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LE CAS DE ROBERT HACHE

Les Français devaient user de beaucoup de ménagements pour garder l'amitié des Sauvages. Ceux-ci ne comprenaient pas la justice à notre manière et avaient, évidemment, beaucoup d'objections à se soumettre aux lois criminelles françaises.

En 1664, un Sauvage du nom de Robert Hache ayant commis un attentat criminel sur la personne de Marthe Hubert, femme du nommé Lafontaine, habitant de l'île d'Orléans, fut constitué prisonnier. Il réussit à s'évader de la prison de Québec après quelques jours de captivité.

Il s'agissait de faire comprendre aux Sauvages qu'ils étaient passibles des mêmes peines que les Français pour les offenses criminelles.

Le Conseil Souverain décida de convoquer devant lui les différents chefs sauvages

(1) Cet acte a été publié dans le Rapport de Varchiviste de la province de Québec pour 1921-1922, p. 99.

qui se trouvaient à Québec. Le 21 avril 1664, Noël TekSerimat, chef des Algonquins de Québec, Kaetmagnechis, chef des Sauvages de Tadoussac, Mangouche, chef des Sauvages Nepissiriniens, GahykSau, chef des Sauvages Iro-

quets, NauchSapeSith, chef des ,

et Jean-Baptiste Pipouikih, capitaine abnaquois, se rendirent au château Saint-Louis, où siégeait le Conseil Souverain.

Le gouverneur de Mézy, Mgr de Laval et MM. de Villeray, Damours, Juchereau de la Ferté et Le Gardeur de Tilly étaient présents. Le Père Druillettes et Nicolas Marsollet servirent d'interprètes.

Marsollet exposa aux chefs sauvages que Robert Hache, pour le crime dont il s'était rendu coupable, avait mérité d'être pendu et étranglé.

Alors Noël TekSerimat, chef des Algonquins de Québec, parlant au nom des autres chefs, répondit que les différentes nations sauvages s'étaient toujours maintenues dans l'amitié des Français, qu'il était vrai que leurs jeunes gens ne s'étaient pas toujours bien comportés mais que la jeunesse française leur avait, dans bien des rencontres, donné le mauvais exemple. Il ajouta qu'on leur avait toujours donné à entendre que le meurtre devait être puni de mort, mais qu'on ne leur avait pas expliqué que le viol entraînait la même punition. D'après lui et ses amis, pour cette raison.

on ne devait pas être trop sévère pour Robert Hache, qui prétendait même être innocent du crime dont on l'accusait.

Après une longue discussion, il fut décidé que pour cette fois le Conseil Souverain pardonnerait à Robert Hache. Seulement on réservait à la femme Lafontaine les intérêts civils qu'elle pourrait réclamer du dit Sauvage.

Et pour empêcher à l'avenir de tels désordres, le Conseil Souverain, du consentement unanime de tous les chefs sauvages présents, ordonna que les Sauvages subiraient les peines portées par les lois et ordonnances de France pour les crimes de meurtre et de rapt.

Les chefs sauvages demandèrent que la décision que venait de prendre le Conseil Souverain fut rédigé par écrit " afin qu'elle demeurât à leur postérité. "

Le Journal des Jésuites, à la date du ler février 1664, parle du crime commis par le sauvage Hache et insinue que les Français en étaient responsables jusqu'à un certain point puisqu'ils fournissaient de la boisson aux Sauvages malgré les strictes défenses qui îeur en avaient été faites.

Il ne faut pas confondre le sauvage Robert Hache avec le donné Robert Hache, à ,^ l'emploi des Jésuites, qui était un excellent su-

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