L. INVERSION SEMELLE
parler, on devrait considérer tous les cas d'inversion sexuelle comme acquis, puisque dans certaines conditions, quand elle se manifeste à l’àge de 8 ans, il n'y a pas de raison pour la considérer plutôt comme congénitale que comme acquise. Dans le même sens la perversion sexuelle acquise est excessivement rare. Je trouve que ce sont seulement les auteurs qui ont très peu d'observations, qui considèrent la perversion congénitale comme très rare. Un criminaliste eminent qui s'cit lieaucoup occupé de celte question m’a dit que, pour lui, chez la plupart des pédérastes et des uranistes, la perversion date de l’eniance, et qu'il s’agit dans l'espèce d’une prédisposition congénitale.
Même en admettant qu’il se rencontre, do temps à autres, des cas bien nets d’inversion sexuelle acquise, presque tous les auteurs sont d’accord pour dire que les causes étiologiques sont les mêmes pour l’inversion congénitale et pour l’inversion acquise. Nous pouvons les caractériser par le mot de surcharge nerv’euse ou psychique, autrement dit de dégénérescence du système nerveux central. Morel, qui avait introduit ce mot de dégénérescence, et Legrand du Saulle, admettent que la dégénérescence se manifeste sous des formes plus graves chez les descendants que chez les ascendants. Par conséquent, lorsque chez les ascendants on trouve une forme légère do dégénérescence du système nerveux central, l’hystérie, par exemple, on peut rencontrer chez les descendants des troubles psychiques graves.
Ce qui est certain, c'est que dans tous les cas d’inversion sexuelle, qu’il s’agisse de perversion acquise ou de perversion
l'ikversion sexuelle
congénilale, on trouve une hérédité très chargée. V. Kraiït- Ebing, Habou, Charcot, iMagnan, Blumenslock, Kowolewsky, Boumeville, Raoult, Gley, Tarnowsky, et un grand nombre d’autres auteurs, sont tous d’accord sur ce point. Seul Westphal ne se prononce pas sur la question de savoir s’il s’agit, ou non, d’un état neuro ou psycho-pathique provoqué par l'hérédité nerveuse très chargée. La distinction ne manque pas d'intérêt clinique, mais au point de vue étiologique elle joue un rôle secondaire, puisque nous savons que la dégénérescence s’observe dans les maladies nerveuses pures comme dans les alTections psychiques, et que toutes les deux ont des rapports avec l’hérédité nerveuse.
Quand on étudie la question de la dégénérescence du système nerveux, il faut, à côté des maladies nerveuses et mentales bien connues, placer encore un certain nombre d’autres causes intervenant dans l’hérédité nerveuse. Telles sont l’alcoolisme, le suicide, les mariages consanguins. Dans le cas décrit par Magnan et Charcot, Télément étiologique est constitué par la grande différence d’âge entre le père et la mère, différence qui était de 31 ans. L’hérédité nerveuse peut, dans certains cas ne se manifester que sous forme d’excentricités, d’exaltation religieuse, etc. Je connais plusieurs cas de mariages consanguins où le père d’un enfant uraniste était un viveur dans toute l’acception du mot, célèbre par scs succès auprès des femmes. V. Krafft-Ebing dit connaître des cas où l’inversion sexuelle existait à un très faible degré parmi les ascendants.
Parmi les causes de tare psychique, Tarnowsky compte encore la syphilis. Cet auteur cite plusieurs cas à l’appui de son opinion, mais les observations ne me paraissent pas assez probantes pour établir le rôle étiologique de la syphilis, surtout si Ton considère la grande extension de cette affection. La grande importance que Tarnowsky attribue au point de vue de l’hérédité nerveuse aux affections graves des parents pen-
202 LLNVEaSION SEXUELLE
dant ou peu de temps avant la conception, comme le trphus, la pneumonie, l'anémie, le surmenage, etc., ne me parait pas fondée et n'a pas de rapport avec l'inversion sexuelle.
L'n rôle à part, dans l'hérédité nerveuse, doit être attribué à l'atavisme ; on pourra trouver le père et la mère bien portants, mais en poussant plus loin les investigations, on découvrira chez les grands parents une affection nerveuse ou p.sycliique.
V. Krafft-Ebing cite encore d'autres faits qui viennent à l'appui de sa théorie de l'hérédité neuro ou psycho-palhique : 1 * le fait de l'apparition précoce de la vie sexuelle dans les cas d'inversion sexuelle ; 2° le caractère exagéré que prend dans cette maladie le côté psychique de l'amour ; 3° la fréquence très grande de névroses, de l'hystérie, de la neurasthénie, etc. , dans certains cas on trouve, à côté d'une intelligence très peu développée, un talent remarquable pour la musique, la poésie, etc. ; enfîn, dans certains cas, les troubles d'équilibre psychique sont assez lointains pour se transformer en maladie mentale passagère ou chronique. 11 est certain que, dans la plupart des cas, on peut constater d'autres troubles nerveux ou psychiques. Citons à celte occasion un historique intéressant : quelques-uns des empereurs romains, présentant l’irtversion sexuelle, étaient des dégénérés atteints d'aflcctions psychiques*. Aujourd'hui encore on peut observer, dans bii:n des cas, un trouble psychique ; c'est ainsi que, dans un des cas cités par Westphal, il existait de la folie circulaire, et dans un autre de l'idiotie. Dans le cas de Gock et dans plusieurs autres on observe des états mélancoliques. J'ai constaté moiméine, chez un homosexuel, des idées de persécution. Je reviendrai plus loin sur les cas d'inversion sexuelle compliqués d'éjiilepsie, de paralysie progressive, et de démence.
i V. Wiedemester, der Câfarfiahiuinn der Julisoü Claudiscben Imperitoren familie, iiannoTer, 1875.
