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des seigneurs à ce sujet, gnoraient même la . nature de ces droits. Quels étaient-ils ? Nous les trouvons énumérés dans un arrêt du Conseil Supérieur de la Nouvelle-France rendu le 8 juillet 1709.
Par cet arrêt naître à l’ave Paroisse.
autres bancs de l’éol;
deur, elle pouvait avoir le double des autres bancs. |
au moins seize
ans.
Pareillement, le seigneur suivi de ses enfants
mâles, allait au balustre, après le clergé en sur-
F . un “à
plis, prendre les cierges le jour de la Chandeleur et recevoir les cendres et les rameaux. Si le seigneur était absent, ses enfants âgés d' au moins seize ans, le remplaçaient.
Dans les processions, le seigneur suivi de ses enfants, marchait immédiatement après le curé.
Le seigneur avait droit de sépulture au-dessous de son banc, pour lui et les membres de sa famille, lorsqu'il avait donné la terre sur laquelle l’église était bâtie, sans être obligé de payer le droit d'ouverture de terre. Il devait cependant payer les autres droits de la fabrique et ceux du curé.
Après l’œuvre et le chœur, le se gueur: avait le premier l’eau bénite, par aspersion, aussi bien que sa femme et ses enfants. En son absence, sa femme avait le même privilège. Eu cas
d' absence de l’un ou de l’autre, les enfants d’au
moins seize ans, avaient le même privilège.
Le seigneur avait le premier le pain 2 après le clergé revêtu du surplis: Sa femme e ses enfants venaient immédiatement spels 1 | même avant les marguilliers et les chantres no . revêtus de surplis. En l’absence du seigneur, sa femme et ses enfants avaient le même pri vilège.
Les co-seigneurs et seigneurs de fiefs devaient payer leurs bancs tout comme les autres parois*
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siens. Ils avaient le droit, toutefois, d'avoir leurs bancs immédiatement après celui du sei-
gneur haut-justicier et au-dessus de ceux des habitants.
Les femmes même celles du patron et du seigneur haut justicier n'a vaient aucun rang dans les cérémonies de l’église. Quand elles allaient
enfants en nom collectif.
Voilà, résumé aussi fidèlement que possible, le dénombremen? des honneurs rendus aux sei-
neurs royaux. 8 Quelques-uns des privilèges accordés aux sei- Sneurs dans les églises sous l’ancien régi paraîtront peut-être exagérés en l’an de grace 1919. I ne faut pas oublier, toutefois, qu’ils remontent à plus de deux siècles. Chaque âge a ses lois et ses coutumes. Ce qui paraît grotesque aux Yeux des gens de 1919 pouvait être fort naturel < 4 2 3
en 1709. S'il était donné à nos arrière-grandspères de revenir sur la terre pour un temps, qui sait qu'ils ne se moqueraient pas — et avec raison — de certaines de nos coutumes et façons modernes ? ‘ Les marguilliers, de nos jours, par simple coutume ou .olérance, reçoivent peut-être plus d'honneurs dans les églises que les seigneurs de l’ancien régime. Que font la plupart d' entre eux pour nos églises ? Les seigneurs, le plus souvent, étaient les donateurs des terrains de l'égli. se, du cimetière et du presbytère. Quelquesuns même bâtirent des églises à leurs frais. Ces 5 générosités ne valaient-elles pas quelques privilèges? D'ailleurs, nos habitants canadienn qui, dans l'espece, après le curé, étaient les principaux intéressés, étaient fiers des honneurs rendus aux seigneurs dans les églises.
N'est-ce pas là la meilleure preuve que les censitaires faisaient bon ménage avec les seigneurs
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- + 8 gs
Un Robinson Crusoé sur l'Ile de Sable
C'est en 1719 que parut en Angleterre le roman de Daniel de Foë Vie et aventures de Robinson Crusoé. n
Il y a de drôles de coincidences dans le monde ! Précisément un an plus tard, un matelot anglais commençait sur une île canadienne une existence qui ressemble étonnemment à celle imaginée pour son héros, par le romancier de Fos. Le pauvre diable, matelot depuis sa plus tendre enfance, n’avait Pourtant pas dû lire
encore le roman qui faisait alors fureur dans son pays.
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route les ramènerait parmi le monde.
. ensemble. Ils ne pouvaient se donner aucun
Ils semèrent tout le blé qu'ils avaient pu sauver et, en attendant leur petite récolte, ils se nourrirent de biscuits, de lard et du maigre produit de leur chasse.
Pendant la première année de leur séjour sur l'île de Sable, les deux naufragés s’entendirent très bien. L'officier, oubliant la distance qui le séparait du matelot, le regardait comme un frère. Ils s'étaient construit une petite hutte qu'ils avaient aménagée avec les objets tirés du naufrage. L'entretien de leur jardin leur faisait trouver le temps moins long. 1
Mais l'officier travaillé par l'ennui et le de- Couragement devint irascible, colère. La moin- : dre parole du matelot le mettait hors de lui. Il abandonna le travail et traita son compagnon ; comme s’il avait été un esclave. Celui-ci, ac. + coutumé à obéir, endurait patiemment, espérant : ! toujours qu’un navire sauveur déviant de sa
Apres six ou sept ans de cette triste vie, 16 deux Robinsons tombèrent malades presque
soulagement mutuel et encore moins travailler à la terre. La récolte fut presque nulle. 4
L'officier dont le carar ère s'aigrissait chaque : jour davantage, fit de sanglants reproches au pauvre matelot. Celui-ci perdant patience, 4
lui répondit sur le même ton. L'altercation se termina par des coups. L'officier chassa le matelot de la hutte et lui dit que s’il se remontrait en sa présence il le tuerait comme un chien.
Le matelot se retira sur une autre partie de Ve. Pendant plusieurs jours, il vécut de chasse. Mais son isolement fit germer dans son cerveau fatigué un projet diabolique. Saisissant son fusil, il s'approcha de la hutte et tua son compagnon. :
Il était donc le seul maître de l’île de Sable. Il reprit possession de la hutte, continua sa eulture et vécut de chasse, de racines et de son petit jardinage, 5
En 1734, quelques Anglais de Terre-Neuve faisant la pêche dans les environs de l'ile de | Sable se décidèrent à y débarquer afin de Lerplorer. Le naufragé, fou de joie, se jeta aux Pieds des pêcheurs et les supplia de le ramener avec eux. Depuis plusieurs années, le Robinson portait pour tout vêtement les peaux de bêtes qu’il avait tuées dans ses chasses, Les pecheurs lui donnèrent des vêtements et Famensrent avec eux à Plaisance. FE Et
Il y avait quatorze ans qu'il vivait sur Ptle de Sable attendant tous les jours sa délivrance.
