‹ Les petites choses de notre histoire (volume 3)Chapitre 43 sur 49 · UN SECRETAIRE DE MONTCALM · texte numérisé non relu

UN SECRETAIRE DE MONTCALM

Le i8 avril 1757, le sieur François Estève, fils d'Henri Estève et de Gabrielle Dazemar, de Notre-Dame des Tables, diocèse de Montpelh'er, épousait, à Montréal, Elisabeth Bissonnet,

(1) René de KeraUain, La Jenucnse de Bougainville et ta guerre de êcpt arut, p. 46.

fille de René Bissonnet, voyageur, et d'Elisabeth Lemire.

Il est bien probable que le nom de Estève serait resté dans l'ombre si son acte de mariage ne nous disait qu'il était le secrétaire du marquis de Montcalm.

En effet, M. de Montcalm, qui le connaissait puisqu'ils étaient presque voisins en France, l'avait amené ici pour lui servir de secrétaire. Estève fit la traversée dans le même navire qui nous amena Montcalm.

Deux jours avant le mariage de son secrétaire, le i6 avril 1757, Montcalm écrivait à sa mère :

'' Estève, mon secrétaire, se marie. Beau caractère. Bon autographe, écrivant vite. Je lui procure un emploi et le moyen de faire fortune s'il veut. Il fait un meilleur mariage qu'il ne lui appartient ; malgré cela je crains qu'il ne le fasse pas comme un autre; fat, frivole, joueur, glorieux, petit-maître, dépensier."

Quel emploi Montcalm procura-t-il à son secrétaire ? Nous l'ignorons. Il est bien probable qu'il le fit entrer dans l'administration.

Le II juillet 1757, il écrivait au ministre de Moras au sujet de Estève :

" Je n'ai demandé à Monsieur le garde des sceaux que deux grâces, des appointements pour mon troisième aide de camp qui n'en a aucuns. Il sera plus honnête pour lui et pour moi

d*en recevoir du Roi ; un brevet d'écrivain de la marine pour le sieur Estève, Jeune homme de famille qui a de Tintelligence et neveu de celui qui était avocat du clergé; si vous avez eu la bonté de m'accorder ces deux grâces, au travail que vous aurez fait pour la colonie, je vous en fais d'avance mes remerciements; si vous avez cru devoir les différer. Je vous en renouvellerai encore, Monseigneur, la demande à la fin de la campagne et plus en détail ".

Nous perdons toute trace du sieur Estève après 1763.

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