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LES DEUX PERES D'OLBEAU

Il y a eu deux Pères d'Olbeau dans la Nouvelle-France, l'un Récollet et l'autre Jésuite. On a étrangement mêlé la carrière de ces deux religieux. C'est le Père de La Rochemonteix,

(1) Edita et Ordonnances, vol. II, p. 273.

(2) Sur les chevaux au Canada, voir une très intéressante étude de M. Ernest Gagnon dans scn ouvrage Le fort et le château Saint-Louis.

dans son bel ouvrage Les Jésuites et la Nouvelle-France au XVI le siècle, qui a remis ces deux figures en lumière.

Le Père Jean d'Olbeau, ( 1 ) récollet, arriva à Québec en 1615, en même temps que les Pères Jamay, Le Caron et le Frère Pacifique Du Plessis.

C'est le Père d'Olbeau qui, le 25 juin 1615, célébra, à Québec, la première messe depuis les voyages de Jacques Cartier. " Ce fut, dit l'abbé Ferland, un beau jour pour Champlain et pour ses colons réunis autour de lui, que celui où, dans la petite et pauvre chapelle de Québec, ils assistèrent pour la première fois au sacrifice de la messe sur les bords du grand fleuve Saint- Laurent, inaugurant ainsi la Foi catholique dans le Canada." (2)

La même année, le Père d'Olbeau bâtit une cabane à Tadoussac, où il offrit le saint sacrifice. Dans l'hiver, il visita les Montagnais, les Betsiamits, les Papinachois et les Esquimaux.

En 1617, le Père d'Olbeau passa en France ivec Champlain. Son but était de solliciter des secours en faveur des missions de la Nouvelle- France.

De retour l'année suivante, il n'avait pas apporté à la colonie de grandes richesses matérielles mais il lui donna, de la part du Souverain

(1) Champlain écrit Dolbeau, Sagard Dolbeau, et le Père Le Clercq, d'Olbeau.

(2) Cours d'histoire du Canada, vol. I, p. 170.

Pontife, une grâce insigne. Il apportait un jubilé obtenu du Saint-Père. Il en fit l'ouverture solennelle dans la petite chapelle de Québec, le 29 juillet 1618.

Le 3 juin 1620, le Père d'Olbeau posait la première pierre du couvent des Récollets, à l'endroit où est aujourd'hui T Hôpital-Général de Québec.

Renvoyé en France par les Anglais, en 1629, le Père d'Olbeau ne revint jamais dans la Nouvelle-France.

Le Père d'Olbeau avait eu une carrière privilégiée dans notre pays et il dut le quitter avec bien des regrets.

Le Père Jean d'Olbeau, Jésuite, né à Langres, en 1608, l'année même de la fondation de Québec, arriva dans la Nouvelle-France en

Envoyé à Miscou, il y exerça pendant trois années un dur apostolat.

En septembre 1643, les slipérieurs du Père d'Olbeau, se rendant compte qu'il était épuisé et avait besoin de repos, lui permirent de passer en France.

La Relation des Jésuites de 1643, faisant la revue des missionnaires morts depuis un an, s'exprime ainsi :

" Trois braves ouvriers sont morts quasi à même année. Le Père Charles Raimbaut, qui avait un cœur plus grand que tout son corps, quoiqu'il fut d'une riche taille ; il méditait le che-

min de la Chine au travers de notre barbarie, et Dieu l'a mis dans le chemin du Ciel, le Père Jean Dolbeau, que la paralysie avait attaqué dans ses travaux, le navire qui le reportait en France, ayant été pris par trois frégates ennemies : comme les vainqueurs le pillaient, on laissa tomber du feu dedans les poudres, qui iirent voler dans la mer nos amis et nos ennemis. Le pauvre Père fut noyé dans la mer ; bien heureux d'avoir donné sa vie dans un si généreux emploi et d'avoir passé par le feu et par l'eau, pour entrer dans un repos et dans un rafraîchissement éternel : il menait une vie sainte dans les grandes forêts et maintenant il jouit de la gloire des saints dans ces demeures éternelles." (1)

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