Mais pendant ces années solitaires, cet hom- * me s'était fait une vie indépendante et presque animale. II s’ennuya tellement de son ancien. ne existence, qu’au bout d’un an, il supplia le gouverneur de Terre-Neuve de le renvoyer à son île. Le gouverneur se rendit d'autant plus volontiers à sa demande, qu'il comprit qu'il. pourrait rendre des services aux marins qui, | comme lui, seraient jetés: sur cette dle déserte, par un naufrage ou une tempête. 5 à
On donna au matelot toutes les choses nécessaires à la vie, et des provisions en abondance, puis on le reconduisit à son tle. 5
Il y vécut encore un bon nombre d’années avec un chien comme seul compagnon. :
En 1746, un officier de la flotte du duc d' Anville débarqua sur l'tle de Sable, et fit la connaissance du matelot. Se suffisant à lui-même, dit cet officier, il mène une vie douce quoiq laborieuse. Quand sa récolte manque une année, il n’en perd pas un morceau, étant toujours en avance. Il s’habille des peaux des bêtes qu’il tue et son habitation en est couverte.
e N'est-ce pas que l'existence de ce matel ressemblait un peu à celle de ce bon Robinson Crusoé dont les aventures ont charmé notre enfance ? .
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Les ânes sous le régime français
L'inimitable conteur Aubert de Gaspé con.
sacre, dans ses Mémoires, des pages émues à Yves Cholette et à ses sœurs, deux bonnes vieilles filles qui prirent soin de ses premières années dans la vieille cité de Champlain. Cholette, qui s'était pris d’affection pour le jeune espiègle, l’amena, un dimanche après-midi, voir une bête curieuse arrivée l’avant-veille d’Angleterre.
L'anecdote mérite d’être reproduite.
Nous fimes rencontre, dit de Gaspé, en sortant de la maison, d’un vieil allemand, marié à une cousine de mon com n.
Oh allé fous? dit l’Hanovrien.
Nous allons voir une bete curieuse, débarquée hier à Sillery, fit Cholette ; viens avec nous. i
— Tiable ! tiable ! la bête il être donc pain curieux pour marcher si loin ? Il fait un chaleur d’enfer ! 7 . 5
II faisait en effet une de ces chaleurs étouffantes du mois de juillet, à foudroyer un Ethiopien. Mais Yves l'ayant assuré qu'il ne regretterait pas ses peines que c'était “animal, à ce
qu'on lui avait dit, le plus extraordinaire qui eût jamais paru dans le Canada, le cousin consentit à faire le voyage avec nous.
Nous passâmes par l’Anse-des-Mères, distance d’une bonne lieue de Sillery, où nous arrivâmes enfin après maints arrêts, pour laisser re-
. Poser notre vieil Allemand, dont la langue des- D | séchait dans la bouche, malgré les fréquentes
1 libations d’eau fratche qu'il faisait, grâce au
: fleuve Saint-Laurent, dont nous suivions les
bords. 8
— Voulez-vous nous laisser voir, dit Cholette à une servante d’un joli cottage situé à Sillery au bas d’une colline, la bête curieuse que vous avez ici ? . a À
“— Derrière la maison, réplique la grosse fille, en s’éventant le visage à tour de bras avec 1 son tablier. à
“A la vue de l’animal, le Schlin-derlitche “à
. S'écria avec rage et mépris : der esse! un Jac- 3 bass! un âne! et lacha un donner Netter qui devait être un juron épouvantable, car la colline ‘4 au pied de laquelle Allemand fut s’asseoir pour se reposer * l'ombre en fut ébranlée jusque dans ses fonc tts.“ : à
M. de Gaspé laisse entendre que depuis 1608
bien des ânes étaient passés par la capita e mais 4
ÿ FF
que c'était là le premier âne à quatre pattes qui débarquait sur le rocher de Québec.
Le spirituel narrateur se trompa:t. Plus d'un siècle et demi auparavant, on avait tenté d'acclimater les ânes au Canada. En effet, en 1671, le roi avait fait une importante distribution d’ânons et d’ânesses au Canada. Les noms de ceux qui participèrent aux largesses royales ont ẽtè conservés. C'étaient : le sieur Marsollet un änon; le sieur Neveu, une ânesse ; les Pères Jésuites, une ânesse et un anon; M. Dudouyt, une ânesse : M. Damours, une ânesse i M. de Villieu, une ànesse; M. Des Longchamps, une ànesse; le Bourg-Royal, une ânesse ; M Morin, une ânesse. :
Cet essai, évidemment, fut infructueux puisque le recensement de 1683 ne donne que dix bêtes asines pour toute la colonie.
Un demi-siècle plus tard. le docteur Sarrazin, un savant égaré à Québec, suggéra d'essayer de nouveau d’acclimater les ânes au Canada.
Les 6 novembre 1720, MM. de Vaudreuil et Bégon écrivaient au ministre : sr
Le sieur Sarrazin, médecin, nous a repré-. senté qu'il y a en ce pays-ei un grand nombre de personnes qui sont attaquées de maladie de
‘ Acte de Becquet, cité par M. Thomas Chapais, dans Jean Talon, p. 419.
sonne a
5 — sen ti Se LATE 8 eee er PL AE
5 1 — ———ů DSL ů —ů ů —
poitrine et que le remède le plus essentiel pour ces maladies est le lait d’Anesse. Comme il n'y a point en cette colonie d'animaux de cette espèce, nous prions le Conseil de vouloir bien ordonner qu'il en soit envoyé l’année prochaine
par le vaisseau du Roi, un mâle et une femelle 1 !
Le Conseil de marine trouva la proposition pleine de bon sens et, le 14 juin 1721, il faisait écrire à M. de Vaudreuit qu’il avait donné ordre d'expédier quatre ânes au Canada.