L'iMVEBaiON 3SXUELLB
11 est évident que l'hérédité psycbo ou neuro-pathique n'épuise pas la question de l'étiologie de la perversion sexuelle. 11 existe encore un grand nombre de points difticiles à expliquer. On peut se demander, par exemple, pourquoi tous les dégénérés ne présentent pas d'inversion sexuelle ; il faut admettre, comme explication, que, chez les dégénérés atteints d'inversion sexuelle, l'instinct sexuel présente le locus minoris resistenliæ. De même que, chez les dégénérés, l'hérédité se manifestera, pour l’un, sous forme de folie de la persécution, pour un autre sous forme d'épilepsie, de même chez l'uraniste la dégénérescence pourra prendre la forme de la perversion sexuelle. Ce que nous ne savons pas, c'est pourquoi chez l'un la dégénérescence se manifeste par l’épilepsie, et chez un autre par l'inversion sexuelle ; pas plus que nous ne savons, deux individus ayant pris froid, pourquoi l’un n'a qu’un rhume de cerveau et l'autre un rhumatisme articulaire.
Il est donc certain, comme nous l'avons vu, qu'un grand nombre d'uranistes descendent de familles possédant une hérédité névropathique. Mais il est très difticile d’avoir des renseignements précis sur ce point, car il arrive souvent que l'hérédité névropathique existe dans de nombreux cas où l'on ne parvient pas à la découvrir. Quand on interroge ces malades sur l'alcoolisme ou les maladies mentales de leurs parents, on n'en obtient pas toujours de réponses satisfaisantes, car le malade cherche à les tenir sc'crètes, lorsqu’il les connaît ; et souvent il ne les connaît pas, en réalité. Toutefois, je dois dire qu’on ne peut pas démontrer que dans tous les cas d'inversion sexuelle chez l’homme, il existe une hérédité névropathique. 11 faut encore compter avec la tendance actuelle de certains auteurs, qui élargissent considérablement le domaine de l'hérédité nerveuse, et qui la découvrent ainsi dans presque tous les cas d'allections psychiques ou mentales.
l’ INVERSION SEXUELLE
Nous avons dit que la prédisposition à l’inversion sexuelle était preMjue toujours congénitale. Cependant, il faut admettre rexi.>-lence de causes occasionnelles qui favorisent l’éclosion d ■ la perversion sexuelle, comme dans l'inversion acquise. M uie dans les cas où l’inversion sexuelle peut être suivie dès l’i nfance, nous ne pouvons trouver qu’une prédisposition morbide, de sorte qu’il est impossible de nier que l’éclosion de cette perversion ne soit quelquefois provoquée par une cause extérieure. Chez un enfant, cette cause peut être l'attoucliemenl purement accidentel dos organes génitaux par un homme ; et raffection morbide se développe alors par une asso dation fatale entre le souvenir de cet attouchement et la rejirésentation mentale de cet homme.
Il est donc impossible de tracer une limite rigoureuse entre les cas congénitaux proprement dits, et ceux où la perversion sexuelle se manifeste à l’occasion d’une cause accidentelle.
Hammond rapporte l’histoire d’un individu atteint d’inver-* sion sexuelle sous forme de pédérastie, passion à laquelle il fut amené pour avoir regardé, étant enfant, deux chiens accouplés. Le jeune garçon pensa que cela se faisait par l'anus. Pour imiter l'acte en question, il s’introduisit un crayon dans le rectum et éprouva simultanément de la douleur et une autre sensation fort agréable.
Devons-nous dire que, chez ce garçon qui plus tard devint un pédéraste passif, la perx'crsion sexuelle s'est déclarée à la suite de la scène à laquelle il avait assisté? Nous ne le pensons pas, car comment expliquer cette sensation voluptueuse qu’il éprouva en s’introduisant le crayon dans le rectum et qui le conduisit à répéter la même expérience? Il est certain qu’une autre cause occasionnelle quelconque aurait suffi pour provoquer chez cet individu, qui n’a jamais éprouvé do penchant pour la femme, l’inversion sexuelle et la tendance à la pédélastie passive. Un enfant, un homme dans un état normal,
L INVERSION SEXUELLE
pourrait tous les jours s’introduire un crayon dans le rectum sans que pour cola, il se déclare chez lui une perversion sexuelle.
Je ne veux pourtant pas dire que les causes occasionnelles n'aient en elles-mêmes aucune importance. Ainsi, il est probable que dans les cas d'hermaphrodisme psycho-sexuel, c’est une cause occasionnelle qui déterminera la direction que prendra la vie sexuelle de l’individu, du moins pour un certain temps. Mais nous devons admettre que dans tous ces cas l’inversion sexuelle préexiste chez l’individu, pour ainsi dire à l’état latent, et ne se réveille qu’à l’occasion d’une rencontre avec un homme .sympathique. Seulement il no faut pas confondre le moment où l’individu commence à avoir conscience de son inversion sexuelle, avec le moment où cette inversion se déclare.
