SIR ALLAN MACNAB ET LA LANGUE | FRANÇAISE
La clause 41 de l’Acte d'Union disait :
“ Et qu'il soit statué que depuis et après la réunion des dites deux provinces, tous brefs, proclamations, instruments pour mander et convoquer le Conseil Législatif et l’Assemblée Législative de la province du Canada, et pour les proroger et les dissoudre, et tous les brefs pour les
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électioi ; et tous brefs et instruments publics quelconques ayant rapport au Conseil Législatif et à l’Assemblée Législative ou à aucun de ces corps, et tous rapports à tels brefs et instruments, et tous journaux, entrées et procédés écrits ou imprimés, de toute nature, du Conseil Législatif et de l'Assemblée Législative, respectivement, ne seront que dans la langue anglaise: pourvu toujours que la présente disposition ne s'entendra pas empêcher que les copies traduites d'aucuns tels documents ne soient faites, mais aucune telle copie ne sera gardée parmi les records du Conseil Législatif ou de l'Assemblée Législative, ni ne sera censée avoir en aucun cas l'authenticité d’un record original.”
Pendant la session de 1845 de l'Assemblée législative une pétition du docteur William Thurber et autres, du comté le Lotbinière, demandant de transporter la cour de circuit à Sainte-Croix, ayant été renvoyée à un comité spécial, M. Joseph Laurin, député de Lothinière, proposa de soumettre au même comité une pétition de Daniel Byrne et autres, de Saint-Sylvestre, demanda l'annexion de cette paroisse au comté de Mégatic pour les fins de l'enregistrement.
L'orateur, sir Allan MacNab, refusa de recevoir la motion de M. Laurin, parce qu'elle était
écrite en langue française, et contraire, conséquemment, à la clause 41 de l’Acte d'Union.
Appel fut immédiatement fait à la Chambre de la décision de l'orateur MacNab, et un violent débat s'ensuivit.
M. Lafontaine (plus tard sir L.-H.), député de Terrebonne, déclara qu'une loi qui voulait empêcher un peuple de parler sa langue était immorale et nulle de fait; qu'il y avait quelque chose au-dessus de l’Acte d'Union, et que ce quelque chose était la capitulation de Québec.
M. A.-N. Morin, député de Bellechasse. ne fut pas moins énergique. “ Des lois comme cellelà, déclara-t-il, sont contre nature, et il faut agir comme si elles n'existaient pas. ”
M. Marc-Paschal de Sales Laterrière, député du Saguenay, n'y alla pas, non plus, par quatre chemins pour donner son opinion, “ Si nos institutions sont ainsi à la merci d'une majorité fébrile, s'écria-t-il, le rappel de l’Union est notre seul recours. ”
Finalement le vote fut pris et la décision de l'orateur fut maintenue par l’Assemblée à la majorité d'une seule voix, et cette voix fut celle de M. Denis-Benjamin Papineau, membre du ministère.
” Avant de voter, dit un journal du temps, M. Papineau se leva et s'assit deux ou trois fois,
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comme un homme qui va faire une action qui répugne à son cœur, mais qu’il accorde pourtant aux exigences de sa position.”