LE TRAITÉ DE MANCHABALLE III
chaque fois elle soulignait ses découvertes de quelque remarque saugrenue, relisant les lettres, redépliant les papiers jaunis.
En trouvant son brevet d'études dans sa table de nuit, elle s'exclamait : « Je vous demande un peu à quoi il m'a servi, ce machin-là ! Puis c'était mon contrat de mariage avec M. Manchaballe, égaré dans ses corsets, je ne sais trop comment. Et Caroline de s'écrier, en pouffant : « Au nom de l'Empereur ! » Je vous demande un peu ce que l'Empereur vient faire dans le mariage de maman. Impatientée, je lui dis :
— Mais ce n'est pas un inventaire que nous faisons. Cherche donc ton traité avec Dubard.
Enfin, nous avons fini par le retrouver, ce fameux traité. Vous ne devineriez jamais où, monsieur Richard! Dans une vieille boîte à bougie. Tout de suite, je saute sur le papier et je lis le fameux paragraphe 3 :
« Mademoiselle Manchaballe s'oblige à se prê-
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ter et à contribuer de la manière la plus complète et la plus absolue, par tous ses moyens, talents et facultés quelconques appréciés par le directeur au bien général de V entreprise et aux nécessités particulières des représentations. M
Il y avait quelconques souligné ; par conséquent, le misérable nous tenait. Facultés quelconques appréciées par le directeur!
Hein, on peut aller loin, dans cette voie. Il nous aurait demandé de jouer le répertoire Chirac, avec possession à rideau ouvert, il aurait donc fallu s'incliner. Une Manchaballe qui a deux sœurs à l'Opéra I
Et alors, moi commerçante, en relisant le traité, j'y ai découvert des choses énormes.
Ainsi, par exemple, écoutez l'article : En cas de maladie, les appointements de Vartiste seront suspendus pour chaque jour de maladie, et si la maladie vient à se prolonger quinze jours, l'engagement pourra, à la volonté du directeur, être résilié immédiatement sans indemnité. »