Si nous admettons que des causes occasionnelles peuvent favoriser l’éclosion de la perversion sexuelle, comme ces causes sont extrêmement nombreuses, on ne peut guère espérer prévenir l’éclosion do la prédisposition morbide par des mesures prophylactiques. Il est certain, en effet, que l'inversion sexuelle ne peut être provoquée systématiquement par de mauvaises habitudes. En admettant même que les mauvais exemples, la curiosité malsaino,puissent jouer un certain rôle dans cette question, il est diflicile de croire, avec Tarnowsky, que nous pouvons, par une prophylaxie bien comprise, empêcher dans un grand nombre de cas ' le développement de l’inversion sexuelle chez des individus prédisposés.
Ce qui me parait très possible, c’est que, dans le cas d’une prédisposition à l'inversion sexuelle, les causes occasionnelles peuvent jouer un certain rôle sur la façon dont sera satisfait
* Néanmoins il faut essayer tout ce qu'on peut pour combattre le développement du penchant sexuel. Nous revieodrons sur ce point k l'occasion du traite>*^ent.
L'iKVERSinV SE\IXI-LE
l’inslinct génital. Mais, d'un antre côté il faut dire, qu’ici encore, comme nous l’avons déjà vu, il existe une prédisposition pour tel ou tel acte se-vuel, pour la pédérastie passive par exemple. Autrement, il m'est impossible de m’expliquer pourquoi il existe des individus qui dès le début ne sont satisfaits que par la pédérastie passive.
Si nous admettons le rôle des causes occasionnelles, encore ne faudrait-il pas confondre celles qui conduisent à la réalisation d'un acte de perx’ersion avec celles qui provoquent l'éclosion du penchant à la perversion. Quand un homme, depuis longtemps en proie à l'inversion sexuelle, trouve une occasion de satisfaire sa passion avec un autre homme, il ne faudrait pas cependant considérer cette rencontre comme la cause occasionnelle qui a fait éclore le penchant. C'est là une erreur que l’on commet fréquemment
Voici un exemple qui montre bien ce qu'il faut entendre par une cause occasionnelle, cher un individu prédisposé.
Il s’agit d’un individu qui, jusqu'alors absolument normal au point de vue sexuel, en ce sens qu’il n’avait eu de rapports qu'avec des femmes, étant allé à Paris, y fit la connaissance d'une personne qui lui demanda de l'accompagner cher, elle. Il accéda à cette proposition, et très excité, il voulut passer la nuit avec elle. La jeune personne se désh.abilla, et l’homme découvrit avec stupéfaction que celle qu'il avait suivie était un homme habillé en femme. Dans des conditions normales, la seule idée d'un rapport avec l'homme aurait suffi pour rejeter au loin tout contact physique. Mais ici il n’en fut rien ; l'homme se laissa masturber par l'autre, et à partir de ce moment, devint la proie d'une inversion sexuelle des plus nettes.
1 V. p. lOS.
l'inversion sexuelle
Dans ce qui suit, je veux étudier une série de causes occasionnelles qui, dans certaines conditions, favorisent l'éclosion de la perversion sexuelle. Je ferai toutefois observer dès le début que je ne considère pas comme démontrées la plupart de ces données, car nous ne possédons pas un nombre d’observations suffisant pour établir la valeur réelle et indiscutable de ces causes. 11 semble que chaque auteur se borne à reproduire les observations d'un autre, sans rien ajouter qui lui soit personnel.
En première lijne il faut mentionner ici la contagion morale et le mauvais exemple. Tarnowsky leur attribue une importance toute particulière, et admet qu’un garçon atteint d’inversion sexuelle et élevé dans un pensionnat, peut propager celte affection tout autour de lui. Pour lui, le jeune homme accomplira l'acte en évoquant d'abord l’image d’une femme. Mais lorqu'il aura, pendant un temps suffisamment long, pratiqué la pédérastie ' decettefaçon, c'est-à-dire en ayant toujours devant les yeux l’image de la femme, toute sa vie sexuelle prendra peu à peu une fausse direction ; il finira par habitude par devenir uraniste et trouver sa satisfaction exclusivement dans la pédérastie.
On ne peut entraîner queceux qui sont disposés à se laisser entraîner. Comme l’accomplissement de l’acte sexuel n’est dù qu’à la sensation voluptueuse qu’il provoque, il est évident que l’acte en question ne sera accompli que par celui qui y trouvera des sensations voluptueuses. De jeunes garçons pourront bien s’adonner à la masturbation mutuelle , mais
1 Chez cet autear, dont le trayait est très remarquable, on no sait s’il comprend la pëd4rastie dans notre sens, comme immissio membri in anum rtri ou comme un ucto sexuel g4n4ral dans les cas d’inyersîon sexuelle. De même la séparation entre l’acta et le penciiant perverti n’est pas chez lui très nette ; il arrive notamment souvent qii’un jeune homme, dans son état normal, se laisse masturber par un autre sans que pour cela se déclare ou se développe la perversion sexuelle.
t’iNVERSTOIf SEXUELLE
aussitôt que le jeune homme aura connu la femme, c’est au« près d'elle seule qu'il trouvera son plaisir, et les rapports avec des hommes lui deviendront impossibles. Je couiiais plusieurs cas de ce genre où la masturbation mutuelle pratiquée pendant l'enfance n’était jamais arrivée à provoquer l'inversion sexuelle.
