LA NOBLESSE DES COULON DE VILLIERS
M. Aubert de Gaspé et après lui M. l'abbé H.-R. Casgrain ont écrit que les Coulon de Villiers étaient de la même famille ou tout au moins alliés du grand maître de l'ordre de Malte, Villiers de l'Ile-Adam. On sait que l'aïeule maternelle de l'auteur des Anciens Canadiens et des Mémoires était une Coulon de Villiers. C'est peut-être de sa vénérable aïeule
(1) Ordonnances des Intendants, cahier 36.
qu'il tenait ce renseignement. Tout de même, après avoir consulté maints nobiliaires, nous sommes porté à croire qu'il n'y avait aucune relation de parenté entre les Villiers de l'Ile- Adam et les Coulon de Villiers.
Il est certain, toutefois, que les Coulon de Villiers appartenaient à la noblesse.
Mgr Tanguay, dans son Dictionnaire généalogique, ne donne pas Tendroit d'origine en France de Nicolas-Antoine Coulon de Villiers, le premier de cette famille qui passa dans la Nouvelle-France. C'est le 26 avril 1700 que M. Coulon de Villiers reçut du Roi une expectative d'enseigne pour les troupes du Canada. 11 dût arriver à Québec des l'été de 1700 car, le 16 octobre de cette année, le gouverneur de Callières informait le ministre que, suivant les lettres du Roi, il avait reçu enseigne le sieur de Villiers.
Un catalogue des officiers du Canada pour 1701, cité par Mgr Amédée Gosselin dans ses Notes sur la famille Coulon de Villiers, dit ** M. Coulon de Villiers originaire de Nantes et âgé de dix-neuf ans. " Il y a là une erreur ou une faute de copiste: M. Coulon de Villiers était né non à Nantes mais à Mantes, petite ville située sur la rive gauche de la Seine, à 42 kilomètres de Versailles. Nicolas- Antoine Coulon de Villiers fut baptisé dans l'église de Saint-Etienne de Mantes le 20 mars 1^3. II
n'avait donc pas encore dix-huit ans accomplis lors de son arrivée ici.
Dès 1594, il est question de Nicolas Cou- Ion, sieur de Chahag-ny et de Méhéron, comme prévôt royal à Mantes (i). D'après les registres de la Chambre des Comptes de Paris ce Nicolas Coulon fut anobli dès 1590.
La filiation de nos Coulon de Villiers s'établit parfaitement et sans doute possible à partir des premières années du dix-septième siècle.
Le 6 septembre 1609, Fieffé et Tolleron, notaires au Châtelet de Paris, reçoivent le contrat de mariage de noble homme maître Nicolas Coulon, avocat en Parlement, fils de noble homme et sage maître Nicolas Coulon, seigneur de Chahagny et de Boutainville, conseiller du Roi, prévôt, juge ordinaire civil et criminel de la ville de Mantes, avec demoiselle Marie Leber, fille de noble homme Simon Leber, sieur de Malassis, et de demoiselle Rachelle Midor-
Du mariage de Nicolas Coulon et de Marie Leber naquit un fils, Guillaume, qui fut baptisé en la paroisse Sainte-Croix érigée en l'église royale et collégiale de Notre-Dame de Mantes, le 30 octobre 161 6. Ce Guillaume Coulon épousa, à son tour, le 21 mai 1650, demoiselle Elisabeth Le Couturier, fille de Philippe
(1) E. Grave, Supplément au noMliaire et armoriai du comté de Montfort VAmaury, p. 59.
Le Couturier, conseiller secrétaire du Roi, maison et couronne de France et de ses finances, et de Anne Laubois. Le contrat de mariage reçu devant Besançon, notaire au bailliage de Mantes, qualifie Guillaume Coulon '' écuyer, sieur de Chanteraine, conseiller du Roi, son procureur au bailliage et siège présidial de Mantes. '' C'est ce même Guillaume Coulon, sieur de Villiers et de Chanterenne, président au présidial de Mantes, qui, le 8 juin 1669, obtint un arrêt du Conseil d'Etat qui le maintenait dans sa noblesse.
De ce dernier mariage, entr'autres enfants, il y eut Raoul-Guillaume Coulon qui épousa à l'église paroissiale de Beaumont-sur- Oise, le 4 juillet 1677, demoiselle Louise de La Fosse, fille de noble homme Antoine de La Fosse, seigneur de Valpcndant, et de demoiselle Louise Le Grand. L'acte de mariage signé par M. Vignon, curé de Beaumont, dit de Raoul- Guillaume Coulon qu'il était sieur de Villiers.
C'est de ce dernier mariage que naquit notre Nicolas-Antoine Coulon de Villiers baptisé à l'église royale et paroissiale de Saint- Etienne de Mantes-la-Ville, diocèse de Chartres, le 20 mars 1683 (i).
Dans un document du 17 février 1762, Louis-Pierre d'Hozier, juge d'armes de la no-
(1) Nicolas-Antoine Coulon de Villiers était orphelin de père et de mère lorsqu'il passa dans la Nouvelle* France.
blesse de France, décrit ainsi les armes des Coulon de Villiers: ''d'azur, à une fasce d'or chargée de trois lestres de sable, bandées d'argent. "