L'ANCRE EN SA
L'autre soir, tandis- que danseuse Julia Betzy, dans Madame la Sénéchale, tout magnifique ancre en diam qu'elle portait au corsag m'empêcher de dire à mi tades:
— Voilà un bijou qui quatre cents louis.
— Cinq cents, me repon
— Comment le sais-tu ?
216 LES PETITES MAKCHABALLE
— J'ai la facture.
— Tiens! tiens! Heureux coquin, tu ne nous avais pas dit cela.
— Hélas! pas heureux coquin du tout.
Je te conterai l'histoire à l'entr'acte.
Et comme la toile baissait, Pontades me prit par le bras.
— Il faut te dire tout d'abord que j'ai eu une passion folle pour Betzy. Des formes un peu plantureuses, sans doute, mais ça n'effraye pas ceux qui s'y connaissent, qui savent les voluptés intenses qu'on peut trouver auprès de ces montagnes de satin et de neige. Et puis quelle admirable tête de madone, avec cette bouche sensuelle au sourire extatique, ces yeux en même temps si chastes et si ingénument polissons que, lorsqu'elle les relève, avec ses longs cils frangés, on dirait, ma parole, qu elle retrousse ses jupes. J'avais envoyé lettres sur lettres, et fait une consommation effrayante de corbeilles fleuries avec de gigantesques
fe