UN FILS DU GOUVERNEUR DE VAU- DREUIL JESUITE
M. l'abbé Auguste Gosselin écrit quelque part dans son grand ouvrage L'Bglise du Canada depuis Monseigneur de Laval jusqu'à la Conquête qu'un des fils du premier gouverneur de Vaudreuil entra dans la Compagnie de Jésus.
Le Père de Rochemonteix, heureux de
trouver son vieil antagoniste en faute, dit (lu'après avoir compulsé tous les catalogues des jésuites pour les dix-septième et dix-huitième siècles, il n'y a trouvé ni le nom de Rigaud ni celui de Vaudreuil.
Aucun des fils du gouverneur de Vaudreuil n'a été Jésuite, mais il est possible que l'un d'eux soit entré au noviciat avec l'intention de devenir membre de la Compagnie de Jésus.
Il est certain qu'un jeune de Vaudreuil prit d'abord le parti de l'Bglise.
Le 6 juin 1708, le ministre de Pontchartrain priait le Père de La Chaise, confesseur de Louis XIV, qui avait une très grande influence sur son royal pénitent, d'accorder quelque grâce au fils de M. de Vaudreuil " qui était entré dans les ordres."
Le même jour, M. de Pontchartrain informait M. de Vaudreuil qu'il avait demandé au Père de La Chaise de protéger son fils " qui avait pris le parti de l'Eglise."
On sait qu'en 1708, la marquise de Vaudreuil avait été choisie comme sous-gouvernante des Enfants de France.
Le duc de Saint-Simon dit à ce sujet dans ses Mémoires :
" Madame de Saint-Simon fit donner la place de sous-gouvernante à madame de Vaudreuil qui était une femme d'un vrai mérite. Cela était fort au-dessous d'elle. Son mari était de bon lieu, et gouverneur général du Canada ;
mais elle avait peu de bien, beaucoup d'enfants à placer, puis à pousser " (1)
Dès son arrivée en France, la marquise de Vaudreuil s'occupa de pousser ses fils, pour nous servir de l'expression du duc de Saint- Simon.
Le 22 décembre 1710, le comte de Pontchartrain, à la demande de la marquise de Vaudreuil, priait le Père Le Tellier, qui avait remplacé le Père de La Chaise comme confesseur de Louis XIV, de proposer au roi d'accorder un bénéfice au fils de madame de Vaudreuil. " Il se destine à l'Eglise, disait-il, et ce bénéfice soulagerait son père qui est chargé d'une nombreuse famille."
Le même jour, le ministre poussait la condescendance jusqu'à faire transmettre à la marquise de Vaudreuil une copie de la lettre qu'il avait écrite au Père Le Tellier en faveur de son fils.
La marquise de Vaudreuil, on le comprend, ne fut pas lente à faire savoir à son mari les bonnes dispositions du ministre à leur égard.
Le 25 octobre 1711, le gouverneur de Vaudreuil remerciait, de Québec, le ministre dans les termes suivants :
" Je suis très sensible. Monseigneur, a la bonté que vous avez eu d'écrire au Père Le Tellier en faveur de celui de mes enfants qui
(1) Mémoires, vol. x, p. 285.
prend le parti de l'Eglise, je ne suis pas moins rempli de reconnaissance pour toutes les bontés que madame de Vaudreuil me marque que vous voulez bien avoir pour elle." (1)
Comme nous ne voyons plus, à partir de cette date, le marquis et la marquise de Vaudreuil demander des faveurs pour le fils en question, nous avons le droit de supposer que ce dernier abandonna le parti de l'Eglise peu après. En effet, le gouverneur de Vaudreuil ne passait guère une année sans solliciter pour un de ses fils quand il ne demandait pas pour tous à la fois.
Maintenant, quel est le fils de notre premier gouverneur de Vaudreuil qui se destina d'abord à l'Eglise ?
