Vol. XIV, p
preuve probante, elle peut très bien nous servir. A ce propos, un journal de 1857 publiait la petite pièce suivante d'un poète anonyme :
Je rêvais cette nuit que de mal consumé
Côte à côte d'un rouge on m'avait inhumé; Mais que ne pouvant pas souffrir ce voisinage, En qualité de bleu, je lui tins ce langage :
‘‘Retire-toi, coquin, va pourrir loin d'ici!
Il ne t'appartient pas de m ‘approcher uinsi, Tu sens le démocrate à cent lieues à la ronde, ’’ ‘Silence! répond-il, on n'est plus dans le monde Où le rouge et le bleu ne pouvaient s'endurer, Ici faut, malgré soi, conservateur rester.
Là-haut, chaeun de nous à part faisait marmite, Il n'en est pas de même au pays qu'on habite, Le gouvernement veut que le tory pur sang
A côté du cleer-grit soit sur le même rang
Et que le rouge-feu, si brillant dans le monde, Près du conservateur repose duns la tombe, Le Globe et le Courrier, le Pays, l'A venir, Auprès de la Patrie, en paix pourront dormir ; Et le National, feuille démocratique,
En tout point du Journal suivra la politique.
Les vers ne sont peut-être pas fameux mais il. nous font voir qu'à cette époque pas plus qu'aujourd’hui l'entente était vraiment cordiale entre rouges ct bleus.