‹ Les petites choses de notre histoireChapitre 51 sur 100 · LADY DORCHESTER ETAIT-ELLE CATHCLIQUE · texte numérisé non relu

LADY DORCHESTER ETAIT-ELLE CATHCLIQUE

Sir Guy Carleton, plus tard lord Dorchester, et sa digne épouse étaient très symn athiques aux Canadiens-Français et aux catholiques. Le gouverneur Murray fut aimé des C adiens-Français, mais aucun gouverneur ne fut plus populaire chez les Canadiens-Français, plus particulièrement les habitants de Québe-, que lord Dorchester.

On n'a qu’à lire les adresses qui lui furent présentées lors de son départ, pour s'en faire une idée. Les officiers français, dans les dernières années de l’ancien régime au Canada, afin de pousser les Canadiens à défendre leurs foyers et leur pays avec encore plus d'ardeur, avaient créé dans le peuple une légende qui n'était pas à l'avantage des Anglais. On les accusait de toutes sortes de

cruautés et de méfaits. Gouvernés d'abord par Murray et par Dorchester, qui parlaient tous deux le français comme des Parisiens et s'efforçaient de leur faire oublier le plus possible le changement de régime, les Canadiens revinrent bien vite de leurs préventions.

Dorchester poussa la générosité jusqu'à donner à la cathédrale de Québec, en 1775, une dispendieuse horloge à trois timbres, pour orner le clocher. |

Lady Dorchester, de son côté, fréquentait beaucoup les Canadiens. Ce sont les dames Ursulines de Québec qui enseignèrent le français à ses enfants. Lorsque lord et lady Dorchester laissèrent le Canada ils amenèrent avec eux en Angleterre un prêtre canadien, l'abbé Bailly de Messein (plus tard évêque) comme précepteur de leurs enfants. Pendant son séjour à Québec, lady Dorchester visitait les dames Ursulines presque tous les jours.

Ce sont peut-être tous ces petits faits qui ont fait croire que lady Dorchester était catholique.

Si lady Dorchester avait été catholique les Annalistes de l'Hôtel-Dieu, de l’Hôpital-Général et du couvent des Ursulines de Québec n'auraient pas manqué de le noter. Loin de là, puisque l'annaliste des Ursulines, une contemporaine, écrit que, dans son couvent, on priait pour la conver-

sion de lady Dorchester. C'est donc qu'elle était protestante.

Les passages suivants des Annales des Ursulines nous renseignent à ce sujet:

“ Les rapports de lady Carleton avec les Ursulines furent toujours empreints de la plus cordiale aménité, “ Un moment avant de s'embarquer pour l’Europe, dit le Récit, cette estimable dame vint faire une dernière visite à notre communauté et nous réitérer ses adieux. Elle avait avec elle ses trois petits messieurs et la petite Dell:, que nous n'avions pas encore vue. Mme Johnston aussi l'accompagnait. Ce fut une visite des plus gracieuses. Elle présenta à notre Rév. Mère supérieure, en la quittant, deux flambeaux d'argent, disant que c'était un petit souvenir pour notre église. Un catholique n'aurait: pas fait les choses avec plus d'à-propos et de délicatesse.

“ Le 9 août suivant (1777), Mme Johnston est entrée chez nous en qualité de pensionnaire. Nous lui avons cédé un de nos parloirs, ce qui lui donne deux appartements, l'un sur la rue qui lui sert de salon, l’autre sur notre cour intérieure, qui lui sert de chambre à coucher. Mgr ne s’est pu refuser au général Carleton, qui lui a demandé cette faveur pour le temps que durerait l'absence ae M. Johnston, officier de la couronne, qui passait à Londres avec lui. ”

“Cette dame Johnston, parente du gouverneur Carleton, nous est représentée par les traditions du monastère comme le vrai type de ces nobles dames d'Albion, qui savent s'élever au dessus du vulgaire par une éducation supérieure et une âme épurée de fanatisme religieux, bien plus que Par un orgueil outré ou les extravagances de la toilette.

“Au mois de juillet 1778, M. Johnston étant de retour de Londres, sa dame sortit aussitôt de notre maison, rayonnante de bonheur de revoir son époux. Mais, à inconstance des joies de ce monde! cet estimable monsieur tomba malade et mourut peu après son arrivée, laissant sa triste veuve plongée dans une indicible douleur. “ Tout le monde a été sensible à son affliction, dit le Récit, car Mme Johnston est généralement estimée. et elle mérite de l'être pour tant de belles qualités qui brillent en elle. ”

“Ne trouvant aucun adoucissement à ses peines auprès de ses amis du grand monde, cette aimable dame voulut de nouveau se rapprocher du monastère. “ Elle a montré en toute occasion un si grand attachement et tant d'estime pour notre communauté, qu'il eüt été difficile de se refuser à l'empressement qu'elle a témoigné de revenir demeurer chez nous. Elle occupe les mêmes appartements que ci-devant.

“Cette dame, en tout temps polie et affectueuse, ne causa jamais le moindre déplaisir à la sœur qui la servait, ni à qui que ce füt, et ce n'a pas été sans un sensible regret qu’elle ouitta le monastère au mois d'octobre 1779, pour retourner à Londres. ” nt contrarié l'Angleterre ; il contribua probablement à la rendre de plus en plus conciliante, et à hâter la solution des difficultés qui agitaient le pays depuis l'administration de Haldimand. Ce dernier, sur l’ordre des ministres, dut reconnaitre la loi de l’'Habeas Corpus. L'ami du Canada qui avait apporté en 1774, .les concessions si chèrement achetées, allait nous revenir porteur comme toujours de bonnes nouvelles. Quant à lady Carleton, son absence ne changea en rien ses procédés à l'égard des Ursulines. Les Annales disent :

“ Au départ de M. Haldimand, au commencement de novembre 1784, nous apprimes que M.

Guy Carleton, ancien gouverneur de cette province, et que l'on appelle aujourd'hui milord Dorchester, était nommé pour le remplacer. Toute la colonie, les Canadiens surtout, se promettent des jours heureux sous son administration. ”

“ Un peu plus loin: Au mois de mai de cette année, 1786, est arrivé à la joie générale du cler-

ï 4 free eq mp à rer ve ve

Page 1