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éiicrgiques contre la fcmiue et par des mouvements mécaniques, et l'éjaculation suit bientôt. Plusieurs fois mes tentatives n’ont pas réussi. Depuis si.v ans je n’ai plus de rapports sexuels avec la femme ; j’en retire peu de chose, et du reste cela ne sert à rien ».
Cette lettre prouve, dans tous les cas, que la perversion sexuelle ne doit nullement être confondue avec l'impossibilité du co'it. Les uranistes peuvent même laisser des enfants en grand nombre, puisque leur speniie est tout à fait normal.
Certains uranistes sont très bien vus par des femmes tout i fait convenables et passent même pour des « lions ». S'ils réussissent si bien auprès des femmes, c’est certainement à cause de cette prédisposition morbide, grâce à laquelle ils savent mieux que les hommes ordinaires comprendre la conversation des femmes et y répondre. Quelquefois ils doivent leur succès à s’occuper beaucoup, comme me l’ont avoué certains d’entre eux, des dames ordinairement délaissées, des vieilles filles qui intéressent peu les hommes ordinaires pour des raisons qui it’ existent pas chez les uranistes.
Souvent l'uraniste se sent attiré vers la femme, sans que cette attraction ait rien à voir avec le j>enchant sexuel, 11 sait fort bien apprécier la beauté de la femme, il aime causer avec des femmes intelligentes, mais dans tout ceci le côté sensuel fait complètement défaut. Il est aussi désagréable à un uraniste d’embrasser une jolie femme qu'à un homme normal d’embrasser un autre homme, si beau qu’il soit, 11 arrive encore souvent qu’une femme s’amourache d’un uraniste, ce qui met ce dernier dans une position fort difficile, dans l’impossibilité où il se trouve de répondre à cet amour. Il y a des femmes très perspicaces qui devinent en quelque sorte les véritables tendances de l’uraniste sans toutefois s’en rendre compte exactement. C’est ainsi qu’une femme très instruite et très intelligente disait à M. M. N. qu’elle le jugeait
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incapable d'éprouver un amour pour une femme. La même observation fut faite à un autre uraniste aujourd’hui trè» âgé.
J’arrive maintenant à un point foit intéressant, à savoir les rapport des uranistes entre eux et la façon dont ils font connaissance les uns avec les autres. Ils disent ordinairement qu’il so reconnaissent à pri'uiiére vue ' dans la rue et ailleurs. C’est là une de ces légendes qui ont cours parmi les uranistes et auxquelles ils croient très sincèrement. Un grand nombre d’entre eux se reconnaîtraient par une sorte de langage des yeux. Il est certain que les uranistes arrivent très souvent à entrer en relations en se dévisageant dans la rue.
Lorsqu’un homme suit une femme qui lui plaît, il essaye, en la dévisageant, d’attirer sur lui son attention ; de même, si un uraniste A rencontre un homme U qui lui plaît, il se retourne, le regarde et force son attention ; si B est aussi uraniste, il s’apercevra des nianiTux res de A, et répondra en conséquence ; il n’y a dans tout cela rien de mystérieux ni de surnaturel. Un uraniste médisait que par des mouvements et d’autres signes ils savaient très bien se faire comprendre au sujet de leurs désirs et de leurs tendances. Les uranistes et surtout des individus du demi-monde masculin se font encore reconnaître entre eux dans la rue en demandant l’heure, un verre de bière, ilu feu pour allumer leur cigare, etc.
A Berlin les uran:‘tes choisissent des endroits publics où ils se retrouvent de préférence. Je connais à Berlin cinq de ces endroits, des restaurants dont l’un compte parmi les brasseries les plus renommés et les plus fréquentés de Friedrichstadt.
( On trouTe cette assertion reproduite dans presque tous les livres s'occu* pant de la perversion sexuelle et elle est notée dans lei diverses autobiogt'tphies des uranistes. Comme me le disait M. NN., c'est une sorte de dogme parmi les uranistes que cette faculté de se roconnaltre à première vue. N. N. lui'mème considère celte assertion comme absolument fausse.
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Quelquefois, lorsque, sous l'influence de la boisson, ils se sont compromis en parlant de leur voix de fausset ou en s'appelant de noms de femme, ils changent de brasserie. Mais ordinairement leur conduite dans les cafés ne laisse rien à désirer, surtout lorsqu'on se rappelle ce qui se passait il y a encore peu de temps. On n'a plus à craindre aujourd'hui la conduite ignoble de certains individus, qui provoquèrent il y a quelques années un procès retentissant dans lequel furent impliqués le restaurateur et ses clients. Celui qui n'est pas initié ne reconnaîtra pas les uranistes au milieu des clients habituels ; mais, une fois prévenu, il lui sera facile d'obserx'er leurs manières, leur façon de parler, les oeillades qu’ils se lancent d’une table à l’autre.