Tarnowsky admet que le désir d'imiter une personne déterminée, la curiosité malsaine, la recherche de plaisirs nouveaux, peuvent pousser des individus de caractère faible à pratiquer des actes anormaux et à s'y habituer, sans qu'il existe chez eux un penchant inné.
Coflignon attribue les grands progrès accomplis par la pédérastie dans ces derniers temps aux relations plus étroites qui se sont établies entre l'Europe d'une part, l'Asie et l'Afrique de l'autre ; ce fait serait d’après lui particulièrement vrai pour r.\ngleterre. Il croit aussi, sans apporter de jireuves à l'appui, que l'uranisme a pris également depuis quelques années une extension considérable en Allemagne.
S'il est vrai que la pédérastie se développe par le mauvais exemple, on ne pourra nier que la littérature ne joue un certain rôle étiologique dans celle propagation. Il est certain que la littérature spéciale, qui s'occupe de cas de perversion sexuelle, a pris depuis quelque temps une extension eonsidérablc.
Avec Cofllgnon, Tarnowsky est d'avis que, dans la propagation de la pédérastie', la masturbation mutuelle d ms les
1 Le r<^le actif de la contagion morale dans l'apparition de la p«^rver«ioo lexuelle n’est» jusqu’à prÂs-*nl, qu’une simple hypothèse théori ]iie. Quoi qu’il en soit, rinfttienca de l’imitation dan:4 les symptômes nerveu\ n'est pas à négliger et Vorlœnder rappelle que tdeler et Alibert supposai ni l’exis* tence, chez l'homme, d'un instinct spécial de rimitation. On ad *; t depuis longtemps (Eï^uiro/, OrlanHer et autres) qu’un grand nombrr- .1 * crimes sont dus à rimilalion. Il également certain que les symptômes «le troubles psychiques et de névroses peuvent survenir de la même fa^-on. Aussi
Digitizo 04 )y (rioegle
L INVERSION SEXUELLE
écoles, les pensionnats et les prisons, joue un rôle très considérable. Théoriquement, on peut en cflet admettre que la répétition de l’excitation produite par l’onanisme mutuel puisse conduire à l’inversion sexuelle, seulement les observations relatives à ce point sont encore très peu nombreuses, de sorte qu’il est actuellement impossible de résoudre la question dans l’un ou l’autre sens. Lorsque nous constatons après coup de l’inversion sexuelle chez un individu qui avait pratiquéprécédemment la masturbation mutuelle avec des garçons, il ne faut pas en conclure, à la légère, que c'est la masturbation qui a amené chez cet individu l’inversion sexuelle ; le plus souvent l’inversion existait chez lui antérieurement. 11 faut aussi se dire que la masturbation mutuelle est tellement répandue dans certains milieux ', que si plus tard il en sort un uraniste, ce n’est pas une raison suffisante pour établir entre la masturbation et l’uranisme une relation de cause à effet.
Chevalier, Krauss, Appert’, 'farnowsky et d’autres, comp-
Bouehut (« De la contagion nerveuse >) a«t*il proposé de ne pas révéler ce fait au public; c*es( encore dans le même sens que se sont prononcés £6rart/. Moreau fils, lînmbosson ei autres, principalement pour ce qui est de la con« tagion morale dans le suicide. Je suis convaincu qu'accidentellement l’esprit d’imitation peut conduire à essayer un acte sexuel contre nature, mais je doute que rimitation puisse faire nallre la perversion sexuelle chez un indi* vidu normal. Four un grand nombre de phénomènes dus à l’imitation, on trouve, mémo chez l’individu psychiquement normal, un terrain préparé : la misère dans le suicide, la cupidité dans le crime et l’assassinat, la prédisposition hystérique dans les convulsions. Chez l’homme normal, ce lcrram favorable au développement de l'inversion sexuelle n'est pas préparé. L’homme apporte avec lui en naissant la peachant Uélérosexuel, et ce penchant ne peut être déraciné par la simple imitation.
< J’ai vu sévir une épidémie de cette espèce dans une école de Berlin où li masturbation mutuelle avait été introduite et pratiquée sans vergogne par un élève, aujourd’liui acteur bien connu. Bien que je connaisse les noms d'ua très grand nombre d’uranistes berlinois, aucun d’entre eux ne figure parmi les anciens élèves de cette école, autant que je sache. Au contraire, je connais beaucoup d'élèves de cotte même école qui aujourd'hui sont absolument normaux au point de vue sexuel.
* Cité par Krauss,
L INVKIISIUN SEXUELLE
lent parmi les causes de l'inversion sexuelle la priTation de rapports sexuels avec la femme. La perversion sexuelle s’observerait chaque fois que des hommes se trouvent réunis, et longtemps privés de femmes. Celte forme n'aurait, d'après Chevalier et Ulrichs, qu'un caractère passager, et disparaîtrait pour faire place à l’instinct sexuel normal, lorsque les conditions extérieures viennent à se modifier. Chevalier cite sous ce rapport les armées, les équipages des navires, les prisons, les pensionnats, les hôpitaux, etc. Tarnowsky, qui attribue une si grande importance è la contagion morale, est obligé de convenir qu'il faut ordinairement le concours d'un grand nombre de circonstances pour que la pédérastie prenne un* extension considérable dans les pensionnats, etc.
