femmes ne sont pas menteuses, et qu’un granil nombre d’hystériques aiment passionnément la vérité, nous devons aussi admettre — et le fait est certain — qu’il y a des uranistes qni ne sont pas menteurs. J'en connais qui.
* La Tie inlimo d-*s uranistes est très carieuse, et j’ai pu Tobsarver grâce à l’obligeaDce d'un agent de ia sûreté très expérimenté.
t On rencontre assoz 80u\ent chez les uranistes certains traits de caractère qu’on trouve chez cf,'tat»es femmes hystériques ; d'autre part, les signes hystériques, tels que douleurs dans le bas-ventre, contractures, miprraines, boule hystérique, etc., ne sont pas plus fréquents parmi les uranistes que parmi les hommes nonnau\. Je tiens k relever ce point car, ordinairement l*!:v-térie est cousidér«fe comme le privilège particulier du fexe féminin. Canj;ait considère les hommes hyatériques comme ramollis et efléminés.
1,'INVERSION SEXUELLE
tout en ne confiant à personne les secrets de leur vio sexuelle, sont absolument dignes de foi, et j'ajoute que leurs communications m’ont été de la plus grande utilité. Le mensonge se rencontre du reste principalement chez les uranistes qui appartiennent au demi-monde masculin ; aussi leurs communications, même lorsqu’elles paraissent être faites avec la plus entière sincérité, doivent-elles être contrôlées avec la plus grande rigueur.
Coffignon * attire l'attention sur une certaine politesse affectée qui serait un signe commun à tous les uranistes. Elle existe réellement. Ce qui caractérise encore les uranistes, ce sont certaines manières douceâtres cachant le plus souvent une fausseté raffinée.
La vanité des uranistes est souvent incroyable. Dans les bals et les réunions où ils se rencontrent chacun cherche à éclipser l’autre. J’en connais un qui, après chaque réunion de ce genre, demande partout s’il n’a pas été « la plus belle > dans son costume. Il possède des costumes très variés et se montre tantôt en bohémienne, tantôt en danseuse, etc.
L’uraniste nous rappelle une femme vaniteuse, et nous retrouvons chez lui tous les mauvais côtés du caractère des femmes vaniteuses. Son envie et sa jalousie portent sur de petites choses, comme chez la femme, qui éprouve, par exeni* pie, un sentiment de satisfaction pour avoir la taille plus Une que les autres.
L'uraniste passe des heures entières devant son miroir pour juger de l’effet de ses costumes, pour voir s’il est bien habillé, etc.
Rudolf Schultze dit avec raison, dans son livre c Folie de la mode, » que le respect religieux de la mode est bien un trait du caractère de la femme ; c’est pour cela que nous considé-
I A Coffignon. La oorruptioa à Paris. Paris, B. Kolb, éditeur.
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rons comme efTéminés les ni^'auds et les petils-maitres qui suivent servilement tous les caprices de la mode. Le même auteur fait également cette autre remarque très juste, que les gens « chic » appartiennent à des professions qui sont tout aussi accessibles aux hommes qu'aux femmes. Ce fait concorde avec ce que nous avons dit de la préférence des uranistes pour certaines professions.
Mentionnons aussi d'une façon particulière la passion des uranistes pour les hijoux.
La vanité des uranistes se manifeste encore sur d'autres points ; un certain air fanfaron, dans lequel leurs aventures amoureuses jouent un grand rôle, est assez fréquent parmi eux.
Tout ceci constitue un tableau très défavorable du caractère de l'uraniste ; il ne faudrait pas en conclure que les traits de caractère que nous venons de décrire se rencontrent chez tous les uranistes. Au contraire, je tiens à dire qu’il existe des hommes atteints de perversion sexuelle, et dont le caractère est sans défaut.
Parmi les propriétés qui distinguent la femme de l’homme, il faut citer la pudeur. Or, il est intéressant de noter que, suivant certains auteurs, la pudeur est bien plus développée chez l’uraniste que chez l'homme normal. Il y a des uranistes qui avouent que pendant leur enfance et même pendant la puberté ils se distinguaient parmi leurs camarades par leur pudeur. D'après Tarnoswsky la pudeur des uranistes, quand ils sont encore enfants, se manifeste d'une façon anormale. C’est ainsi que ce sentiment se manifesterait surtout devant un homme étranger : d'un autre côté les enfants à prédisposition uraniste éprouvent plus de gêne à se déshabiller devant un homme que devant une femme.