Les uranistes forment souvent de petits cercles de 3 à 12 personnes, qui entretiennent entre eux des relations d'amitié. Mais, comme on le pense, celte habitude n’est pas générale, car un grand nombre d’entre eux n'ont aucune sympathie l'un pour l’autre en dehors même des rapports sexuels. Dans leurs réunions on fête souvent très sérieusement des « fiançailles > officielles.
Les uranistes aiment encore avoir des réunions intimes où ils ne se sentent pas gênés ; quelquefois ils donnent même des bals. Mais ce qu'ils préfèrent avant tout, ce sont de petits « cafés » auxquels sont invitées ordinairement une douzaine do personnes. C’est dans les réunions de ce genre que le caractère féminin de l'uranislo se manifeste avec le plus de netteté. Les faits que je vais rapporter paraîtront incroyables, cependant je les tiens d’uranistes dignes de foi. Tout d’abord, dans ces réunions, comme le montre déjà le nom sous lequel on les désigne, on ne prend que du café, et celle habitude purement féminine met déjà un peu en évidence le caractère particulier de l'uraniste. « Autour de la table étaient assis des hommes coiffés d'un bonnet hambourgeois, quelques-uns même
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en tablier. Chacun avait apporté son ouvrage : l’uu tiicotait, l'autre cousait, un troisième faisait du crochet, et ainsi de suite ’ ». La conversation ne ressemble en rien à celle des hommes et on n’y parle ni politique, ni science, etc. : c’est un véritable bavardage où il n’est question que d’histoires d’amour, de jalousie, etc. Dans ces réunions, les uranistes se laissent aller entre eux à une certaine expansion ; on en vient quelquefois aux attouchements, sans toutefois dépasser les bornes de ce qui est permis.
Comme nous venons de le dire, les uranistes donnent aussi de grands bals auxquels assistent quelquefois une centaine de personnes. L'élément féminin ’ y est très peu représenté, par contre la plupart des hommes sont habillés en femmes, bohémiennes, danseuses espagnoles, chinoises, etc. Lecostume de bal est pour l’uraniste un sujet de grands soucis, car chacun désire éclipser l’autre. C’est ainsi qu’un uraniste, après avoir pris conseil sur le costume à mettre pour aller à un de ces bals, disait : «Vous verrez que mon costume fera fureur ». A ces bals, les hommes dansent entre eux et c'est alors qu’on peut voir leurs mouvements revêtir une grâce toute féminine.
Les uranistes adorent ces bals, parce que, comme me disait l’un deux, ils sont las de jouer éternellement la comédie, pour ne pas se trahir. Là du moins ils sont libres et peuvent se laisser aller à leurs penchants.
Dans le monde uraniste on trouve très nettement marquées des différences d’état. Jamais un uraniste ne considérera un de ses compagnons comme lui étant supérieur, mais toujours il méprisera un peu l’uraniste dont la position sociale est inférieure
* Os faits m'ont été communiqués par un uraniste dont je suis absolument sûr; d'autres m'ont raconté des faits tout à fait identiques, sans savoir que je les connaisais déjà. Du reste, je connais des uranistes qui prêtent très obli> geamment leurs appartements pour les réunions de ce genre.
* Les femmes qui vont à ces bals sont ordinairement des tribades, dont U sera question plus loia.
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lit
à la sienne. Un uraniste juif m'a déclaré qu’il n'existait pas de courant antisémite parmi les uranistes ; un antre m'a dit avoir eu souvent des rapports avec des nobles, sans trouver chez eux ce qu’on appelle la noble fierté. Le même individu considérait pourtant comme inférieurs les uranistes peu fortunés, les ouvriers par exemple, et parlait d’eux avec un sensible mépris. Mais d’un autre côté leur passion fait quelquefois disparaître complètement, ou pour un certain temps, h s différences sociales. C’est ainsi qu’on voit un uraniste occupant une haute situation se trouver attiré, par suite d’une perversion particulière, vers un uraniste sortant dos classes inférieures.
Les sobriquets dont se servent les uranistes sont asiez intéressants àéludier. Disons d’abord qu’ils ont dos expressions assez bizarres et pittoresque. C’est ainsi qu’on les entend souvent se servir du mot de « sage ». Ils diront, par exemple, que V est sage parce qu'il pratique l’uranisme. Si Y n’est pas sage, c’est qu’il n’est pas uraniste. Pour se dilTérencierdes autres classes do la société, ils disent, en parlant d’euxmèmes, qu’ils sont «vrais», c’est-à-dire qu’ils se sentent exclusivement attirés vers l’homme. La même éphitète do « vrai » leur sert encore pour se distinguer des membres de la prostitution masculine, ces derniers n’étant ordinairement pas atteints de perversion sexuelle. Quand ils disent « c’en est encore un », c’est pour désigner une personne qui a le penchant à l’amour masculin.