En 1708, le fils aîné du marquis de Vaudreuil était déjà lieutenant dans les troupes du détachement de la marine. Et le 6 juin 1708, le ministre de Pontchartrain écrivait à M. de Vaudreuil qui sollicitait une enseigne de vaisseau pour son fils aîné qu'il fallait que le jeune homme fasse quelque campagne sur les vaisseaux avant de recevoir de l'avancement. Il ne peut donc être question de lui comme ayant pensé à entrer dans les ordres.
Le fils du gouverneur de Vaudreuil qui songea à entrer dans les ordres ne peut être autre que Philippe-Antoine né à Québec le 30
(1) Archives du Canada, Correspondance générale
mars 1693. En 1708, le jeune de Vaudreuil avait à peine quinze ans. Il ne dut pas poursuivre ses études théologiques bien longtemps après 1710.
Philippe-Antoine de Vaudreuil ne revint jamais au Canada.
Nous le voyons entrer dans l'armée quelques années plus tard. Il devint capitaine de Grenadiers, puis commandant de bataillon au régiment du Roi Infanterie.
Le colonel de Vaudreuil fut tué au siège devant Prague le 5 septembre 1742. et fut inhumé le lendemain aux Augustins de la ville de Prague.
Le baron de Vaudreuil était chevalier de l'Ordre royal et militaire de Saint- Louis et des Ordres royaux, militaires et hospitaliers de Notre-Dame de Mont-Carmel et de Saint- Lazare de Jérusalem. Il ne s'était pas marié.
QUI f:tait le sieur LAFORCE
Lors de la rencontre de l'escorte de M. Coulon de Villiers de Jumonville avec le détachement de troupes commandé par le major Washington, non loin du fort Duquesne, le 28 mai 1754, neuf Canadiens furent tués et ving^
faits prisonniers. Parmi ces derniers se trouvait le sieur LaForce, qui servait en qualité de volontaire et probablement d'interprète. Douze de ces prisonniers furent envoyés en Angleterre, six expédiés à la Martinique et deux gardés en prison à Williamsburg, en Virginie, l'enseigne Pierre- Jacques Druillon de Macé et le sieur LaForce.
Le major Washington en remettant ces deux derniers prisonniers à la garde du gouverneur Dinwiddle, lui écrivait :
" Les principaux officiers sont M. Druillon et M. LaForce, de qui Votre Honneur m'a souvent entendu parler comme d'un homme hardi, entreprenant, d'un homme très habile et
très rusé Si LaForce était mis en
liberté, il pourrait, je le pense sincèrement, nous faire plus de dommage que cinquante autres hommes ; par l'activité de son esprit, il commit toutes les parties du pays. De plus, il possède parfaitement les langues sauvages et il exerce une grande influence sur les tribus indiennes. . Je lui ai témoigné tout le respect possible, et pour eux, je me suis privé de certains vêtements qui m'étaient très utiles."
Le gouverneur Dinwiddle n'était pas homme à négliger l'avis de Washington. Peu après, il envoyait M. Druillon de Macé en Angleterre. Quant au sieur LaForce, pour ne pas courir le risque de le laisser échapper, il lui fit mettre double fers et ordonna de river sa
chaîne au plancher de sa prison. Le procédé était peu humain mais de cette façon il s'enlevait toute inquiétude au sujet de l'évasion de son prisonnier.
Le 5 juillet 1754, AL Coulon de Villiers, frère aîné de l'infortuné Coulon de Jumonville, vengeait sa mort traîtresse en faisant subir une défaite désastreuse au futur fondateur de la République Américaine et en lui imposant une capitulation extrêmement humiliante.
Le septième article de cette capitulation déclarait :
" Comme les Anglais ont en leur possession un officier, deux cadets et tous les prisonniers qu'ils ont fait dans l'assassinat du sieur de Jumonville, et qu'ils promettent de les renvoyer sous bonne escorte jusqu'au fort Duquesne, MM. J. Wambram et R. Stobo,tous deux capitaines, pour sûreté de cet article,nous seront remis en otages, jusqu'à l'arrivée de nos Canadiens et Français.
" Nous nous obligeons, de notre côté, à donner escorte et à reconduire en sûreté les deux officiers qui s'engagent à ramener les Français dans deux mois et demi, au plus tard."