Il ne faudrait pas croire que tous les uranistes possèdent des traits de caractère propres à la femme. Au contraire, il
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existe do « véritables » uranistes qui, abstraction faite de leur perversion sexuelle, se comportent en tout comme des hommes ; ils n'aiment pas s'habiller en femme, ont des goûts d’homme, montent à cheval, se passionnent pour la gymnastique, les sports, etc.
Il faut distinguer de ces derniers ceux qui, par habitude et nécessité, jouent le rôle d'homme normal quand ils se trouvent en société. Mais aussitôt qu'ils se retrouvent avec leurs compagnons en comité intime, surtout sous l'influence de la boisson, leur nature féminine apparaît immédiatement.
Un malade de Krallt-Ebing soutenait que 10 o/° seulement des uranistes ont des préférences pour les occupations féminines. Seulement celte assertion no doit pas être acceptée à la lettre, d'autant plus que le même malade soutenait que la plupart des uranistes étaient des pédérastes actifs. Or, mes recherches personnelles, d'accord avec celles des auteurs modernes, montrant plutôt que les uranistes sont le plus souvent des pédérastes passifs.
11 faut se garder soigneusement de considérer tout trait d’effémination comme une preuve certaine de tendances uranistes. On trouve des hommes présentant telle ou telle habitude féminine et qui sont pourtant absolument normaux au point de vue sexuel
Il existe toute une série d’hommes qui, pendant leur enfance, se conduisent comme de petites filles, aiment leur poupée, n’aiment pas jouer au soldat ou à la guerre ; plus tard, ils deviennent normaux à tous les points de vue. D’un autre côté on observe aussi des garçons qui, principalement
» On m’a cité la cas d’on homme qni présente certains signes d’efléminatien et qui pourtant est ab.solument normal au point de vue sexuel et ne peut avoir de rapports qu’avec des Icmmes. Sa mère avait désiré avoir une fille et donna h son fils l’éducation d’une fille, le raisant jouer à la poupée, ui apprenant h coudre, etc. Aujourd’hui encore, ce monsieur a cousené uns grande habileté aux ouvrages à l’ainuillc.
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vers l'époque de la puberté, sont pris d'un véritable amour pour leurs camarades ; plus tard ils n’ont des sentiments que pour la femme et il est impossible de découvrir chez eux des traces de tendances homo-sexuelles.
Il nous faut maintenant étudier l'influence que la perversion sexuelle exerce sur les rapports de l'uraniste avec les hommes moraux. Voyons tout d'abord ce que l'uraniste lui-raéme pense de son état.
Certains uranistes cherchent longtemps à se tromper sur leur véritable état en attribuant l’attraction sexuelle qu’exercent sur eux les hommes à un sentiment d'amitié. Ils cherchent à trouver chez l'homme, en question des qualités capables d'expliquer le penchant qu'ils éprouvent et oublient qu’ils ne font que se leurrer. Contrairement à Westphal, V. Kraflt-Ebing pense que la perversion sexuelle ne rend pas l’uraniste malheureux, et qu’il n’est malheureux qu’en tant que les convenances sociales et la loi s'opposent à la satisfaction de sa passion. Je partage entièrement cet avis et je crois que c’est en effet cette répression qui empêche l'uraniste d’ètre heureux. Il est également vrai que, dans beaucoup de cas, ainsi que le constate Kraflt-Ebing, la perversion sexuelle, en tant que maladie, ne rend pas ces individus malheureux.
Un uraniste qui se rend compte de son état ne se regarde pas comme normal, tout en étant loin de se considérer comme malade '. Souvent il lui est impossible de saisir la rela-
1 !l me parait très intéressant de rapporter ici 1a conversation de deui uranistes, M. N N., nature froide et tranquille, et M. X. a Si Ton pouvait aeulernent obtenir, disait N. N., que la perversion sexuelle soit considérée.
l'inversion sexuelle
lion entre les appréciations des autres et son propre étiî,.
