LE COQ DU CLOCHER DE NOS EGLISES DE CAMPAGNE
La plupart de nos églises de campagne ont un coq gaulois au sommet de leur clocher. Cette coutume de placer ainsi un coq sur les clochers a-t-elle pris naissance au pays ou nous vientelle de France ? Pourquoi met-on un coq au faîte du clocher de l'église paroissiale ?
Il y avait déjà plusieurs siècles qu'on perchait des coqs au sommet des clochers des églises lorsque Cartier révéla à la France l'existence de notre beau pays. Cette coutume n'a donc pas pris naissance ici. La France, de qui nous la tenons, l'avait elle-même empruntée d'un autre pays car dès le dixième siècle on cite des exemples de coqs placés au sommet des clochers.
Sans doute, en France et en Canada, ce sont des coqs gaulois qui ornent les cloches mais mais il ne faut pas oublier qu'on voit de ces coqs girouettes sur les vieilles églises catholiques de
la Belgique, de la Hollande, de l'Allemagne, de la Suisse, de l'Espagne, etc
Le coq placé au faîte du clocher de l'église est l'emblème du prédicateur. Car le coq, toujours vigilant, même au milieu de la nuit, prédit l'approche du jour, s'excite d'abord lui-même à chanter en battant des ailes.
"Il y a un sens mystérieux dans toutes ces particularités, fait remarquer le savant abbé Bourassé.
'Xa nuit c'est le monde; ceux qui dorment sont les enfants de ce monde qui s'assoupissent dans leurs péchés. Le coq, c'est le prédicateur qui prêche avec hardiesse et excite les endormis à se défaire des œuvres de ténèbres en s'écriant : Malheur à ceux qui dorment ! Réveillez-vous, vous qui dormez ! Ils annoncent encore l'approche du jour, lorsqu'ils parlent du jour du jugement et de la gloire qui sera révélée.
" Semblables à des messagers prudents, ils commencent par s'arracher eux-mêmes au sommeil du péché par la mortification de leur corps, avant d'avertir et de réveiller les autres. Aussi, l'apôtre dit : " Je châtie mon corps, et le réduis en servitudes." De même que la girouette fait face au vent, ces prédications vont courageusement à la rencontre des âmes rebelles, armés de menaces et d'arguments, de peur qu'on ne leur reproche d'avoir abandonné les brebis et de s'être enfuis lorsque le loup arrive. A
l'époque même où on n'élevait pas encore le clocher, le coq avait la même signification." (1)