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mine, du nom d’un certain Gaumin, le premier qui se maria de cette façon. Les prétendus conjoints se rendaient à l’église pendant la messe du curé de la paroisse, accompagnés de deux témoins, et là se prenaient pour mari et femme sans autre cérémonie.
La législation civile employa tous les moyens en son pouvoir pour prévenir ces mariages iilicites. Elle édicta même des peines sévères contre les contractants et leurs complices.
Cette coutume détestable gagna la Nouvel.
le-France dès les premières années du dix-hui- : tième siècle. Elle devint même en vogue, puisque, le 24 mai 1717, Mgr de Saint-Vallier était obligé de lancer un mandement pour la condamner et frapper d’excommunication ceux qui oseraient contracter de tels mariages.
L'eyeque de Québec disait :
“ Étant obligé par le devoir de notre charge de veiller sans cesse sur le troupeau que le Souverain Pasteur des âmes nous à confié, nous nous trouvons aujourd’hui obligé d' employer les remèdes les plus forts, pour guérir un mal qui n’a déjà causé que trop de désordres dans ce diocèse. Jusqu'ici, Nos Très Chèrs Frères, Ton avait respecté la sainteté du sacrement de mariage, dans ce pays ; et même les plus libertins étaient entrés en eux-mêmes, pour le con:
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tracter saintement, et dans les vues que doivent avoir de bons chrétiens ; mais nous avons appris depuis peu, avec une extrême douleur, par
la sentence qui a été déjà rendue par notre offcial, le dixième du présent mois et an, et par les plaintes de nos missionnaires et curés, que plusieurs jeunes gens, au mépris des lois civiles et ecclésiastiques, contre le respect dû à l’Église et
à leurs propres parents, avaient trouvé, par l'instigation du démon, une manière détestable
de contracter des mariages, qu’ils appellent
à la gaumine, en se présentant devant leur curé, ou autre prêtre, pour le prendre à témoin du prétendu mariage qu'ils veulent contracter, sans les cérémonies de l’Église et souvent malgré leurs parents, et à leur insu : qu’il s’était trouvé
des personnes assez impies pour conseiller de tels mariages et assez téméraires pour s'offrir d'être témoins de cette profanation, et qu'enfin
ce désordre va si loin qu’on ne se fait pas scrupule de violer les lois les plus saintes, pour contenter sa passion, puisqu'on qualifie ces scandales de mariages à la mode. Quand les pécheurs sont inflexibles aux remontrances de leurs pasteurs, et que le crime, au lieu de diminuer, passe en coutume, c’est alors que, au lien
de remèdes doux que l'Église a coutume dem- 2 ployer, pour les rappeler à leurs devoirs, elle ge
voit obligée de se servir des armes que Dieu lui a mises en main, pour arrêter le cours des désor- 4 dres et retrancher de son corps les membres pourris, de peur qu'ils n'infectent les autres. Si eéclesiam non audierit, sit tibi sicut ethnicus et publicanus. 4 A ces causes, ayant égard à la requête de notre promoteur, et aux autres remontre ces qui nous ont été faites, nous déclarons excom- ‘ muniés, d’une excommunication encourue par le seul fait, et dont nous nous réservons à nou . seul le pouvoir d’absoudre, tous ceux qui dans Ja suite oseront contracter de si détestables mariages, soit devant leur curé, soit devant d’au
prêtres, soit séculiers, soit réguliers ; ceux a qui seront assez méchants pour le consei tous les témoins apostés pour les dits mariage: et les notaires qui en dresseraient l'acte, sauf
notre official, dans les cas particuliers qui seron portés devant lui, d'imposer encore d’au peines particulières pour punir les prévari
teurs. 5 La menace d'en communication de Mgr Saint-Vallier arrêta presque net les mariages la gsumine. Après 1717 on n'en voit que « 71 Tétu et Gagnon, Mandements des évêques de Québ vol. ler, p. 498. -
Le mariage à la gaumine qui fit sans contredit le plus de bruit dans le pays fut celui de Louis de Montéléon, officier dans les troupes du détachement de la marine, avec Mlle de l’Estringant de Saint-Martin. Les jeunes étourdis se marièrent ainsi dans l'église de Beauport, le 7 janvier 1711. Ce mariage fut réhabilité le 16 février suivant. A cause de la haute situation des deux familles concernées, cette équipée.
occupa la chronique scandaleuse pendant per sieurs semaines, ;
Les registres de nos > paroisses nous ‘ont conservé les noms de quelques-uns de ceux qui se marièrent à la ganminé après le mandement do Mgr de Saint-Vallier. 8
Le 28 février 1724. on célébrait à Bade ville le mariage de Jean Desnoyers et de Marie - Thérèse Ménard, lesquels s'étaient mariés à la gaumine, quelques années auparavant, pendant que leur missionnaire, M. de Francheville, cé. lébrait la messe.
En 1727, pendant que e M. Gervais Letcbvre, ‘ curé de Batiscan, célébrait une messe basse, Daniel Portail, fils de Daniel Portail, maire perpétuel de la ville de Saint · Fiorent · le · Viel, dio-èse d' Angers, contract at mariage à. ge mine avec Marie-Anne-Antoinetis 3