L. W. Marchand, Voyage de Kalm au Canada
Cette plante produiroĩt une ressource en Canada si on la cultivoit en certaine quantité ; les habitants n’en mangeroient point dans les commencements par l'habitude où ils ont toujours été d’avoir de bon pain, mais ils en feroient usage pour leurs bestiaux. Si la disette continuait à se faire sentir ils seroient forcés d’y avoir recours.
Le grand point seroit d'en répandre dans la colonie et il faudrait pour cela en envoyer de France en quantité. M. Bigot en comprendra sur son état de demande. Les habitants établis sur des terres nouvelles en vivroient en atten-
dant qu'ils puissent avoir du défrichement pour :
semer des grains.
‘ On ne doit pas craindre que l'habitant néglige la culture du blé pour celle de la patate, il n’y aura que les misérables qui vivront de la dernière en attendant qu'ils puissent faire mieux; d’ailleurs la patate ne procurera jamais d’argent aux habitants et comme il leur en faut ils donneront toujours la préférence à la culture du bled qui a une valeur assurée.
„Vous nous recommandés, Monseigneur, d'examiner s’il conviendroit de laisser introduire la culture des patates chez les nations sauvages, „„ : 2
— de
nous, cette culture qui ne demande aucun soin pouvant les faire vivre sans notre secours.
Nous ne pensons pas que cette culture put leur occasionner de se séparer des français. Ce n’est pas le besoin de vivres qui nous les attache puisque dans les Postes et dans leurs villages ils ne vivent que de leur pêche ou de leur chasse, ou du maïs qu'ils sèment.
Ils n’ont recours à nous que pour les munitions de guerre et leur habillement, et ils ne nous demandent des vivres pour eux et leurs familles que lors qu’ils sont employés pour le service du Roy ou qu’ils viennent dans les villes pour affaire.” :
De tout ceci, il faut conclure que sous le régime français on connaissait une espèce de patates indigènes, mais qu'on ne les mangeait que par nécessité extrême. Les espèces de patates acclimatées en France par Parmentier ne
furent cultivées ici que sous le régime anglais. ! Archives du Canada, Correspondance générale, vol. 103.
La raquette canadienne