‹ Les petites choses de notre histoireChapitre 52 sur 100 · DATE · texte numérisé non relu

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gé et du peuple le très-honorable lord Dorchester, Gouverneur et commandant en chef de cette colonie. 11 fut salué par plusieurs décharges de canons, les troupes étant sous les armes. Milady, son épouse, arriva äu mois d'août de l’année suivante, avec le reste de sa famille, qui consiste en deux jeunes messieurs et deux petites demoiselles. ”

“Cette dame a couru de très grands dangers sur mer, ainsi qu'il est arrivé à beaucoup d’autres vaisseaux, le sien ayant été arrêté pendant 2; jours par les glaces et contraint de relâcher. Enfin, ele nous est arrivée bien portante et nous honore tous les jours de sa visite avec sa demoiselle. ”

Dès son arrivée, lady Carleton, était-venue visiter les Ursulines, et leur avait fait part de son projet d'envoyer sa fille ainée au couvent pour y recevoir des leçons de français ainsi que pour apprendre à broder et à travailler sur écorce.

“ Lady Dorchester demanda à Mgr l’ancien, ajoute le Récit, d'entrer tous les jours à notre monastère pour assister aux leçons de sa Dile; ce qui nous porte à croire qu’elle désire elle-même se perfectionner dans la langue, en même temps que sa fille en étudie les éléments. ”

“Cette dame s'occupe beaucoup. Elle est très

gracieuse et polie; montre en tout une belle éducation. Elle parle très-bien français, ”

“ Les heures de classe de Mlle Carleton étaient depuis 11 h. du matin jusqu'à 2 h. de l'après-midi. Elle avait pour institutrice la Mère Davanne de St-Louis de Gonzague, qui continua à donner des leçons à la jeune demoiselle jusqu'au départ du gouverneur son père. ”

une autre dame de la famille de lord Dorchester entra aux Ursulines en qualité de pensionnaire en chambre. “ Au mois de septembre, dit le Récit, lady Ann, sœur de lady Dorchester, et veuve du major Carleton, neveu du gouverneur, désirant venir. demeurer chez nous, nous en fit faire la proposition par sa sœur, lady Dorchester. Cette dernière ayant obtenu ses permissions de Mgr, toutes deux vinrent visiter les appartements qu'avait occupés cidevant Mme Johnston.

“Lady Ann, qui voulait se retirer du grand monde, trouva ce logement solitaire tout à fait dans ses goûts; elle y entra avec sa femme de chambre le 26 du même mois. ”

“Peu de pensionnaires ont laissé dans cette maison de plus aimables souvenirs que cette dame. “ Elle joignait à un grand mérite, l'avantage d'une très haute éducation, et l'absence de tout

fanatisme religieux. Gracieuse, affable, polie à l'égard de tout le monde, d'une humeur toujours égale, affectueuse et sociable, elle eût voulu avoir incessamment quelqu'une de nous auprès d'elle. Elle témoignait une estime singulière pour notre saint état et admirait surtout le vœu que nous faisons d'élever et d'instruire la jeunesse.

“Dans le monde, disait-elle, chacun songe à soimême et travaille pour les siens ; mais vous, mesdames, vous ne songez qu'aux intérêts de ceux qui vous confient leurs enfants. En vérité, votre œuvre est belle ! ”

“ Cette personne rare pour son esprit et les belles qualités de son cœur, s'était tellement attachée à nous et à notre solitude qu’elle eut voulu y demeurer toujours, si sa famille eùt été du même avis; mais il n’en fut pas ainsi, elle fut rappelée à Londres l’année suivante. Le 15 juillet 1788, cette intéressante jeune veuve s'embarqua pour l'Angleterre, nous laissant ses regrets et emportant les nôtres, ”

“ Cette gracieuse affabilité des membres de la famille Dorchester pour notre maison, suscita de ferventes prières pour leur salut éternel. On en parlait mème aux Ursulines de Paris...” Quant à Mme votre gouvernante, répondait de Paris la Mère Ste-Saturnine, en 1788, je prie Dieu de tout mon cœur, que les visites et la confiance qu'elle

vous témoigne, lui attirent la grâce de connaître la vérité. En vous procurant l'avantage de lui être utile, puisse-t-elle vous donner le bonheur de l'instruire elle-même ainsi que Mlle sa fille, et de recevoir un jour son abjuration. Ce serait un coup de grâce! Hélas! Il est plus aisé de le désirer que de l'espérer.”

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