L’inversion sexuelle s'observerait également chez les animaux, quand les mêles sont privés de femelles.
Peut-être faut-il attribuer à la séparation rigoureuse des sexes, parmi les enfants, une certaine influence sur le développement ultérieur de l’inversion sexuelle. Certains auteurs admettent notamment que c'est la séparation rigoureuse établie entre les individus des deux sexes, au moinent de la puberté, qui pousse l'instinct sexuel des jeunes garçons à l’amour entre hommes.
Je ne saurais cependant résoudre cette question d'une façon définitive. Si nous voulions en avoir une solution nette et précise, il faudrait que nous puissions prouver que les individus il inversion sexuelle ont été, d'une façon |)articulièrement rigoureuse, séparés de l'autre sexe, à l’époque de la puberté, et je n’ai jamais pu faire cette observation. D’un autr côté, pour élucider cette même question, il faudrait prouva encore que les garçons qui n’ont pas été séparés des fille à l’époque de la puberté, ne sont pas devenus uranistes ou sont moins sujets à l’inversion sexuelle que les garçons élevés dans des conditions opposées. Il serait intéressant de
l'intersion sexuelle
savoir si, en Amérique, où les rapports entre les garçons et les filles sont plus libres, l’inversion sexuelle est moins fréquente que dans d’autres pays. En effet, d’après il. T, Finck, en Amérique où les garçons et les filles sont élevés dans les mêmes écoles, la séparation des sexes est beaucoup plus rare que chez nous, qui retardons autant que possible le moment où le jeune homme sera admis dans la société des femmes.
La séparation des sexes y est si peu rigoureuse, que, d’après Finck, dans les écoles de l'Ouest, chaque fillette a son » beau », un garçon de 14' à 17 ans, sans qu’il en résulte jamais des conséquences fâcheuses. Il serait donc très important de savoir si en Amérique l’inversion sexuelle est moins fréquente qu’ailleurs.
Les moralistes qui prêchent la séparation rigoureuse et aussi prolongée que possible des sexes, pendant l’enfance et la jeunesse, devraient se demander s’ils ne favorisent pas le développement de l’inversion sexuelle. Un monsieur que je connais, hermaphrodite psychosexuel, attribue sa perversion sexuelle exclusivement à l’éducation qu’il a reçue. 11 me disait que l’instinct génital s’était développé chez lui de très bonne heure; mais, comme il était entièrement privé de toute société féminine, ses désirs se portèrent vers l'homme ; plu» tard la femme put l’exciter de temps en temps, mais il n’en conserva pas moins son goût pour les hommes.
Parmi les causes qui contribuèrent au développement considérable de la pédérastie en Grèce. E. Meier mentionne, lui aussi, la séparation rigoureuse des sexes. Le plus souvent, la femme restait toute la journée à l’écart de l’homme. De plus, par suite de l’éducation que les femmes recevaient à cette époque, il était impossible que l’homme trouvât dans sa femme une satisfaction complète et un appui moral, comme c’est presque toujours le cas à notre époque. C’est pourtoutes ces raisons que, d'après Meier, les hommes se tournèrent
L'INVERSIO.N SEXUELLE
vers les garçons, vers lesquels ils se sentaient du reste attirés par un lien tout spirituel.
Cette séparation rigoureuse des sexes est aussi considérée comme la cause de la fréquence de la pédérastie parmi les mulsumans.
Parmi les causes de l'inversion sexuelle, Chevallier et un granil nombre d'autres auteurs citent la crainte d'une maladie contagieuse dans les rapports avec la femme, et la crainte d'une grossesse de la femme. Dans la même catégorie de faits rentrerait encore la crainte de l'impuissance sexuelle vis-à-vis de la femme. Je trouve pourtant que les faits sur lesquels s’appuient ces considérations sont insuffisants. Il existe notamment certaines observations qui passent d’un livre dans un antre, sans qu’on se donne la peine de les contrôler. Chevallier rapporte un cas cité par E. Hoffman ‘ auquel un pédérastie criminel avait déclaré que, s’il évitait les rapports normaux, c'était par crainte de voir la femme devenir enceinte, et que ce danger n'existe pas dans les rapports avec des garçons. 11 ne faudrait pourtant pas attribuer trop de valeur à l’affirmation d'un accusé. Je ne veux pas nier que les causes dont on vient de parler no puissent quelquelois jouer un rôle étiologique; mais le cas ne doit pas se rencontrer fréquemment, car il me parait impossible qu'un homme, s’il n'y est pas poussé par des tendances sexuelles morbides, puisse trouver sa satisfaction dans des rapports avec un autre homme, quelles que soient les raisons qui le fassent renoncer aux rapports normaux avec des femmes.
La fréquence de la pédérastie dans le clergé catholique est attribuée par quelques-uns, et par E. HolTman entre autres, au célibat et à la crainte des conséquences possibles d'un
* S. /? r. Hoffmann. der Qerichtlichen Medicin. IV Aufl. Wien
nnd reiprijj 1^87. V. aussi larliclo « )’âd«5raslie * du même auteur, dans £»• Uubui ff's Kea!. Hnevclopêdie der genannten Heilkiinde. Il Auâ.
l’invehsion sexuelle 213
rapport avec des femmes. Je crois pourtant que le fait doit être compris d'une autre façon. La vocation pour un état qui comporte le célibat se déclare plutôt parmi les personnes chez lesquelles le penchant pour la femme est, dès 1e début, très peu développé ou même nul ; mais l’absence coniplèlo d« •e penchant marche de pair, la plupart du temps, avec l'inversion sexuelle.