Mais dans le bon vieux temps, on se hâtait lentement. Le ler juin 1722, le Conseil de marine avertissait MM. de Vaudreuil et Bégon que les ânes demandés seraient expédiés sous peu dans la colonie. :
Le 14 octobre 1723. MM. de Vaudreuil et Bégon écrivaient au ministre : 4
Des trois bêtes asines qui furent envoyées … 4 l’année dernière, par le vaisseau du Roi, le male est mort au commencement du printemps. On 3
croit qu'il s'est empoisonné par quelque mauvaise herbe, qu'il aura mangée. Nous eroyons qu il ser: it nécessaire d'en envoyer un de meme ordre qui est la grande espèce sans quoi la depense qui fut faite l’année dernière deviendra inutile.” :
Le 6 juin 1724, le Conseil de marine écrivait à MM. de Vaudreuil et Bégon qu'il envoyait par le Chameau un baudet pour remplacer celui qui était mort à Québec. II envoyait en même temps un mémoire sur la manière de le nourrir et de le rendre utile.
Il faut croiré que le baudet arrivé ici, en 1724, ne répondit pas aux espoirs de ceux qui l’avaient fait venir, puisque un quart de siècle plus tard, le 21 octobre 1749, l’intendant Bigot écrivait au ministre : =
Il serait aussi bien à souhaiter pour la colonie qu’on put y introduire des mulets qui ne Consommeraient point tant de fourrage que des chevaux et qui, étant encore plus forts, feraient plus d'ouvrage,
Nous aurions aussi besoin de quelques ânesses tant pour le lait qu'elles procureraient aux malades que pour avoir de son espèce dans la colonie. Cet animal mange peu
charrette pour Si vous vo Monseigneur, avoir la bonté ous envoyât un âne avec deux ou trois ânesses, vous rendriez service au Canada, et dont il se ressentirait par la suite,
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et je ferai de mon mieux lorsque nous les aurons. pour faire sentir aux habitants les avantages qu'ils en tireront.” PS En février 1750, deux ânes et quatre ânesses : furent achetés, par les ordres du ministre, et expédiés dans la N ouvelle-France sur le vaisseau du Roi. Ce vaisseau arriva à Québec à la fin de l’été de 1750. 1 Quoiqu'il en soit, ces ânes ne propagèrent s guère leur espèce ici, puisque au temps de M. de Gaspé, il n'y avait pas une seule bête asine dans toute la région de Québec. : 3 Terminons par une anecdote qui nous montre un âne jouant un rôle valeureux. Dans Ler- à pédition de M. de Frontenac contre les Onnontagués en 1696, on se servit de quelques ânes, . probablement pour transporter les * M. de Belmont, dans son Histoire du Canada, note qu'un de ces ânes qui se mit. à brailler pen- . dant la nuit fit grand peur aux iroquois. * BE = = | * D POI deu due Seeg eee vinrent trouver le gouverneur de à Montréal,
pour se plaindre des Outaouais qui les avaient attaqués.
assias, l’un d'eux, qui avait usé une française, re: pros à M. de Callilre —
le de sers à 7 Le, : pe = pouvait lui donrer les c oses nécessa parce qu’il n’a 4 pas le temps d'aller à la chasse à cause de ses uents … voyages. Je te demande dit-il, pour mon fils, un lièvre 3 de dix à douze ans, qui puisse lui trainer son bois de ehauf- +
ss
sta!
DASS EBS
Un règlement de construction à Montréal en 1721
Le 19 juin 1721, jour de l’octave de la Fête- Dieu, au moment où la procession du Saint-Sacrement sortait de l'église des Sœurs Hospitalières de Montréal, un arquebusier, au lieu de tirer en l’air, tourna par mégarde son fusil vers l'église. La décharge porta sur la couverture et y mit le feu. En quelques minutes l’édifice sacré fut erabrasé. De là, le feu gagna le batiment des malades, puis le monastère des religieuses. Ses ravages les maisons des parti Dans son rapport off M. de Ramezay, que 138 maisons sans compter les
Nous n’avons grand incendie
lage mais ce n’est Pas un des ces liè bois, c’est un lièvre qui ” II voula blable à ceux qu'il avait vus à Albany.
qui lui fut donné,
— ——— ME mo . —
ii ä — — . ——
M. E.-7. Massicotte s’est acquitté de cette td. l che avec un soin, une exactitude et une abon. dance de détails qui ne laissent rien à glaneri, Nous voulons simplement faire connaître un règlement de construction adopté à Ia suite de l'incendie du 19 juin 1721. 4
M. Bégon, qui a peut-être été le plus pratique à de nos intendants, le feu à peine terminé, envoya : à Montréal le sieur Chaussegros de Léry, ings-
nieur du Roi, efin de faire un examen des mai-
sons brûlées et de suggérer un mode de cons truction qui éviterait pour l'avenir d'aussi desastreuses conflagrations. 4
M. Chaussegros de Léry fit son rapport à M.
Bégon et celui-ci en adopta la plupart des suggestions. Par son ordonnance donnée à Montréal le 8 juillet 1721, il fixait :
.“ 1° Qu'il ne sera construit aucune maison de bois et de colombage tant dans la place les rues où les maisons ont été incendiées q dans le reste de la ville où les maisons subsistent, et que toutes celles qui seront faites sero de pierre et à deux étages * compris le res- dechaussée avec une couverture soutenue avec des fillières ou pannes sans qu'il soit permis de faire de grosses charpentes.
1 Canadian avril 1915.
29 Qu'il ne sera plus fait de couverture en mansarde afin que les greniers en dedans soient spacieux, moins embarrassés et moins de pièces de charpente, et qu’au lieu d'un comble de grosse charpente il sera mis à l’avenir des fillières ou pannes pour soutenir la couverture suivant l’usage qui se pratique en France.
“3° Défendons à tous bourgeois et habitants de cette ville de faire couvrir leurs maisons en bardeau, ordonnons que celles qui le sont actuellement subsisteront ainsi qu'elles sont, sans qu'il soit loisible aux propriétaires de mettre du bardeau neuf ou vieux sur les maisons qui seront bâties de nouveau et qu’en attendant qu’on puisse se servir de tuile ou d’ardoise pour suppléer au bardeau, il sera fait une double couverture de planches.
4 Que ceux qui rebâtiront des maisons incendiées ou autres de celles qui restent dans l'enceinte de cette ville se conformeront aux alignements tirés par le dit sieur de Léry pour redresser les rues, à l'effet de quoi sera le dit plan d’alignement Par nous arrêté déposé au greffe de la juridiction royale de cette ville pour par les propriétaires des emplacements qui voudront faire bâtir, Y avoir recours et s’y conformer à peine contre les dits propriétaires d’en-
courir la démolition de leurs maisons à leurs frais et dépens.