Certains uranistes, comme Ulrichs par exemple, reconnaissent rinsufiisance de leur amour comparé à l’amour normal. Un grand nombre d’entre eux sont réellement peinés d.î ne pouvoir se créer une famille par le fait de leur passion malheureuse, et considèrent leur vie comme manquée. .l’en ai connu parmi eux qui étaient certainement plus aptes à jouer le rôle de chef de famille que bien des hommes normaux.
Certains uranistes mariés éprouvent un réel chagrin d’étro obligés, pour satisfaire à leur passion, d’avoir de temps en temps des rapports sexuels avec des hommes ; ils considèrent cela comme une infidélité faite à leur femme.
Quelques-uns se sentent longtemps malheureux et misérables, se cro3'aat seuls atteints de cette passion anormale. Ceci s'observe surtout dans les classes élevées de la société et dans les petites villes, où les uranistes arrivent moins facilement à se reconnaître et à échanger leurs confidences. Ils mènent alors une existence véritablement malheureuse ; car ils se rendent fort bien compte de leur état sans savoir qu'il existe des centaines et des milliers de leurs semblables. On comprend aussi que la conscience de leur impuisance à maîtriser leur passion aggrave encore leur tristesse. Aussi un grand nombre d’entre eux sont-ils dans un état de dépression très accusé.
Chez les uranistes qui considèrent leur état comme un malheur et s’en chagrinent continuellement, on rencontre encore d'autres troubles ps)’chiqucs et physiques, parmi lequels on peut citer l'hypochondrie, la mélancolie, la dyspepsie, etc,
non pas comme un crime, mais comme un phénomène pathologique I > « O n’est pas mon avis, répliqua X., et j’aime encore mieux l’état de cliosos actuel. Aujourd’hui on nous pourvoit d’un conseil, tandis que si la pcivcrsion sexuelle devenait une maladie, on nous fourrerait dans une maison d’aliénés a«
102 l'lNVERSIOM SEXL’ELLB
Ces troubles s'observent surtout quand Turaniste est pris d un autour malheureux ; par contre, l’uraniste qui arrive à être heureux avec l'homme qu’il aime, devient aussitôt gai et dispos.
Bien que, comme nous venons de le voir, l’uraniste se plaigne souvent et très sincèrement de son sort, sa passion malheureuse le conduit rarement au suicide. Personnellement je ne connais pas de cas de suicide ni de tentatives de ce genre parmi les uranistes. Mais, indirectement, un amour malheureux pour un homme, la crainte du chantage ou la crainte de figurer dans un procès, peuvent pousser l’uraniste au suicide. Je tiens de bonne source qu’un savant bien connu se suicida il y a quelques années pour éviter la honte d’un procès dans lequel il devait être question de sa passion anormale. Le suicide par suite de perversion sexuelle fut discuté en 1883 à la société médico-psychologique de Berlin à l’occasion d’une observation de Hutchinson rapportée par Hirschberg.
Par contre Tarnowsky ' voit les choses un peu trop en noir. Il pense que les uranistes se suicident soit par faiblesse d’esprit, soit dans un accès de mélancolie consécutif à un amour malheureux. Pourtant je connais des uranistes approchant de la soixantaine et dont personne ne pourrait dire qu’ils se trouvent dans un état do faiblesse mentale, bien qu'eux-mèmes considèrent leur vie comme manquée.
i L*esprit du livre de Tamotosky ne correspond pas aux observations que j'ai eu l'occasion de faire. 11 semble que les matériaux qui ont servi & ce li> Tre ont été recueillis dans un monde uraniste particulier, ou bien qu’en RuMie, et plus spécialement à Saint-Pétersbourg, les mœurs dos uranistes ne •ont pas les mêmes qu'en Allemagne. Kn Allemagne on ne rencontre pas cette fréquence de la pédérastie dans la perversion sexuelle. Puis il est impnss^ible d’accepter celle confusion que fait Tarnoicsky entre la perversion sexuelle et le demi->monde masculin qui vend ses faveurs, car à B^'rlin, comme on a pu le voir, rhomosexualité et la prostitution masculine sont deux choses tout à fait distinctes.
l'inversion sexuelle
Pour satisfaire leur instinct sexuel, les uranistes sont obligés (l'avoir des rapports avec des hommes ; il y en a chez qui cet acte provoque le dégoût et le repentir ; ils le considèrent comme immoral. Néanmoins ces sentiments ne les protègent pas contre une nouvelle satisfaction de leur passion, de même que la crainte du remords ne retiendra pas un homme normal d’un coït avec telle ou telle femme. Ici nous nous trouvons en face d'un phénomène bien connu qu’Kd. v. Hartmann ' avait essayé de préciser en disant que la non satisfaction d’un penchant est un plus grand mal pour l'individu que sa satisfaction excessive.
