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recevoir un démenti formel du dirécteur de la Banque d'Angleterre qui aura lu votre ouvrage et qui sera à jamais indigné de la légèreté avec laquelle vous avez traité certaines questions commerciales!
“Québec et Montréal deviennent des cités de moins en moins françaises!” Nous sommes sûrs que M. Trollope qui confond l'Esplanade avec la Plateforme ne s'est point fait montrer, à Québec l'Université Laval, et les autres institutions françaises à Québec et à Montréal. Si cependant il avait voulu se donner la peine de comparer ces institutions avec celles du Haut-Canada, voire mème celles des différents autres pays, il eût été obligé d’avouer que le Bas-Canada n'est point en retard sous le rapport de l'éducation ; à ce sujet, il aurait pu consulter les écrits et le journal de l'hon. P.-J.-O. Chauveau.
“Mais, non! M. Trollope n'a vu que des scieurs de bois ct des porteurs d'eau parmi les Canadiens-français des villes! C’est un peu fort, en vérité! Nous aurions ici beau jeu à réfuter cette assertion en passant en revue l’histoire du Canada, histoire déjà féconde, bien que le Canada ne date que d’hier. ” 6
Puis M. Blain de Saint-Aubin faisait connaitre quelques uns des écrivains, des hommes d'état et des artistes de la race canadienne-française.
Il lui parlait de P.-J.-O. Chauveau, de F.-X. Garneau, de J.-C. Taché, de l'abbé Ferland, de Gérin- Lajoie, de l'abbé Casgrain, ete, alors à l'apogée de leur talent. Parmi les hommes politiques, M. Blain de Saint-Aubin signalait à M. Trollope Cartier, Cauchon, Dorion, Laberge, Turcotte, Loranger, Morin, Chauveau, Huot, etc. Il se donnait le malin plaisir de dire à M. Trollope que de l'aveu même des Anglais les meilleurs orateurs de l'Assemblée législative se trouvaient chez les députés canadiens-français. M. Blain de Saint-Aubin demandait aussi à M. Trollope si les anglo-canadiens avaient des musiciens supérieurs aux Dessane, aux Letondal et aux Smith et des peintres égaux aux llamondon, aux Hamel, aux Bourassa et aux Falardeau.
M. Blain de Saint-Aubin terminait son article vengeur en disant :
.“ Nous avons eu l'occasion dernièrement de signaler à des Canadiens-Anglais quelques-uns des passages où il est parlé de scieurs de bois: ils ont été obligés de convenir avec nous que c'était une ridicule calomnie dirigée contre la race française de ce pays, mais ils ne s'empresseront pas de réfuter cette erreur dans leurs journaux ou dans d'autres écrits. ”
À plus d'un demi-siècle de distance, cette dernière remarque de M. Blain de Saint-Aubin est
plus vraie que jamais, Tous les jours, des journaux fanatiques font des appréciations aussi injustes que celles de M. Trollope sur les Canadiens-Français de la province de Québec, Quand les journalistes anglais qui vivent au milieu de nous, qui nous fréquentent et nous connaissent, prennent-ils la peine de réfuter les absurdités que ces journaux débitent sur notre compte ?