‘5° Que ceux qui ne seront à présent en état d'élever leurs maisons que d'un étage y compris le rez-de-chaussée seront tenus de le faire augmenter d’un autre étage dans trois ans du jour de la publication de la présente or. donnance. a 4
“6° Que pour empêcher que les planchers des greniers soient exposés à être brûlés la charpente et la couverture en étant enlevées en cas d'incendie, les dits greniers seront arrêtés avec des carreaux ou de la brique avec trois ou 4 quatre pouces de mortier pour empêcher le feu de s’y communiquer.
cements tant des maisons incendiées que de celles qui subsistent qui pour se conformer aux 3 dits alignements perdront leur terrain ou partie a seront déchargés du paiement des cens et rentes 4 dues au seigneur en égard à ce qu'ils perderont de leur terrain, comme aussi que ceux dont les “4 emplacements seront augmentés en suivant les 4 dits alignements payeront les cens et rentes sei- 3 gneuriales aussi à proportion du terrain qu'ils 1 se trouveront avoir d'augmentation lesquelles “+ augmentation ou diminution de rentes n'auront
FF
lieu que du jour que les fondations. des dites maisons auront été tracées pour y bâtir conformément aux dits alignements, et sera fait mention des augmentations ou diminutions de ren-
tes sur les dits emplacements tant sur la minute
des contrats de concession que sur les expéditions qui en auront été délivrés.” :
Le même jour, M. Raudot signait une autre ordonnance pour faire connaître les règlements déjà établis pour protéger la ville de Montréal contre le feu et en établir 4’autres encore plus severes.
Il était dit dans cette nouvelle ordonnance que tous les bourgeois et habitants étaient tenus de courir au feu aussitôt que le tocsin sonnait et d'y porter chacun une hache et un sceau à peine de six livres d'amende. Chacun devait avoir sur sa maison une échelle en bon état et une autre dans sa cour à peine de trois livres d'amende. Les cheruinées devaient être ra-
monées tous les mois en hiver et tous les deux mois en été à peine de deux livres d'amende
Chaque propriétaire était, à l'avenir, tenu d’avoir dans le grenier de sa maison une ou deux perches de quatre pouces de diamètre et dé lon- £ueur proportionnée. Ces perches devaient
Edits et Ordonnances, vol. II. p. 292.
| de faire sauter les toits des maisons
— SE PSE
Pour former au milieu un ruisseau pour l’écou: [EE
les propriétaires ü d'emplacements et de maisons étaient obligés
étés des banquettes | de bois (trottoirs) de huit pouces d'épaisseur.
Toutes ces Prescriptions de l’intendant Bégon étaient très sages. Malheureusement, il n’eut pas l'énergie d'y tenir bien longtemps. Dès le 29 juillet 1721, il permettait aux sieurs des Musseaux, Allavoine, Des Tailly, Des Pointes, Quesnel dit Fondblanche, La Fatigue et aux veuves Catin et La Source de recônstruire leur maisons en bois. à condition qu'ils s’obligea raient de les faire démolir au plus tard dans
trois ans pour les rebâtir en pierre. Le 22 août 1721, il accordait le même privilège à Jean-Baptiste Amiot avec semblable condition.
Porte était ouverte et elle demeura ainsi pendant tout le régime français, c’est-à-dire qu'on continua à Construire en bois.
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La peinture sous le régime français
Saviez-vous que les féroces Iroquois qui donnérent tant de fil à retordre à nos pères étaient des amateurs de peinture? C’est la vénérable mère Marie de l’Incarnation qui nous apprend la chose dans une de ses admirables lettres à son fils. Lui racontant les succès du Père Jesuite Jean Pierron, missionnaire chez les Agniers, elle écrit : s 8
Comme le Pere a divers vices à combattre, il a aussi besoin de différentes armes pour les surmonter. II s’en trouvait plusieurs qui ne voulaient pas écouter la parole de Dieu, et qui se bouchaient les oreilles lorsqu'il voulait les instruire. Pour vaincre cet obstacle, il s’est avisé d'une invention admirable, qui est de faire des figures pour leur faire voir des yeux te qu'il leur prêche de parole. II instruit le jour, et la nuit il fait des tableaux, car il est assez bon peintre. Il en a fait un où l’enfe, est représenté tout rempli de démons si terribles, tant par leurs figures que par les châtiments qu’ils font souffrir aux sauvages damnés, qu'on ne peut les voir sans frémir. Il y a dépeint une vieille iroquoise qui se bouche les oreilles pour ne point
autres vices par d’autres figures convenables, avec les diables qui président à ces vices-là, et qui tourmentent ceux qui s'y laissent aller durant leur vie. II a aussi fait le tableau du paradis, où les anges sont représentés, qui emportent dans le ciel les 4 .
après avoir reçu le saint baptême. Enfin il fait ce qu'il veut par le moyen de ses peintures. Tous les Iroquois de cette mission en sont si touchés qu’ils ne parlent dans leurs conseils, que de ces matières, et ils se donnent bien de garde de se boucher les oreilles quand on les instruit. Ils écoutent le Père avec une avidité
ent pour un homme ex-
e de ces peintures dans les autres nations voisines, et les autres mission-
1 naires en voudraient avoir de semblaïles, mais „ tous ne sont pas peintres comme lui.“ ph. Le Père Pierron est aussi l’auteur du jeu du | Point au point qu'il décrit ainsi dans la 7
Ce jeu est composé d'emblemes qui repré. :
sentent tout ce qu’un chrestien doit Sçavoir. On y voit les sept sacrements, tous dépeints,
les trois vertus théologales, tous les comman. dements de Dieu et de l’Église, avec les principaux péchés mortels ; les péchés même véniels qui se commettent ordinairement y sont exprimez dans leur rang, avec des marques de l'horreur qu'on en doit avoir. Le péché même originel y parait dans un ordre particulier, suivi de tous les maux qu'il a causés. J'y ai représenté les quatre fins de l’homme, la crainte de Dieu, ies indulgences... en un mot, tout ce qu'un chrétien est obligé de sçavoir s’y trouve exprimé par des emblêmes qui font le portrait de chacune de ces choses. Ce jeu s’appelle du Point au point, c’est-à-dire du point de la naissance au point de l'éternité.”
La Mère Marie de l’Incarnation et Jean Bourdon avaient quelques connaissances en peinture.
iles, avril 1646, me à peindre deux.
gnit quelques marchés.” :
Après le Père Pierron, le diacre Frangois-Lue
Lefrançois, récollet, s’adonna à la peinture.