Tarnowsky admet encore que l'inversion se.\uelle jieut s» développer encore chez des individus qui en font un métier Pour gagner de l’argent, des hommes normaux s’adressent à des hommes atteints d'inversion sexuelle, et deviennent plus tard la proie de la maladie ; autrement dit, dans ce cas l'inversion sexuelle est artiHciclIe et pour ainsi dire cherchée ; pourtant aucun auteur ne donne la limite précise qui sépare l'accomplissement d’un acte contre nature de la perversion même de l'instinct sexuel. 11 me parait douteux que la pratique seule puisse provoquer l’inversion sexuelle chez des individus normaux.
Toutefois, je rejette d’une façon absolue l'opinion de Moreau*, d’après lequel la masturbation serait la cause do l'inversion du penchant sexuel. C'est une conception absolument fausse, qui confond la cause avecl’ellet. Si un grand nombre d'uranistes se masturbent, c’est faute de ne pouvoir satisfaire autrement leur instinct génital.
Si je ne considère pas la mastarbation comme la cause de l'uranisme, j'admets pourtant que, dans certaines conditions, elle peut favoriser le développement de l'inversion sexuelle. Le fait qu’au début de son évolution sexuelle, l'uranislo en se masturbant ne pense qu’aux hommes, aggrave l’inversion sexuelle en ce sens que les désirs sexuels s’associent chez lui de plus en plus à l'idée dos hommes. Aussi arrive-t-il que U
1 Paul Moreau (de Toure). Les aberrations du sens génésique. 111* édit Pans, 1883.
LlNVEnsION SEXUEIXB
masturbation, praliqut^e dans ccs conditions, aboutit à rimjiuissante envers la femme et rejette davantage l'individu vers rbominc.
V. KruITt-F.bing et L. Casper * insistent sur l'influence malsaine de la masturbation sur les individus atteints d'invorsion sexuelle ou présentant une prédisposition morbide à cette maladie. Ils admettent que la masturbation détruit le penchant esthétique, idéal, pur, que rhomme éprouve pour la femme.
Un certain nombre d'auteurs attribuent à la vie débauchée, à l'abus du coït normal, le même rôle étiologique qu'à la masturbation. Coffignon, qui se rattache à cette opinion, dit notamment que c’est principalement dans les milieux aisés que ces causes interviennent dans le développement de l'inversion sexuelle. Je ne crois pas que ce soit vrai, et je n'admets pas que les débauchés, dans le simple but de trouver de nouveaux plaisirs, s'adonnent à la pédérastie aussi souvent qu'on le dit.
Môme au point de vue théorique, il m'est impossible de trouver une relation entre les excès du coït avec la femme et le développement du penchant pour l’homme. Comment, en effet, un homme qui éprouve de l'aversion sexuelle pour un autre homme se trouverait-il un jour attiré vers lui, pour la seule raison qu'il a abusé de la femme ? C'est aussi impossible que de voir un individu rassasié de pâtisseries et de gâteaux se prendre un jour de passion pour la boue et les ordures qu'on jette dans la rue.
Si l'abu.s des femmes conduisait réellement à la pédérastie, il faudrait admettre, au même titre, que l'amour homo-sexuel longtemps pratiqué devrait aussi amener, par dégoût, le retour du penchant pour la femme. Alalheureusement il n'en est rien, et je ne connais pas un seul cas de ce genre.
• Camper, Impotentia et sterifitas cirilis. Miincben» 1890.
l'inversion sexuelle
Stark compte parmi les causes de la pédérastie une diminution de l'intensité de la sensation voluptueuse procurée par le coït, en ce sens que, la contraction du sphincter de la vulve devenant insulüsante pour donner la sensation complète, l'homme la cherche dans la contraction plus vigoureuse du sphincter anal. Mantegazza considère aussi comme la cause de la pédérastie le désir éprouvé par quelques-uns de sentir leur membre circumelusum au plus haut degré, ce qui fuit qu'ils préfèrent l'anus étroit au vagin plus large. Si tel était le cas, ce désir nous expliquerait en même temps la pædicalio mulieris, id est immissio membri in anum feminæ. Ce qui reste inexplicable, c’est comment cette pratique peut donner lieu à la pédérastie viri vel pueri.
'D’après Stark, il faudrait tenir compte encore du « haut goût » pour l'anus. Peut-être, si certains individus recherchent en effet ce genre de satisfaction, s’agit-il non seulement d’inversion sexuelle, mais aussi d’une perversion spéciale rappelant la coprophagie.
