Gustave-A. Drolet, Zouiviana, 2e édition, p
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que chaque intervalle d'obscurité fut suivi et precédé de vent, de pluie, d’éclairs et de tonnerre. On remarqua qu'il y avait deux courants d'air contraires dont le plus élevé poussait une étendue de nuages lumineux vers le nord-est, et l'autre chassait au sud-ouest avec beaucoup de rapidité des nuages épais, et l'eau qui en tombait était aussi noire que l'encre.
“ On attribue ce phénomène à quelques mines de souffre prises en feu dans quelque pays voisin, dont la fumée aura épaissi l'air et chassé les nues qui s'en seront formées vers cette partie. Cette obscurité s'est fait sentir jusqu'à Niagara et non plus loin. ‘*
Enfin, la mère Saint-Louis de Gonzague, ursuline, de Québec, dans une lettre du 24 octobre 1785, nous donne les renseignements suivants sur la grande noirceur de 1785:
“...En cela comme en toute autre chose, ma bien chère mère, laissons le tout à la divine Providence. Nous en avons toujours ressenti la protection de la manière la plus sensible, et je puis dire, tout récemment encore ; car vous saurez que depuis deux mois, ce sont des pluies et des vents ærribles, accompagnés de tonnerre et d’éclairs effrayants. Le 15 de ce mois d'octobre, nous fümes
-38. Mémoires de Nicolas-Gaspard Boisseau, p. 18.
contraintes d'allumer les lampes à trois heures de l'après-midi. Le lendemain, dimanche, la même obscurité recommença dès onze heures. A une heure, nous étions entourés de ténèbres comme dans la nuit la plus obscure, le tonnerre roulait d'une manière effrayante et les éclairs sillonnaient sans cesse le firmament. Ces ténèbres continuèrent toute la journée. Nous chantions vêpres aux flambeaux. La consternation était à son comble et chacun malgré soi songeait au lendemain. Grâces au Seigneur, ce lendemain ne nous apporta que des pluies en abondance... ” *
C'est cette obscurité qui se renouvela par tout le pays à trois différentes reprises qui fit appeler l'année 1785 l’année de la grande noïrceur.