Il fit plusieurs tableaux pour les églises de la
Nouvelle-France, entre autres une Assomption 2
Prin
pour l’église des Jésuites, et un Ecco Homo pour
l’Hôtel-Dieu de Québec. On conserve encore
deux tableaux du Frère Luc dans la basilique de Sainte-Anne de Beaupré. S'il faut en croire M. de Frontenac, ce serait le Frère Luc qui aurait dressé les plans du séminaire de Québec. On a dit du Frère Luc que son coloris était mauvais, sa composition médiocre, et son dessin excellent.
M. Hughes Pommier, prêtre, natif du Ven- :
dômois, qui vint dans la Nouvelle-France en 1664, se piquait de connaître la peinture. Il faisait beaucoup de tableaux, mais personne ne les goûtait. M. de La Tour nous apprend que c'est cette raison qui le fit repasser en France.
Il espérait que son talent y serait mieux apprécié. II n'y réussit Pas, et se donna aur misssions de la Campagne, où il eut du succès.
Le Père Sébastien Rasle, le célèbre missionnaire des Abénaquis, assassiné à Naurantsouak le 23 août 1724, par un parti de la Nouvelle. | Angleterre, savait quelque peu la peinture.
Sa chapelle de Naurantsouak contenait quelques’unes de ses peintures lorsqu elle fut in cendiée.
La Mère Marie de IIncarnation mourut en 1672. En l’absence de Mgr de Laval, M. de Bernières, son grand-vicaire, présida à ses fu-
nérailles. Avant de déposer les restes de la sainte religieuse dans leur dernière demeure, il permit à un artiste envoyé spécialement par le gouverneur de Courcelles de peindre le portrait de la défunte. Le nom de cet artiste n'a pas été conservé.
Le Père Jésuite Pierre Laure, qui arriva dans la Nouvelle-France en 1711, avait beaucoup de goût pour la peinture. Aussi cultiva-t-il cet art pendant son séjour ici. Le Père du Parc, ministre à Québec, écrivait au Père Général à Rome que le Père Laure consacrait beaucoup de temps à la peinture : Magister Laure, qui theologiæ dat hic operam, picturæ multum tribuit temporis ”. Aucune peinture du Père Laure n’a été conservée. |
Mais les Pères Pierron, Rasle et Laure, aussi bien que le diacre François-Luc Lefrançois et Labbé Pommier, étaient nés en France. Le premier Canadien de naissance qui s’appliqua à la peinture fut Pierre LeBer, de Montréal, frère de la sainte recluse Jeanne LeBer. En 1688 ou en 1689, les exemples de son héroïque sœur portèrent Pierre LeBer à se dévouer de concert avec Frrnçois Charon, au service des pauvres abandonnés de Ville-Marie. Sans se lier per aucun vœu de religion, LeBer vécut d’une ma-
RE ee
5 RSR Rae ne — me
nière très édifiante dans la maison ou l’hospice fondé par Charon.
“Il y demeura en qualité de pensionnaire Consacrant une grande partie de son temps à des Ouvrages de goût, en particulier à la peinture. S'il n’a pas eu la gloire d'y exceller, il eut du moins le mérite d’être le premier Canadien qui ait cultivé les arts. Ses préférences pour les sujets religieux lui permirent d'orner plusieurs églises de ses tableaux. Enfin, c’est à son pinceau que les Sœurs de la Congrégation Notre- Dame doivent le portrait de la vénérable Mère Bourgeoys. Sans doute des artistes plus habiles ont perfectionné son œuvre, mais sans lui, les traits authentiques de cette femme hëroĩquꝰ nous seraient inconnus.” :
Après Pierre LeBer on signale comme s’étant appliqué à la peinture l'abbé Jean-Antoine Aide-Créquy, né à Québec le 6 avril 1749. La cathédrale de Québec contenait plusieurs de ses peintures. Le tableau de la chapelle de 1a Sainte-Famille, brûlé en 1867, était son œuvre. L'Annonciation du maître-autel de l'église de l’Islet est aussi de lui. .
Voilà ce que nous avons pu glaner sur la peinture sous le régime français au Canada.
Vie de Mlle Le Ber, p. 330.
C'est peu. Mais la peinture, ne l’oublions pas,
est un art de paix. Nos ancêtres cultivaient.
plutôt par nécessité, et un peu par goût, l’art de
la guerre.
Les postes dans la Nouvelle-France
M. Garneau écrit: L'année 1721 vit naître une institution importante, les postes et messa- £eries pour le transport des lettres et des voyageurs. L’intendant Bégon accorda à M. Lanouillier le privilège de tenir les postes pendant vingt années entre Québec et Montréal ; il lui imposa en même temps un tarif gradué sur les distances. Le pays n avait pas encore eu d' institutions postales, il n'a pas cessé d'en jouir
depuis.“ 1
De son côté, Mgr Tanguay dit: En 1721.
Pierre-Thomas de la N ouguère (de la Naudière) obtint de l’intendant Bégon, le privilège de tenir les postes-pendant vingt ans entre Québec et Montréal, avec un tarif des charges gradué sur
Histoire du Canada, tome II, p. 158.
les distances. C'est la première institution
postale établie en Canada.
Lequel de ces deux personnages, M. Lanoullier ou M. de Lanaudière, obtint le privilège d'établir le système des postes au Canada ?
Nicolas Lanoullier, avocat au Parlement de Paris, arriva à Québec en 1714. Il était envoyé ici comme agent-général de la Compagnie du castor qui devait être remplacée quelques années plus tard par la Compagnie des Indes.
En 1720, M. Lanoullier succédait à M. Petit comme commis des trésoriers-généraux de la marine en la Nouvelle-France.
En 1711, aucun système de poste et de messgeries n'existait encore au Canada. Les lettres envoyées de Québec à Trois-Rivières et de cet endroit à Montréal, et celles qui venaient à Québec de ces deux villes, étaient transportées par des canots, soit par occasion ou par exprès, ce qui occasionnait des dépenses considérables et empêchait le commerce de la colonie de prospérer.
M. Lanoullier proposa au gouverneur de Vaudreuil et à l’intendant Bégon d'établir à Montréal, Québec et Trois-Rivières des bureaux de postes, des messageries et un service
A travers les registres, p. 114.
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de voitures publiques. II s'offrait de faire construire des bacs, sur toutes les rivières qui sont entre Québec et Montréal, d’une grandeur suffisante pour passer des bestiaux, chevaux, charrettes et autres voitures.