Tarnowsky est encore d’avis que certains individus atteints d’hyperesthésie du sens génital peuvent être conduits à la pédérastie active. Quand ces individus se trouvent dans l’impossibilité de pratiquer le coït normal, ils se masturbent ou s’adressent à un pédéraste passif. Je crois que cet auteur va un peu trop loin, car il faudrait admettre chez un grand nombre < do ces individus l’existence, non seulement de l’hyperesthésie du sens génital, mais aussi d’une perversion
* Bi«n enkenda, je oe nie pas que le fait poisse ae prodoire tans qu'il soit
qoestion de perversion ; mais dans ces cas il ne s'agit pas de perversion dans le sens dt) v. Krafft-Ebing ou le mien, mais de perversité (v. p. 5). Quand le •ens génital est excité à un tel point, il peut arriver bien des choses. Dans un prooès qui eut lieu dans une petite ville de l'Allemagne du Sud, l’accusé ivait dit que» s'il avait pratiqué la sodomie avec une ohôvre, eést qu'il était rès excité et n'avait rien d’autre pour se satisfaire.
l’inversion sexuelle
sfixupllc, si en effet ces individus peuvent pratiquer la pédérastie au moment delà surexcitation génitale.
Gley insiste tout particuliérement sur l'influence qu’exercent certaines jouissances. Il croit que pour la satisfaction sexuelle on recherche sans cesse de nouvelles excitations. Par suite de l’habitude, il se développe un état anormal, celui de l’inversion sexuelle, en particulier lorsque la nouvelle excitation recherchée par l’individu se trouve être un rapport sexuel avec des hommes. Tarnowsky admet aussi — et la supposition est très plausible — que plus les jeunes gens ont des rapports avec des garçons, plus l’inversion sexuelle se développe facilement'. Je crois devoir dire ici encore une fois que je ne nie pas la possibilité de ce fait, mais que nous manquons absolument de matériaux permettant de l’établir d’une façon délinitive.
Je viens de citer un certain nombre de causes étiologiques qui en apparence peuvent conduire à l’inversion sexuelle. J’ai déjà dit que, sans nier leur rôle, il ne faudrait pourtant pas leur attribuer une trop grande importance. Si l’on avait établi une distinction entre la perversion et la perversité, distinction déjà posée par Krafft-Ebing, on aurait évité un grand nombre d’erreurs. Ce qui pour certains auteurs prouve l'état de perversion, ne constitue en réalité qu’un acte de perversité.
Disons enfin, pour être complet, qu’il n’existe pas de relation entre l’hermapbrodisme ph)'sique et l'inversion sexuelle. Oley admet pourtant cette relation, et comme Chevalier, il établit un groupe particulier où l’inversion sexuelle est provoquée par l'hermaphrodisme physique. A l'appui de cette
1 Qns 1*01) compare ce fait avec ropinion d'après laquelle l’abus de la lemme peut conduire l’inversion sexuelle I C'est l'absence de tout esprit critique qui a fait attribuer à l'inversion les causes les plus contradio* toires.
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opinion il cite un cas remarquable publié par Magitot en 1881. Il s’agit d’un individu qui, à l’examen, fut reconnu pour homme, mais dont les organes génitaux ressemblaient tellement à ceux d’une femme qu’à la naissance il fut déclaré et inscrit comme étant du sexe féminin. Cet individu se maria dans la suite avec un homme et eut avec lui des rapports sexuels ; mais en même temps U entretenait des rapports avec des femmes. C’est ce cas qui a servi à Gley pour établir le groupe dont il est question. Je crois pourtant qu’a\Tint d’établir un nouveau groupe étiologique, il aurait été nécessaire d'étudier en détail le c6té psychique de la vie sexuelle des individus qu’on y fait rentrer, aün de bien déterminer s’il s'agissait chez eux d’un penchant déclaré pour l’homme, ou d’une simple indifférence.
Il en est de même du cas publié par Tourtual ‘ en 1836 et où il est question également d’hermaphrodisme physique. Une personne était mariée légalement à un homme. Le mari pratiquait souvent le coït avec cette personue, mais sans jamais y trouver de satisfaction. Après avoir consulté un grand nombre de gens, il se décida à soumettre sa femme à un examen officiel, qui démontra qu’elle était hermaphrodite avec prédominance du type masculin. Le mari arrivait bien à introduire son membre, mais pas assez profondément. Le mariage fut Gnalement annulé. Mais ce qui était curieux, c'est que l’hermaphrodite prétendait éprouver un penchant pour les hommes. Il faut donc admettre que chez cet hermaphrodite homme il existait en mémo temps de l’inversion sexuelle sous forme de tendances homosexuelles. Toutefois, en lisant attentivement cette observation, j’arrive à la conviction qu’en réalité cet hermaphrodite n’avait pas de penchants pour l’homme, mais qu’il le prétendait sans doute pour empêcher, de cette façon,
I Vierteljahraiehr. f. gerichtt. and Off^ntt. Mrdio. 1856. Bd. X.
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i.'l>vebsion sexuelle
l'annulation de son mariage, qui lui assurait sa position.
Je me rattache donc entièrement à l'opinion de V. Krafft- Ebing qui ne trouve aucun rapport entre l'hermaphrodisme physique et Turanisiiie.
Du reste, Tardieu avait déjà fait observer que, dans l'hermaplirodisme physique, les facultés psychiques et morales et la sphère des sensations ne subissent pas l'inlluence de la malformation sexuelle organique.
