M. DE LOUVIGNY ETAIT-IL PRO- TESTANT
Dans un ouvrage publié en France par le Père Orhand, sous le titre Un admirable inconnu, et consacré à un ancien missionnaire jésuite du Canada, le Père de Carheil, il est affirmé que le célébre officier de la Porte de Louvigny, qui fut lieutenant de roi à Québec, puis gouverneur des Trois-Rivières, était protestant.
“ Le passage du livre en question dit :
“En cette année de 1690, le P. de Carheil eut un grand chagrin: M, de la Durantaye ne rest: pas commandant de Michillimakinac, qu'il avant pourtant si bien défendu. Charlevoix rend justice à son mérite, à son intégrité et raconte que son crime, d'après quelques uns, c'était son affection pour les missionnaires, Il est constant que le comte de Frontenac n'aimait pas les missionnaires qui osaient soutenir un avis contraire à ses desseins: il avait souvent parlé et souvent écrit contre l'évêque de Québec et les Jésuites. Le capitaine de Louvigny était protestant, ct c'est lui qui remplaça le gentilhomme breton. Bien qu'il fut l'un des meilleurs officiers de la Nouvelle-France, on peut croire que le P. de Carheil, jésuite, ne trouva pas, dans ce réfornx. un ami très ardent, Nous n'avons toutefois aucune preuve d'hostilité de sa part et même, à juger par les événements, il est probable qu'il exista une certaine entente, au moins politique. entre le missionnaire et le commandant. En effet M. de Louvigny s'efforça, non sans bonheur, de maintenir les Outaouais dans l'alliance avec les Français et de les conduire contre les Iroquoi.. Or une telle conduite n'était pas pour déplaire au P. de Carheil qui, de son côté, donnait une impulsion pareille à ses Hurons. M. de Louvigny parut ranimer le commerce des pelleteries entre
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Québec et Michillimakinac. Si les historiens ne disent pas que l'influence des missionnaires y fut pour quelque chose, nous avons le droit de le dire, par:e que rien de grave n'était possible sans leur concours.. ”
M. de Louvigny était originaire de Paris, et appartenait à une famille de vieille noblesse, 11 passa dans la Nouvelle-France en 1083 en qualité de lieutenant de la compagnie de Le\'errier,
En 1690, M. de Frontenac envoya M. de Louvigny à Michillimakinac pour commander à la place de M. de la Durantaye.
En 1699, on voit M. de Louvigny commandant au fort Frontenac.
Accusé de faire la traite avec les Sauvages, il subit son procès devant le Conseil Souverain puis fut envoyé en France.
Ce voyage lui fut plutôt favorable puisqu'il revint avec sa nomination de major des Trois- Rivières.
En 1703. il passa à Québec en la même qualité.
En 1716, M. de Louvigny, en récompense de sa bravoure et de ses services, était promu lieutenant de roi à Québec.
En 1720, il devint commandant-général des pays d'en haut.
Er 1724, M. de Louvigny s'embarqua pour la France. Pendant son séjour là-bas, il fut nommé
(26 décembre 1724) gouverneur des Trois-kRivières.
Il s'én revenait prendre possession de son poste lorsqu'il périt dans le naufrage du Cameau, le 27 août 1725.
M. de la Porte de Louvignv appartenait-il à la religion réformée, ainsi que le prétend le Pêre Orhand ?
Non.
Nous avons bien eu au Canada, sous le régime français, quelques officiers protestants mais aucun d'eux n'occupa des postes importants.
M. de Louvigny épousa à Québec le 26 octobre 1684, Marie Nolan, fille de Pierre Nolan, commissaire de l'artillerie. L'acte de mariage dresse par le curé de Québec, M. Henry de Bernières, se lit comme suit :
“* Le vingt-sixième jour du mois d'octobre de l'année mil six cent quatre vingt quatre vu la dispense de trois bancs de mariage d’entre Louis de la Porte, sr de Louvigny, demeurant en cette ville, fils du sr Jean de la Porte et de Françoise de Fanerolle, ses père et mère, de la paroïsse de Nt- Eustache de la ville et archevèché de Paris, d'une part, et Marie Nolan, âgée d'environ vingt ans. fille de sr Pierre Nolan, commissaire de l'artillerie en ce pays, et de Catherine Hymart, ses père et mère, de cette paroisse d’autre part, laquelle
dispense ils ont obtenu de Monseigneur l’évêque de Québec et ne s’étant trouvé aucun empêchement nous Fenry de Bernières vicaire général de Monseigneur l’évesque et curé de cette église paroissiale les avons en la d. église conjoint en mariage en présence du dit sr Nolan, père de l'épouse, de Claude Chasle et Niçoias Gauvreau, bourgeois de cette ville, et Gilles Moulineux, qui a déclaré ne savoir signer de ce enquis suivant l'ordonnance, ainsi signé. Louis de la Porte, Marie Nolan, B. Nolan, Chasle, N. Gauvreau, H. de Bernières. ”
Si M. de Louvigny avait été protestant, le mariage n'aurait pas eu lieu dans l'église pis l'acte aurait mentionné la dis: nse spéciale obtenue de l'évêque.
Les actes de baptème des enfants de M. de
M. de Louvigny établissent clairement aussi qu'il
était catholique. La lettre qu'écrivait l'évêque de Québec au ministre, le 4 octobre 1725, pour lui demander des faveurs pour la veuve de M. de Louvigny, n'est pas moins explicite.
Ce qui a pu faire croire au Père Orhand, peu au fait de notre histoire, que M. de Louvigny était protestant, c'est qu'il était officier réformé, ce qui ne veut pas dire du tout qu'il appartenait à la religion réformée.
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