MM. de Vaudreuil et Bégon, heureux de pouvoir doter à si bon marché la colonie de l’importante et utile institution des postes et messageries, se hâtèrent d’accorder le privilège demandé. Le 27 janvier 1721, ils rendaient l’ordonnance suivante :
Nous, sous le bon plaisir de Sa Majesté, avons accordé et accordons au dit sieur Lanoullier le privilège exclusif, pendant vingt années, pour tenir les postes pour lettres et courrier ; tenir pareillement les messageries et autres voitures publiques pour aller par terre de Québec à Montréal, passant par les Trois-Rivières, et revenir de Montréal à Québec, dont
il sera payé suivant les taxes qui en seront par nous faites : à
Lui permettons d'établir des bacs dans tous les lieux où ils seront nécessaires sur le dit chemin de Québec à Montréal, et d’en faire percevoir le droit de péage suivant le tarif qui en Sera par nous réglé ;
‘Faisons défenses à toutes personnes d’entreprendre les postes ni autres voitures publi-
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ques pendant le cours du dit privilège, à peine de confiscation des chevaux et voitures, et de cinq cents livres d'amende applicable au sup: pliant, qui sera tenu d'obtenir de Sa Majesté la confirmation du dit privilège l’année prochaine, faute de quoi il en sera déchu.”
Comme M. Lanoullier n'obtint pas de Sa Majesté la confirmation du privilège exclusif dé tenir les postes et courriers, que lui avaient accordé MM. de Vaudreuil et Bégon le 27 janvier 1721, nous avons le droit de conclure que son projet ne fut pas mis à exécution.
D'ailleurs, M. Lanoullier était, comme on dit aujourd’hui, un grand parleur mais un petit faiseur.
A la fin de la même année 1721, il demandait la permission de construire des moulins et des bateaux sur le Saint-Laurent, en face de Québec: Le 27 janvier 1722, le Roi lui accordait le privilège demandé pour dix ans, à compter du : jour de l'enregistrement du dit brevet. Il attendit plus de vingt ans pour demander au Conseil Supérieur d'enregistrer son brevet. Le Conseil refusa de l’enregistrer avant que M. Lanoullier obtint de Sa Majesté des lettres de surannation.
Il est vrai que la déconfiture de M. Lanoullier comme commis des trésoriers-généraux de la
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marine lui enleva à peu près tous ses moyens, mais cette déconfiture n’arriva qu'en 1730 et il avait obtenu ses privilèges exclusifs l’un en 1721 et l’autre en 1722.
En conclusion, nous croyons que les postes et messageries en la Nouvelle-France furent établies plusieurs années après 1721.
Deux domestiques de Mgr de Saint-Vallier
Mgr de Saint-Vallier, s’il faut en croire la tradition populaire, était d'un caractère assez difficile. Il n'est pas impossible que les très justes luttes que le deuxième évêque de Québec eut à soutenir contre les Pouvoirs civils aient Contribué, avec le temps, à lui acquérir cette réputation. i traditions même les plus respectables.
li est une chose certaine : c'est que Mgr de
Saint-Vallier se faisait aimer · de tous ceux qui vivaient dans son intimité. Les difficiles,
pour leur entourage.
d'ordinaire, ne sont guère aimables
L'excellent ouvrage Mgr de Saint-Vallier l'Hôpital-Général de Québec nous parle d’un d mestique de Mgr de Saint-Vallier, Rolland Te sier, qui, lorsqu'il perdit son maître, pens- 10 rir de douleur. Tessier, qui s'était reuré l'Hôpital-Général fondé par Mgr de Sain Vallier, à partir de la mort du prélat jusqu’à fin de sa vie, ne passa pas un seul jour sa:
aller prier sur son tombeau et sans donner à : mémoire des marques d’une particulière ven ration.
Tessier avait suivi Mgr de Saint-Vallier dat toutes ses courses. II partages les fatigues d saint évêque pendant la plus grande partie d son épiscopat. Témoin de ses actes de vert et de ses mortifications, il adopte pclit peti son genre de vie si austère. Comme son maîtr il jeûnait rigoureusement deux fois la semaine Comme lui, il faisait usage de durs instruments Comme Mgr de Saint-Vallier, encore, il se refu sait toui pour donner plus aux pauvres. . Ce excellent homme mourut à l’Hôpital-Généra de Québec, le ler février 1738. Il ava't réuss à économiser 6,000 livres qu'il légua à l'Hôpital Général. Les dames de cette communautl avaient offert à l’humble domestique de lin humer dans leur église, aux pieds de celui qu'il avait servi si fidèlement. Par humilité, il ne
voulut pas accepter cette distinction et il les pria de déposer son corps dans le cimetière, avec les pauvres.
Nous conhaissons un autre domestique de Mgr de Saint-Vallier : Jean-Baptiste Guilli.
min. Celui-ci survécut Plus de soixante ans à son ancien maître.
Mer Tanguay, dans son Dictionnaire généalogique (vol. IV, p. 420), dit que Guillimin était le fils de Charles Guillimin, conseiller au Conseil Supérieur, et de Françoise Le Maître-Lamorille. Mgr Tanguay nc note Pas cependant, et pour cause, la date et le lieu de naissance de Jean-Baptiste Guillimin. \
Notre généalogiste a trop supposé ici. Jean.
Baptiste Guillimin était peut-être apparenté à Charles Guillimin, mais il n’était certainemer.t pas son fils. à
Mgr de Saint-Vallier avait retenu Guillimin comme son domestique, au cours d'un de ses voyages en France.
Lui aussi, sur ses vieux jours, se retira à l'Hôpital-Général de Québec. Les bonnes religieuses de cet Hôpital qui devaient tant à Mgr de Saint-Vallier, entourèrent la vieillesse de son ancien domestique des soins les plus attentifs. Guillimin décéda dans cette institution le 8 juillet 1786, à l’âge patriarcal de 86 ans.
L'acte de sépulture de Jean-Baptiste Guillimin au registre de l’Hôpital-Général, nous dit d’où il était originaire.
“L'an mil sept cent quatre vingt-six, le neuvième jour du mois de juillet, par nous pretre chapelain de l’Hôpital-Général, soussigné, a été inhumé dans le cimetière de cet hôpital le corps de Jean-Baptiste Guillimin, natif de la Paroisse de Quevignac, au diocèse de Vannes, en la basse Bretagne, époux de Marie-Françoi- : se Dorion, ancien domestique de monseigneur . ! St-Vallier, évêque de Québec, décédé d'hier au soir muni des sacrements de l’Église, et de tous les secours spirituels, âgé de quatre-vingt huit ans...