Scholz a publié un cas intéressant, parce qu'il rapporte les expressions texlclles du malade, montrant bien en quelle horreur il tenait l’acte sexuel vers lequel il était irrésistiblement poussé. J'ai fait souvent la même constatation chez un grand nombre d'uranistes qui, malgré tout, ne pouvaient rien contre leur passion.
Voyons maintenant comment les uranistes se comportent envers la femme. 11 y en a qui pendant très longtemps ne se rendent pas comte de leur étal ; ils essaient d’avoir des rapports avec des femmes et sont tout surpris de voir qu'ils restent impuissants devant elles ; d’autres ont très nettement le dégoût de la femme, ne cherchent pas à avoir de rapports avec elle, et s'étonnent de voir leurs semblables si puissamment attirés vers le sexe féminin ; toutefois ils ne se rendent pas encore compte que leurs sensations sexuelles sont tout autres que celles des hommes normaux. Je connais des cas où les individus u’ont été fixés sur leur état que vers l’àge de 20 ans, et précisément à l’occasion d’un amour passionné pour un autre homme. C’est ainsi du reste qu’il faut expliquer
^ Ed. V. Hartmann^ Philosophie des Ilnbeuussten. Berlin, 18TS.
l'inversion tEXL’ELLS
los cas publiés en 1791 dans le « Magasin fur Ërfahningssee lunkur.der ».
Je connais un homme qui, jusqu’à l'âge de 22 ans, est resté tout à fait normal, en ce sens qu’il n’avait pas de rapports avec les femmes, sans toulefnis éprouver une passion pour les hommes. Un jour il se rencontra en société avec un homme, dont l’image, à partir de cp jour, le poursuivit jour et nuit ; il avait des érections en pensant à lui, et éjacula un jour qu'il parvint à l’emhrasser. A , partir de ce moment le malheureux comprit son état, et je crois que c’est bien plus souvent de cette façon que par l’impuissance envers la femme, que les uranistes se rendent compte de leur perversion sexuelle.
La découverte de leur perversion, c’est-à-dire de leur aversion pour la femme, retentit d’une façon très variable sur l’esprit de l'uraniste; les uns acceptent leur nouvelle situation assez facilement et l’on ne trouve pas chez eux cet esprit vieilli avant l’heure qu’un auteur attribue aux impuissants précoces. Le degré d’aversion que l’uraniste éprouve pour la femme peut être très variable et aller de la simple antipathie à l’horreur la plus vive. Pour certains d’entre eux l’idée seule d’une femme nue a quelque chose de repoussant, do hideux, même quand il n’est pas question d’attouchement. Je connais des uranistes qui ont essaj'é le coït avec la femme et que le dégoût du contact a fait quitter la chambre. Par contre, il y en a d'autres qui entretiennent des relations ' avec les femmes, bien qu’au point de vue sexuel ils n’aient de rapports qu’avec les hommes.
Certains uranistes affectent de se complaire dans la société des femmes, et j’en connais qui, à Berlin, ont la réputation d’hoinincs à bonnes fortunes. En effet, les uranistes préièrent
* Relations toutes plstooiquet, bien entendu.
l'inversion sexuelle
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acquérir cette renommée plutôt que de laisser soupçonner leur véritable passion. Par leurs rapports purement psychiques et intellectuels avec les femmes, ils parviennent facilement à tromper leurs amis, les personnes de leur entourage. On m’a raconté l'histoire d'un jeune berlinois qui, tous les jours, se montre avec une autre femme de moralité plus que douteuse, et, qui pourtant pourrait dire ce que Tilly a dit de lui-même, que de sa vie il n'a touché une femme.
