‹ Les petites choses de notre histoire (volume 4)Chapitre 42 sur 56 · LE CAPITAINE DONALD MCDONALD · texte numérisé non relu

LE CAPITAINE DONALD MCDONALD

Smollett, dans son Histoire de George II, raconte que pendant la nuit qui précéda la bataille des Plaines d'Abraham, l'armée de Wolfe qui descendait des embarcations anglaises sur la rive nord du Saint-Laurent pour aller prendre position sur les Plaines, fut sauvée de la défaite par la présence d'esprit d'un officier anglais qui répondit en français avec tant d'assurance aux mots d'ordre des sentinelles françaises qu'elles crurent avoir affaire à des détachements français.

Le nom de ce brave officier nous a été conservé par le capitaine Knox, dans son Historical journal of the campaigns in North America for the years 1757, 1758, 1759 and 1760. Il se nommait Donald McDonald. Il appartenait aux Fraser's Highlanders et commandait l'avant-garde de l'infanterie légèra McDonald fut conséquemment le premier ou un des premiers qui mit le pied sur la berge du Foulon.

Knox raconte ainsi cet épisode émouvant du siège de Québec :

*' Aussitôt que McDonald, suivi de ses hommes, eut gagné la hauteur, une sentinelle le somma de donner le mot d'ordre. McDonald parlait français et avec une grande présence

d'esprit il bredouilla un mot quelconque en cette langue. La nuit étant très obscure, il s'avança près de la sentinelle et lui dit qu'il était envoyé à la tête d'un fort détachement pour garder la côte et qu'il donnerait une bonne leçon à ces

c d'Anglais s'ils persistaient dans

leur dessein. Cette finesse eut l'efifet désiré et sauva plusieurs vies."

Ce ne fut pas la seule fois que, pendant cette campagne, McDonald, grâce à sa connaissance de la langue française, put rendre d'importants services à ses chefs.

Au mois de février 1760, Lévis arrivé à Jacques-Cartier envoya un message à Murray, renfermé dans Québec. C'est McDonald qui porta la réponse. Comme Lévis voulait empêcher McDonald de prendre connaissance de l'état de ses forces, il détacha un sergent pour le rencontrer à une certaine distance de son camp. Mais McDonald au lieu de remettre ses dépêches à ce sous-officier le renvoya vers Lévis en lui disant : " Je suis capitaine, et si votre commandant n'envoie pas au-devant de moi un ofticier de mon grade je m'en retourne à Québec avec mes dépêches." Le chevalier de Lévis comprit le manquement qu'il venait de faire à l'étiquette militaire et envoya aussitôt vers McDonald un capitaine précédé d'un tambour.

Le capitaine McDonald fut tué quelques semaines plus tard, à la bataille de Sainte-Foy.

Nous sera-t-il permis de noter ici que Wolfe et la plupart des officiers de son armée comprenaient et même parlaient le français. Presque tous les officiers anglais qui furent laissés ici après le départ des troupes pour l'Angleterre parlaient français. Nos archives judiciaires de Québec, Montréal et Troisrivières contiennent des centaines de pièces qui peuvent prouver amplement ce que nous avançons ici. Ceci n'est guère à l'honneur des Canadiens-Anglais qui sont nés et vivent au milieu de nous et ne parient que leur langue. Au dixhuitième siècle déjà les Anglais cultivés se faisaient gloire d'apprendre et de parler la belle langue française.

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