Les Anglais ne se pressèrent pas de se conformer à l'engagement signé par Washington. Ils connaissaient l'habileté et les services que LaForce pouvait rendre aux Français, ils décidèrent de le garder le plus longtemps possible.
Le capitaine Stobo gardé en otage au fort Duquesne en vertu de cette même capitulation du 5 juillet 1754 trahit la confiance que les Français avaient mise en lui. Au mépris des usages de la guerre, il envoya au commandant de Will's Creek un plan du fort Duquesne avec une longue lettre où il écrivait, entre autres choses ; " ils (les Français) désirent beaucoup avoir LaForce ici ; il faut qu'il ait été un homme extraordinaire parmi eux, car ils le regrettent beaucoup et désirent ardemment son retour ".
Heureusement, le plan et la lettre de Stobo tombèrent aux mains des Français avant de se rendre à destination.
Le 30 octobre 1755, le gouverneur de Vaudreuil envoyait au ministre de la marine la liste des officiers, cadets et Canadiens tués et faits prisonniers dans l'affaire du 28 mai 1754. Dans la lettre qui accompagnait cet état, M. de Vaudreuil disait :
" Le sieur LaForce, excellent et brave Canadien, est détenu en prison à la Virginie." (1)
Le 14 août 1757, le marquis de Montcalm écrivait à milord Loudon et réclamait la mise en liberté de M. LaForce :
" La défense honorable du lieutenantcolonel Munrovv m'a déterminé à lui accorder
(1) Collection de manuscrits, vol. IV, p. 12.
et à sa garnison une capitulation honorable. Elle n'aurait pas souffert la moindre altération, si vos soldats n'avaient donné du rhum. Si cette troupe avait voulu sortir avec plus d'ordre et ne pas prendre une terreur de nos Sauvages, qui a enhardi ces derniers, en un mot s'ils avaient voulu faire exécuter ce que je leur avais fait proposer pour leur propre avantage.
" Je regarde comme un vrai malheur d'avoir eu avec moi les Abénaquis de Panaouenské, en Acadie, qui avaient cru avoir à se plaindre de quelques mauvais traitements.
" Vous savez ce que c'est que de contenir 3000 Sauvages de 33 nations différentes et je n'en vois que trop de crainte que je n'avais pas laissé ignorer au commandant du fort dans ma sommation. Je m'estime heureux que le désordre n'ait pas eu des suites aussi fâcheuses que j'étais en droit de le craindre, je me sais gré de m'être exposé personnellement ainsi que mes officiers pour la défense des vôtres qui rendent justice à tout ce que j'ai fait dans cette occasion.
" Aussi, mylord, je vous prie de faire exécuter la capitulation dans tous ses points. La moindre inexécution sous le plus léger prétexte serait d'une conséquence encore plus fâcheuse pour vous que pour nous. J'ai retiré des Sauvages plus de 400 prisonniers et le peu qui reste entre leurs mains sera rassemblé par M. le marquis de Vaudreuil, à qui j'ai dépêché
— zooun courrier et seront envoyés par un bâtiment armé en paquebot pour leur plus grande sûreté à Louisbourg.
" Le commandant de cette place les enverra à celui d'Halifax, lorsque Ton aura rassemblé, conformément à la capitulation, le peu de Français et Canadiens que vous pouvez avoir prisonniers depuis le commencement de cette guerre.