Par contre d'autres uranistes évitent soigneusement toute société féminine et passent à cause de cela pour des jeunes gens modèles. En effet, il ne leur est pas difficile, avec leurs goûts pour l'homme, de conscrv'er la chasteté envers la femme. Il est fort possible que plus d'un personnage historique ‘ célèbre par sa chasteté doive sa renommée simplement à sa perversion sexuelle.
Disons du reste qu’il existe un grand nombre d’uranistes qui sont mariés *. Quelques-uns d’entre eux sont des hermaphrodites psychiques qui ont des rapports tantôt avec leur femme, tantôt avec un homme ; d'autres n’ont des rapports qu'avec des hommes. Je connais un ménage à Berlin, dont le mari est uraniste déclaré; la femme prend sa revanche en entretenant, sans trop se gêner, des rapports avec des hommes. Ces ménages ne sont du reste pas toujours mal-
< Charles XII de Suède, pAr exemple, sur la puraté des mœurs duquel on insiste si souvent, est revendiqué par les uranistes comme <tant des leurs.
* Ce fait peut induire en erreur, quand il s'agit des personnages historiques, et cacher leurs tendances uranistes. Tel, par exemple, Frédéric I, roi de Wûrtemberg, qui régnait de 1797 à 1816. Il fut marié deux fois et eut plusieurs enfants dont un lui succéda ; une de ses tilles épousa Jérôme, roi de Westpbalie. Et pourtant il parait certain que Frédéric I était pédéraste. « Des gens indignes, comme le célèbre comte t'on Ûillen^ se Sf^rvaienl de lu passion du roi pour de beaux garçonsarm de le dominer. Ce c'>mte faisait venir de Mecklembourg de jeunes nobles pauvres qui absorbaient tout ce que l’entretien de la cour pouvait laisser des revenus du pa}’s(Mcyers Convei'sations lexicon».
lü(i l’inversion sexuelle
heureux, car souvent un lien moral et très étroit s'établit entre le mari uraniste et sa femme. Quelquefois même ils ne restent pas stériles, l’our pratiquer le coït avec sa femme, l'uraniste utilise les érections accidentelles ou bien il les provoque en se représentant un homme et en éjaculant dans le vagin.
Bien que le coït soit ainsi rendu possible, les uranistes n'en usent pas beaucoup à cause de la fatigue qu'il leur occasionne. Lorsque, en se représentant un homme nu, ils se sont mis on érection, et sont arrivés à éjaculer, ils se sentent très fatigués et nullement satisfaits. Un uraniste dont l'hisloire a été publiée par Scholz, et qui fut marié à une femme qui était loin d'ètre laide, n'eut que deux fois des rapports sexuels avec elle, malgré une longue vie en commun. 11 disait que le contact charnel avec la femme provoquait chez lui du dégoût; c'est ce que disent aussi certains malades de V. Krallt-Ebing.
Voici ce que m’écrit un uraniste sur ses rapports sexuels. « Je puis résumer mes rapports sexuels avec les femmes en disant que j’y ai toujours joué un rôle passif. La curiosité, l’amour-propre, la vanité, l’ignorance de mon coeur, m'ont poussé de temps en temps à essayer la chose. J’espérais toujours guérir de mes tendances maladives en pratiquant l’amour normal. Après une excitation provoquée par des boissons' alcooliques, j'arrivais fort bien à accomplir l’acte sexuel, et pourtant le moment suprême, la jouissance sexuelle proprement dite, manquait toujours. La beauté de la femme me laissait froid. Du reste, je n’ai pas devant moi [tendant le coït l’image d'un homme ; j’entre un érection [tardes frottements
• Tarnovi'shy admet qu'un individu qui, h IVtat normal, g’op|iO?îorait à raccomplis.temeul d'un acte sexuel contre nature, j consentirait facilement h IVtat d’ivresse, quand il ne se possède plus et que sa curiosité seu^uelle se trouve réveillée. Je coniKtis plu<vieurs cas analogues à celui que je rapporte, où des i l'iivitlu^, incapaldt'S d’accomplir un acte Si-xu •! normal dans l’é'lat ordinaire, eii deviennent paiiaUv-mciii ca[>ablcs sous l’inlluence de l’alcool.