Il existe une série de maladies dans lesquelles, d'après un grand nombre d'autours, on trouverait fréquemment de l'inversion sexuelle. L’épilepsie viendrait sous ce rapport en première ligne. D'après Tarnowsky, la pervereion sexuelle serait très fréquente dans l'épilepsie, et cet auteur établit même un groupe morbide particulier basé sur les rapports entre l'épilepsie et la perversion sexuelle. Tarnowsky croit même que chez quelques malades l'apparition de l’inversion sexuelle doit être considérée comme l'équivalent de l'épilepsie, et que dans ce sens on est autorisé à parler d'une pédérastie épileptique. 11 cite à l’appui le cas d’un homme qui n’avait eu do rapports qu’avec des femmes et n’avait jamais présenté de perversion sexuelle ; un jour, dans un accès d'épilepsie, et se trouvant sous l'inlluence de boissons alcooliques, il viola un garçon de 14 ans. 11 ne se souvenait de rien, et plus tard on n'observa plus chez lui aucun symptôme de perversion sexuelle.
Dans la démence sénile on constate souvent do la pédérastie sénile, ainsi nommée par Tarnowsky ; l’aberration de l'instinct génital constituerait même dans certains cas le synip-
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tôme prédominant. Cette forme débuterait souvent, d'après lui, par l’emploi d'expressions grossières dans les conversations portant sur les rapports sexuels, surtout lorsque la conversation a lieu avec un gar(.on. Ces vieillards enseignent ordinairement aux garçons le rôle passif de la pédérastie, mais dans d’autres cas c’est le malade qui préfère jouer le rôle passif et il exige alors du garçon le rôle actif. A la longue, la pédérastie sénile peut pousser le malade au viol. Le diagnostic peut rester longtemps incertain, surtout quand les troubles de l’intelligence font défaut, ce qui fait que le malade passe souvent pour un criminel. Dans la démence sénile on observerait encore du sadisme compliqué d'inversion sexuelle, en ce sens que les mauvais traitements infligés aux garçons excitent l'instinct sexuel du malade.
L'inversion sexuelle apparaîtrait quelquefois dans la paralysie générale, à une époque où le diagnostic de cette maladie n'est pas encore possible (V. Krafft-Ebingl. D’après Tarowsky, le cas doit être considéré comme suspect, quand l’individu parle ouvertement de sa vie sexuelle et ne s’en cache nullement. Pour cet auteur, ces individus ne prendraient aucune mesure pour ne pas être découverts, ce qui doit faire penser à une affection psychique.
Chevalier admet aussi l'existence d'une pédérastie paralytique, dans les débuts de la paralysie générale, dans la démence sénile et dans un certain nombre d'autres affections cérébrales où l'inversion se.xuelle n’apparaît que d'une façoi) passagère. Dans ces cas, quand il s’agit d'une manifestation passagère, on constate une véritable impulsion à laquelle le malade ne peut résister.
Il m’est impossible d’étudier ici en détail les autres affections mentales dans lesquelles on rencontre le phénomène de l'homosexualité. Le lecteur que la question intéresse trouvera tous les détails dans la Psychopalhia sexiialis de V. Krafft-Ebing.
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Dans un intfrôt puromont historique je crois devoir citer ici une sfirie de causes auxquelles E. Jleicr attribue le développement de la pédérastie en Grèce. Il pense notamment, et cette opinion est partagée par un grand nombre d’auteurs, que la tendance des anciens Grecs à former entre eux de petites coteries, eut pour effet de favoriser le développement de l'amour uraniste. Dans les pays où ces associations entre hommes étaient mal vues par les autorités, la pédérastie, d’après Meier, n’a pu devenir aussi populaire que dans d’au très Etats. La pédérastie, nous dit-il, aurait été moins fréquente ‘ à Athènes qu’ailleurs, et ce fait doit être attribué à la puissance que tes tyrans exerçaient dans cette ville ; ils cherchaient notamment à combattre ces associations qu’ils redoutaient pour leur pouvoir.
On insiste aussi sur le rôle étiologique de la gymnastique qui donnait aux jeunes gens une vigueur et une beauté dont l’attrait était autrement puissant que celui des corps affaiblis et mal développés des garçons dans les pays où la gymnastique n’était pas en honneur. Certains auteurs, Cicéron et Plutarque entre autres, disent encore que, dans les gymnases*, les hommes se trouvaient en contact trop intime les uns avec les autres, et que cette intimité n’était pas sans favoriser la pédérastie.
En Dorie, et à Sparte en particulier, la pédérastie était encore favorisée par la Constitution particulière à ce pays. Comme les enfants étaient retirés à leurs parents ù l’âge do 7 ans, il se forma bientôt une sorte de collège, et l’on donna à ces garçons un homme adulte, non seulement comme
* D’autres auteurs» comme nous Vavons tu daas l’historique» disent le contraire.
* jRamdohr ne pense pas que les gymnases aient joué un rt*le aussi considt^rable dans le déveioppement de la pédt^raslie en Grèce. Tl cite en particu* lier le phénomène de l’amour lesbien parmi les femmes, phénomène qui n'a aucun rapport avec la gymnastique.
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ami et compagnon, mais aussi comme directeur chargé de veiller à leur éducation. Cette privation des soins de la famille et cette intimité avec un homme adulte étranger, auraient aussi favorisé le développement de la pédérastie.
Meier cite enfin l’amour des études qui, chez les jeunes gens, aurait favorisé la pédérastie sous une forme plus noble. Les garçons se sentaient attirés vers leur maître, et comme celui-ci n’était pas payé, U s’établissait entre eux une intimité d’une nature élevée, qui ne ressemblait en rien à celle qu'on trouve aujourd’hui entre maître et élève.
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