" Je m'en rapporte sur le nombre à votre bonne foi et je réclame nommément le sieur LaForce, canadien, qui aurait dû être renvoyé par la capitulation du fort de la Nécessité. Je vous demande de les faire conduire à 'Halifax pour être échangés avec les vôtres que • j'enverrai à Louisbourg " (1)
I<e 22 novembre 1757, LaForce était encore prisonnier, comme on le voit par le passage suivant du Jouriml de Montcalm :
" Par le retour du sieur de Langy, qui avait été conduire M. Schuyler, lieutenantcolonel, le sieur Martin, capitaine d'artillerie, au fort Edouard, on a eu des lettres de milord Loudon, qui assure être dans le dessein d'observer la capitulation du fort Guillaume- Henry. Mais dans le même temps, ils forment des difficultés qui ne peuvent avoir lieu en Amérique, où la nécessité de se servir de sauvages empêche que le droit des gens ne s'y
(1) Archives de la province de Québec, 1ère série, cahier
règle sur le même pied qu'en Europe. Le général et l'armée ne peuvent être responsables de ces alliés indociles. Il y a à présumer, par la lettre de milord Loudon, que la capitulation s'exécutera pour la clause principale de ne pas servir de dix-huit mois, et qu'il disputera sur la restitution des prisonniers, objet de peu de conséquence pour le Canada, puisque, depuis le commencement de cette guerre, y compris ceux de l'affaire de M. de Dieskau, les Anglais n'ont à nous que cet officier-général, son aide de camp, le sieur de Bellestre, enseigne de la colonie, le sieur LaForce, qui accompagnait M. de Jumonville, deux officiers de miHces, une femme et quarante et un soldats oii miliciens." (1)
Qui était le sieur LaForce ?
M. l'abbé Jean Langevin, plus tard évêque de Rimouski, écrivait en 1883 :
" M. René-Hippolyte LaForce mon bisaïeul, né à Laprairie, de Pierre LaForce et de Michelle Lebert, est décédé à Québec, en 1801., âgé de 72 ans. En 1754, il formait partie du détachement de Jumonville, et lorsque celuici eut été assassiné par les troupes anglaises, commandées par Washington, lui-même fut fait prisonnier et emmené en Virginie." (2)
Tous ceux qui depuis ont eu à parler du
(1) Journal du marquis de Montcalm, p. 138.
(2) Notes sur les archives de Notre-Dame de Beauport. vol. II, p. 249.
sieur LaForce ont adopté la version de M. Langevin et donnent René-Hippolyte LaForce comme le prisonnier fait par Washington.
René-Hippolyte LaForce, il n'y a pas à en douter, était un homme d'une grande habileté. Marin, interprète, diplomate, rompu à la vie des bois, il rendit de grands services au gouverneur de la Nouvelle-France. Sous le régime anglais, il fut également très apprécié. En 1777, il était nommé commodore et commandant de la flotte de tous les lacs et rivières de la province du Canada.
Mais René-Hippolyte LaForce est-il bien le sieur LaForce dont Washington faisait l'éloge et qui fut prisonnier des Anglais de 1754 à 1758 ou 1759 ?
Nous répondons : non.
Un homme fût-il un docteur Hyde ou un M. Jekill ne peut en même temps être à deux places. Ceci est une vérité qui frise presque celles qui ont fait passer le bon de La Palice à la postérité.
René-Hippolyte Pépin LaForce épousait, à Québec, le 10 janvier 1757, Marie-Madeleine Corbin, comme en fait foi l'acte de mariage suivant que nous tirons des registres de Notre- Dame de Québec :
" Le dix janvier mil sept cent cinquante sept sur la dispense de l'empêchemcîit diriment de parenté au quatrième degré et de la publication de deux bans accordée par Monseigneur
l'évêque et après la publication d'un ban de mariage faite au prône de notre messe paroissiale entre le Sr Hypolite LaForce, capitaine de navire demeurant en cette ville, fils du Sr Pierre I.aForce et de deiïunte demoiselle Michelle LeBert,ses père et mère, de la paroisse de Montréal, d'une part, et demoiselle Magdeleine Corbin, fille de Sr Richard Corbin, et de demoiselle Magdeleine Rolland, ses père et mère, de cette paroisse, d'autre part, ne s'étant découvert aucun autre empêchement au dit mariage nous curé de Québec soussigné avons reçu leur mutuel consentement et leur avons donné la bénédiction nuptiale suivant la forme prescrite par notre mère la sainte église et ce en présence de Mr Benjamin de Villeray, capne. des troupes d'infanterie, et du Sr Etienne Dassier, Pierre Papin, amis de l'é^ioux, du sr Jean Saillant, son beau-frè^e, du S. Richard Corbin, père, du Sr Etienne Corbin, oncle, de François, de David et de Joseph Corbin, frères de l'épouse, et de plusieurs autres parents et amis qui O/Ut signé ainsi que les éDOUx lecture faite."