RAISENNE, ptre.”
Roland Tessier et Jean-Baptiste Guillimin étaient de très humbles personnages. Mais leurs relations avec Mgr de Saint-Vallier et la vie exemplaire que tous deux menèrent à l’Hôpital-Général, asile qu’ils avaient choisi pour Passer leurs dernières années, ne méritent-ils pas qu'on signale au moins leurs noms ?
La quarantaine sous le regime fra :gais
le — rene, Les règlements de la Quarantaine de la le Grosse-Ile sont aujourd’hui tellement stricts la qu'il est quasi impossible aux vaisseaux océa- 5, = niques qui remontent le Saint-Laurent d’aps porter au Canada les maladies contagieuses qui ur peuvent désoler l’Europe.
Lu Quelles étaient les précautions hygiéniques 1 qu'on prenait contre les vaisseaux arrivant it d'Europe sous le régime français ?
D'après les maigres renseignements qui nous
sont restés de cette époque lointaine les prén cautions prises pour garantir le pays des mala- 8 dies contagieuses étaient plutôt rudimentaires. a En 1720, Marseille subissait, pour la quin- 5 zième fois depuis quatre. siècle, le fléau de la r
peste. Trente mille personnes furent enlevées par le fléau. C'est cette épidémie qui a fait passer le nom de l’évêque Belzunce à la postérité. La peste ravagea, mais à un degré moindre, Toulon et tout le littoral de la Méditerrannée.
Plusieurs vaisseaux nous venaient chaque année de ces ports. Une ordonnance émise par le gouverneur de Vaudreuil et l’intendant Bé-
Communiquer avec aucun habitant de la colonie
gon le 20 octobre 1721 nous fait canattre le règlement établi alors Pour prémunir la Nou- : velle-France du fléau. f Les capitaines ou maîtres des navires, bateaux, brigantins partis des ports de la Mé.
diterrannée ou qui Y avaient touché devaient mouiller à la rade de la prairie de l’tle aux Coudres. Là, ceux qui avaient du canon ou des pierrriers devaient tirer trois coups à un quart d'heure de distance l'un de l'autre. Ceux qui n'avaient pas de canon ni pierriers d vaient tirer trois coups de fusil aussi à un quart d’heure de distance l’un de l’autre. On devait en même temps mettre le pavillon en berne. Le même signal devait être répété de deux heures en deux heures jusqu’à ce que ceux qui étaient chargés d’aller à bord des vaisseaux eussent connaissance de leur arr:vée. : 2 Pareillement, défense était faite d' envoyer des chaloupes à terre, de laisser débarquer au- 1 cun membre de l’équipage ou passap-r, et de
à peine contre le capitaine, pourraient être descendus à corporelle,
Stricte défense était faite de débarquer des
marchandises. Les préposés à la visite .des bâtiments avaient ordre de brûler immédiate:
maître et ceux qui terre de punition …
ment ces marchandises sur le lieu même où ils
les trouveraient sans formalité de justice ni
procédure.
Les habitants préposés à la première reconnaissance des bâtiments devaient s’en approcher à portée de la voix et poser les questions suivantes : 1° D’où vient le navire? En quels ports a-t-il touché en venant à cette colonie ? 3° La maladie contagieuse était-elle dans aucun de ces ports? 4° S’ils ont eu à bord des maladies pendant la traversée? 5° V a-t- il eu des morts? 6° Combien? 7° De quelle maladie ?
8° Y a-t-il actuellement des malades à bon 9 Combien ? 10° Quelle est leur maladie ?
Ces mêmes habitants devaient ensuite s’informer si on avait besoin de vivres et de rafrntchissements. Si on en réclamait, ces provisions devaient être déposées à un endroit isolé de la côte, marqué par un poteau. Le cap taine ou maître du naviré devait envoyer chercher vivres et rafraîchissements par une chaloupe de son bord, mais il devait attendre que ceux qui avaient porté les provisions à l’endroit marqué se fussent retirés.
Les bâtiments devaient rester ancrés à la rade de la prairie de l’tle aux Coudres aussi longtemps qu’ils n'auraient pas reçu la permission par écrit de Fintendant. Et ce dernier
ne donnait le permis Pour entrer dans le port de Québec, qu après la visite et le rapport du médecin ou chirurgien chargé de la visite du vaisseau. :
Enfin, sous les mêmes peines corporelles, défense était faite à tous les habitants de la colonie autres que ceux chargés de ce soin d’aller aux dits bâtiments porter des vivres et communiquer avec les équipages et Passagers sous quelque prétexte que ce fut.
La contagion disparut entièrement de Marseille au mois d’août 1722. Les communications entre la France et le Canada étaiertt alors si irrégulières que ce ne fût que le 19 juin 1724, soit près de deux ans après la disparition du fléau, que M. Bégon révoqua l'ordonnance du 20 octobre 1721 qui.établissait une Quarantaine
temporaire à la prairie de Ile aux Coudres.
Pendant les trois années qu'avait duré la Quarantaine un seul bâtiment était venu de Marseille dans le port de Québec. Le 22 juin 1723, M. Bégon ordonnait aux officiers de l’A mirauté de Québec de se transporter avec le sieur à Bertier, chirurgien, à bord du dit bâtiment afin de se faire représenter les certificats de santé, 4
etc. Le sieur Bertier devait en outre examiner : chaque malade afin de constater s’il ne souffrait -! pas de la maladie contagieuse. :
Es +
Comme on le voit, la Quarantaine, de nos
jours, ne ressemble guère à la Quarantaine établie en 1721. : 5
Notre première loi des licences
À quand remonte la première loi des licences, où si l'on aime mieux, la première ordonnance réglémentant le commerce des boissons en détail sous le régime français? :
Nous devons aux intendants Talon, deMeu:
les, Champigny, Raudot et Bégon différentes ordonnances au sujet des cabarets, des auberges et des hôtelleries, mais le mérite de notre prec mière loi des licences revient à l’intendant Dupuy. D'un caractère difficile, Dupuy était cependant un avocat d’une grande expérience et quelques-unes de ses ordonnances comptent parmi les meilleures émises sous le régime fran- Çais. ;
L'intendant Dupuy codifis ce que les ordonnances de ses prédécesseurs avaient de bon, il Y aſouta ce que son expérience lui suggérait et il fit du tout l’ordonnance du 22 novembre 1726
— sé —
qui resta à peu près intégralement la loi des li cences de la Nouvelle-France j usqu'au régime anglais. | Ceux qui ont quelque peu étudié notre loi des licences actuelle constateront que l ordonnance de Dupuy avait du bon Puisque nos législateurs ont jugé à propos d’en emprunter les principaux articles. 8
L'ordonnance de Dupuy portait les prescriptions suivantes :
Nul habitant ou bourgeois des villes de Québes, Montréal et des Trois-Rivières ne pouvait à l’avenir établir aucun cabaret et lieu propre à boire cidre, bière, vin ou eau de vie sans une expresse permission signée de l’intendant. :
Tous ceux qui dans le moment tenaient cas, baret tant à Québec, qu’à Montréal et aux Trois Rivières recevaient ordre de rapporter à l'in.
de l'ordonnance pour ceux de Québec, dans deux mois pour ceux de Montréal et dans mois pour ceux de Trois-Rivières.