Souvent, surtout à Berlin, les uranistes s’appellent mutuellement « tantes » ou « sœurs ». D’après un malade de V. Krallt- Ebing, cette dernière expression est la plus usitée parmi les uranistes de Vienne. D’après Coflignon, le mot « tante » est également très usité à Paris, seulement d’après cet auteur '
* Lê livre de Coffignon: r La corruption à Paris », contient des données nombreuses sur la pédérastie à Paris. V. Rraftl-EIbing en cite aueluues-anes
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le mot en question ne se rapporte t'énéralement qu’aux pédérastes passifs et plus spécialement à ceux d'entre eux qui en font métier et s’en servent dans le but de chantage ; quelquefois ils entretiennent des rapports intimes avec des prostituées. A Berlin on fait du mot « tante > un adjectif « tantiste i, et au lieu de dire de quelqu’un qu’il est uraniste, on dit qu’il est c tantiste ».
Pour distinguer entre elles ces tantes, on les appelle Lisette, Marthe, et ainsi de suite. Ensuite, pour distinguer les Lisette assez nombreuses entre elles, chacune porte encore un sobriquet tiré soit d'un trait particulier au caractère, soit d’une habitude de Turanistc. C’est ainsi qu’un uraniste s’appelle Lisette l’Anse à cause de l'habitude qu’il a d’appuyer ses mains sur ses hanches. Les noms féminins dont s’affublent les uranistes n’ont du reste pas de signification particulière. 11 est pourtant à noter que les urauistes juifs portent les noms de femmes juives et s’appelent Sarah, Rébecca, etc. Quelquefois les uranistes donnent une tournure féminine ‘ même au nom de famille. C’est ainsi qu’on peut les entendre parler de la Millier, de la Schultze, etc., pour désigner Turanisto qui s’appelle .Millier ou Schultze.
Les uranistes de Berlin et des autres grandes villes se connaissent du reste fort bien. Même ne se connaissant pas tous personnellement, ils apprennent par leurs conversations quelles sont leurs nouvelles recrues.
Vis-à-vis des hommes normaux, les uranistes gardent une réserve très rigoureuse pour tout ce qui se rapporte à leur
dans son livre. Dans le travail de Coffignon on trouve des sobriquets en usage parmi les pédérastes parisiens; quelques-uns portent le sobriquet da » Jésus », d'autres s'appellent u petit Jésus, » etc.
< Quelquefois le nom est tiré de la personne avec laquelle l’ut'noistc a ou a eu des rapport sexuels. Un uraniste qui avait eu des rapports avec le baron X, a été longtemps appelé • madame la baronne ».
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vie en général et à leur vie sexuelle en particulier. Il est très difficile de gagner leur confiance à cause du mépris qu'ils rencontrent généralement quand ils avouent leur prédisposition morbide. Ceci explique suffisamment la méfiance des uranistes, méfiance qui, pour des causes analogues, s’observe aussi chez les sourds-muets. Et, comme le sourd-muet, l'uraniste va très loin dans ses confidences et ses aveux quand il croit avoir trouvé un ami sûr.
Il est évident que lorsqu'un uraniste va trouver le médecin pour lui raconter sa vie et lui demander de le débarrasser, si c'est possible, de sa maladie, il est évident, disons-nous, qu'il n'éveille pas le sentiment de dégoût qu'il provoque quelquefois par ses manières dans la rue ou les lieux publics. J'ai vu des uranistes pleurer à chaudes larmes, de désespoir, dans mon cabinet de consultation.
Tarnowsky est d’avis que certains pédérastes, les pédérastes périodiques en particulier, se laissent, plutôt que d’autres, aller à des confidences. J'ai pu confirmer cette remarque et j’ai constaté que ce sont surtout les individus à perversion sexuelle accidentelle qui parlent à cœur ouvert de leur passion. D’après Tarnowsky, dans les grandes villes, les uranistes, dans les cas d'infection génitale qui se rencontrent chez eux de temps en temps, s’adressent à un seul médecin, toujours le même. Je ne puis dire si le même fait existe aussi à Berlin. On m'a bien cité le nom d’un de ces médecins, mais la source d'où je tiens cette information ne me parait pas très sûre.
L'mVBflSlON SKXl'ELLR