‹ Les petites choses de notre histoireChapitre 27 sur 100 · LES TROTTOIRS AUX TROIS-RIVIERES · texte numérisé non relu

LES TROTTOIRS AUX TROIS-RIVIERES

Ceux qui ont eu la bonne fortune de visiter la cité trifluvienne depuis le grand incendie qui l’a dévastée en 1908, ont dû remarquer que la plupart des rues de cette intéressante ville sont bordées de trottoirs en ciment.

Ce n’est pas d’hier que datent les trottoirs aux Trois-Rivières.

Nous avons retrouvé dans nos cartons, ces jours derniers, le premier règlement qui ordonnait aux citoyens des Trois-Rivières de placer, devant leurs maisons, des trottoirs, ou plutôt comme on disait dans ce temps-là, des “ pièces de bois écarris ”. C'est une ordonnance de l’intendant Bégon en date du 15 mars 1713. Publions-là ici afin que les Trifluviens puissent comparer leur règlement d’aujourd’hui relatif aux trottoirs avec celui de 1713.

“ Sur ce qui nous a été représenté que pendant le printemps à cause de la fonte des neiges et pendant l'automne à cause des fréquentes pluies les rues de la ville des Trois-Rivières sont presque impraticables et que pour se garantir des mauvais chemins qui y sont dans ces deux saisons il conviendrait que chaque propriétaire des maisons et emplacements sur les d. rues füt tenu de placer devant la face de sa maison et emplacement sur les d. rues des pièces de bois écarris sur lesquelles on puisse aller et venir, à quoi y étant nécessaire de poürvoir.

“ Nous ordonnons que tous les propriétaires de ces maisons et emplacements seront tenus de placer dans tout le mois de juin prochain le long de la face de leurs maisons et emplacements sur

les rues des pièces de bois écarris sur lesquelles on puisse aller et venir facilement dans les dites rues à peine contre chacun des contrevenants de dix livres d'amende applicable au bâtiment de l'église paroissiale des Trois-Rivières. ”

Aujourd’hui les trottoirs de nos villes ont huit, dix et quelquefois douze pieds de largeur. Nos ancêtres se contentaient de trottoirs de deux pieds de largeur. Ce n'est pas pourtant le bois qui manquait, mais les rues étaient si étroites qu'il fallait laisser l’espace nécessaire pour les voitures.

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