Ceux qui donnaient à boire et vendaient des boissons en détail à Québec, Montréal et Trois- Rivières sans permission par écrit devaient f
mer leur cabaret dans la huitaine après la pu-
blication de l’ordonnance, sous peine de co
i des l. cation de toutes leurs boissons au profit des régime hôpitaux. .
A l'avenir ceux qui tiendraient cabaret et loi des vendraient vin eau-de-vie et autres boissons à nnance petites mesures étaient tenus de pendre à leur lateun porte une enseigne ou tableau avec bouchons de cipaux * verdure, sans tableau à leur choix faits de pin
| ou d'épinette ou autres branchages de durée escrip- ! qui conserve sa verdure en hiver. Ceux qui tiendraient auberges ou hôtelleries étaient tenus e Qué- d'avoir à leur porte une enseigne ou tableau
ouvait seulement sans bouchon. = Les cabaretiers ou autres particuliers qui à l'avenir voudraicnt tenir auberge ou hôtellerie
et loger à la nuit ou en chambre garnie à Québec, Montréal et Trois-Rivières ne le pourraient faire sans avoir une expresse permission signée de l'intendant. N e Ceux qui à l'avenir tien draient auberges, chambres garnies et hotelleries tant à Québec qu'à Montréal et aux Trois-Rivières étaient tenus, tous les quinze jours, de donner aux lieutenants’généraux de ces trois juridictions un rôle des personnes qui logeraient chez eux, avec noms, surnoms et désignation d’état et de figure. Les aubergistes, traiteurs et hôteliers étaient tenus d’avoir une salle basse, une cour ou un jardin où ils donneraient à boire à ceux qui
viendraient ches eux faire des écots de vin ou autres boissons seulement. 3 Defense était faite aux cabaretiers, traiteum et aubergistes de donner à boire le soir passe l'heure de dix heures dans les salles basses, Cours ou jardins. Les buveurs ne devaient pas rester dans leur cabaret après dix heures 4 moins d’y loger sous peine de cent livres d’a- ? mende pour la première fois et de plus grande peine en cas de recidive. .
Defense était faite aux cabaretiers et traiteurs qui n'étaient point hôtcliers ou aubergistes : de donner à boire en aucune chambre à lit et où il y avait d’autres meubles que des tables et des bancs de bois à moins que ce ne fut dans la chambre du mattre.
Il était défendu aux cabaretiers de donner à jouer aux dés ou äux cartes dans aucune chambre de leur maison et cabaret comme aussi d'y : laisser fumer sous peine de dix livres d'amende par chaque joueur ou fumeur qui y serait trouvé, : et de souffrir aucun jurement et blasphème ni 4 que personne y en jure à peine de cinquante : livres d'amende. 5 3 Les cabaretiers, traiteurs, hôteliers ou auber- : gistes ne pouvaient donner à boire aur soldats ” que “ quelques peu d’eau de vin ou de vin au matin et aux deux repas seulement du matin et
du soir. Défense leur était faite de donner à boire à aucun laquais et valet domestique portant livrée ou sans livrée à quelque heure que ce fut de la journée sans un ordre ou permission par écrit de leur maître. Ils étaient tenus de garder et de représenter pour leur décharge ces permissions écrites sous peine de cinquante livres d'amende pour la première fois et d’avoir leur cabaret fermé en cas de récidive. Si les laquais et valets domestiques se travestissaient pour venir en leurs cabarets, ils étaient tenus d'en avertir leurs maîtres lorsqu'ils s’en apercevraient sous peine d’être interdits et d'avoir leur cabaret fermé.
Il était néanmoins permis aux .cabaretiers, traiteurs, hôteliers et aubergistes de donner à emporter tant aux soldats qu'aux laquais et valets domestiques la mesure seulement d’une quarte pour la bière, d'une pinte pour le vin et d'une chopine pour l’eau de vie. Sur permission ou commission par écrit de leur mattre, ils pouvaient en emporter plus forte quantité, mais le cabaretier ou l’hôtelier devait retenir pour sa décharge la permission ‘écrite afin de la représenter “ toutes fois et quantes il en serait requis ”.
Stricte défense était faite aux cabaretiers, traiteurs, hôteliers et aubergistes de recevoir
d'aucun fils de famille, valet domestique ou soldat, en paiement de vin ou autres boissons, aucunes F irdes, bouteilles de verres de fayance ou de grès, plats, assiettes, cuillers, fourchettes et autres ustensiles d'hôtel sous peine d’être réputés réceleurs et d’être punis comme tels. Les fetes et dimanches, les cabaretiers, trai. teurs, hôteliers et aubergistes devaient fermer : leurs cabarets et refuser de donner à boire pendant le service divin, c’est-à-dire depuis, le matin, neuf heures sonnées jusqu’à quatre heures sonnantes, sous peine d’amende arbi. : traire pour la première fois et d’avoir leurs cabarets fermés pour la seconde.
Les marchands et négociants de Québec, Montréal et Trois-Rivières recevaient stricte | défense de donner à boire pour de l'argent ou autres marchandises sous quelque prétexte que : ce fut, d’avoir bancs et tables à cet effet ni de donner à boire sur le comptoir de quelque bois son et de quelque mesure que ce fut. Ils devaient débiter leur vin et leur eau- de vie et autres boissons en gros c’est-à-dire par moins d'une demi-barrique pour le vin et d’une ancre pour l’eau-de-vie, à peine de deux cents livres d'amende dont moitié allait au dénonciateur. 1 On aimera peut-être à connaître le permis, !
ou ce qu'on appelerait aujourd’hui la licence, :