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LA FETE DU SACERDOCE

La Fête du sacerdoce se célébrait autrefois dans plusieurs diocèses de France. Mgr Briand, évêque de Québec, né à Plerin, diocèse de Saint-Brieuc, en Bretagne, avait dû assister dans sa jeunesse à la célébration de la Fête du sacerdoce. C'est lui qui donna droit de cité à cette fête dans le diocèse de Québec en 1777.

Mgr Briand disait dans son mandement d'institution :

" Réunir sous un seul point de vue et dans un même culte toutes les grandeurs du sacer-

(1) Lettres de la cour de Versailles, p. 238.

doce de la Nouvelle alliance, s'y proposer pour principal objet de religion Jésus-Christ, Souverain Prêtre et Pontife Eternel, seul capable d'honorer Dieu d'un culte parfait, et de lui rendre des hommages solennels, et mille fois justement mérités à tous ces grands évêques, à tous ces prêtres du second ordre, et à tous les autres ministres inférieurs qui se sont à jamais sanctifiés dans les fonctions du sacré ministère, et dont les noms et les vertus du plus grand nombre nous demeureront ici-bas entièrement inconnus ; rappeler aux ministres des saints autels toute l'excellence de leur vocation et l'étendue de leurs engagements, leur proposer des modèles accomplis de toutes les vertus dans l'exercice des fonctions sacrées ; et leur procurer en même temps un grand nombre de protecteurs puissants pour les aider à s'en bien acquitter : voilà, Nos Très Chers Frères, ce que nous avons aperçu, dans les recherches que nous avons faites, sur la distribution de l'office du sacerdoce et sur la solennité nui doit l'accompagner." (1)

Les prêtres célébraient au Canada la Fête du sacerdoce par la récitation de l'office divin et la messe du sacerdoce, le premier jeudi qui se rencontrait après le 29 août.

Dans son voyage à Rome en 1819-1820, Mgr Plessis, évêque de Québec, soumit à

(1) Têtu et Gagnon, Mandements des évêques de Québec, vol. III, p. 284.

l'examen du Saint-Siège Apostolique les fêtes particulières de son diocèse afin d'en avoir l'approbation. Selon la propre expression de Mgr Plessis, la Pête du sacerdoce fut repoussée bien loin, quant à la messe et à l'office. Le titre même de la fête offensa les autorités romaines. Mgr Plessis demanda que le jour auquel on avait coutume de célébrer la Pète du Sacerdoce, il fût, du moins, permis aux prêtres de son diocèse de célébrer la messe du Saint-Sacrement, soit basse, soit solennelle, comme au jour de la Fête-Dieu. Cette demande fut rejetée comme une dérogation, sans titre, à la disposition de la rubrique générale.

Mgr Plessis était un parfait observateur des lois de la Sainte Eglise et quelques mois après son retour de la Ville Eternelle, le 5 décembre 1822, il écrivait à ses prêtres :

" Nous déclarons, qu'après que les présentes vous seront parvenues, il ne sera plus permis, le jeudi qui suit immédiatement le 29 août, à aucun ecclésiastique de ce diocèse, de substituer à l'office du jour, celui qui a été connu ci-devant sous le nom d'office du Sacerdoce, non plus que de célébrer la messe qui y correspondait ; nous réservant de suggérer quelque moyen de conserver ce qu'il y avait d'essentiel dans cette fête, savoir le renouvellement de la profession cléricale." (1)

(1) Têtu et Gagnon, Mandements des évêqnes de Québec, vol. m, p. 172.

La Fête du Sacerdoce avait été célébrée dans le pays pendant quarante-cinq ans.

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