Or, comme nous l'avons vu plus haut, le sieur LaForce fait prisonnier le 28 mai 1754 fut en captivité en Virginie de 1754 à 1758 ou 1759. Le gouverneur Dinwiddle avait tellement peur de le perdre qu'il le gardait à la chaîne tout comme en fait aujourd'hui pour les chiens trop agressifs. Nous ne ptnivoiib donc croire
une minute que Dinwiddîe aurait accordé un congé à I/aForce pour lui permettre de venir épouser Marie-Madeleine LaForce, à Québec, le 10 janvTcr 1757.
11 faut donc chercher le sieur LaForce ailleurs.
Dans ses Mémoires, M. Aubcrf de Gaspé parle assez au long de àcr. compagnon d'enfance le major Pierre LaForce, lils de René- Hypolite Pépin dit LaForce. '' Le sang des braves coulait dans les veines du major La- Force, dit-il, son oncle paternel s'était distingué par de nombreux faits d'armes azcnt la Conquête ; les annales du Canada en font foi."
Voilà notre homme, m-is quels étaient ses prénoms ?
Mgr Tanguay, dans son Dictionnaire généalogique, nous fait connaitre deux des frères de René-Hypolite LaForce ; Pierre, né à Laprairie le 12 mars 1725, et Michel, dont il n'indique pas la date ni l'endroit de naissance.
Pierre LaForce n'a pu être piisonnier des Anglais dj 1754 à 175S parce que nous le voyons épouser, à Saint- Jean de l'île d'Orléans, le 22 septembre 1757, Françoise Gosselin, veuve d»^ Lambert Cohornou.
Pour nous, le prisonnier lait par Washington en 1754 est Miche) LaForce. Et nous appuyons notre opinion sur une pièce absolument probante.
Le 25 avril 1753, Mi-hel Pépin LaForce,
sur son départ pour la Beîle-Riviere, comparaissait devant les notaires Smionct et Adhémar, à Montréal, et constituait sa femme, Agathe Limoge, sa procuratrice pendant son absence
Voici, d'ailleurs, le préambule de l'acte :
" Paxdevant les notaires royaux de la juridiction royale de Montréal y résidants soussigné fut présent sieur Michel Pépin La- Force, garde magasin pot'r ie Roy au poste et établissement de la Belle-Rivière, d^.iif.r.rant en cette ville, lequel étant sur son départ pour aller au du poste, a fait et constitué sa procuratrice générale et spéciale d^moi^'elle Agathe Limoge, son épouse "
L'acte de sépulture de Pierre-Paul de Marin, capitaine d'une compagnie des troupes du détachement de la marine, au fort Duquesne de la Belle-Rivière, le 29 septembre 1753, note la présence du sieur LaForce, garde des magasins.
Le 1 r> mai 1750, a lieu au fort Duquesne de la Belle-Rivière le baptême de Hélène Caudon, irlandaise de nation, âgée de deux mois. Le parrain est " Jean-Baptiste Garault, garde des magasins du Roi au susdit fort Duquesne." M. Garault, évidemment, avait remplacé le sieur La- Force, prisonnier des Anglais.
En plur. par un acte du notaire Barolet, de Québec, en date du 6 aoàî; 1757, nous constatons que Agathe Limoge, procuratrice de son
mari Michel LaForce, en vertu de sa procuration du 25 avril 1753, donne quittance à Louis de Chapt de LaCorne, capitaine d'infanterie, pour une somme de 2268 livres, 6 sols et 11 deniers.
Il n'y a donc pas à s'y tromper le sieur LaForce qui tombait entre les mains de Washington le 28 mai 1754, est le gardemagasin Michel LaForce qui était allé prendre son poste à la Belle-Rivière le printemps précédent.