LILI. — Si
JEANNOT. — Mais non.
MAMAN. — Jeannot a raison. Tu parais tout ennuyée ?
LILI, sérieuse. — Je suis très contente, là.
MAMAN. — Tu dis ça en faisant ton petit nez pincé, comme quand tu vas pleurer.
LILI. — Qu'on me laisse m'amuser, qu'on ne s'occupe pas de moi.
JEANNOT. — Laisse-la, petite mère. Moi, quand elle est comme ça, qu'elle fait sa lune, eh bien, je la laisse.
MAMAN. — Oui. Et sais-tu ce que tu ferais,
mon petit homme, si tu étais gentil ? mais bien gentil ?
JEANNOT. — Quoi? Quand tu me parles comme ça, poliment, je sens que ça va être quelque chose d'ennuyeux.
MAMAN. — Mais non. Si tu étais un amour, tu irais une minute dans mon cabinet de toilette tenir compagnie à cette pauvre mère Louis qui est là, toute seule, en train de raccommoder, et tu lui raconterais les belles affaires que tu as reçues pour ton Noël.
JEANNOT. — C'est bon. Tu veux que je m'en vas? Eh bien, je m'en vas.
MAMAN. — Tu reviendras dans dix minutes.
JEANNOT. — Ahl peut-être pas. Une fois que je serai avec la mère Louis...
MAMAN. — Va, mon petit poulet. Tu feras ce que tu voudras. (Venfant s^apprête.) C'est ça, emporte ton chemin de fer. (Il ouvre la parle.) Tu es gentil tout plein. A la bonne heure.
Aussi tu auras des étrennes !... Je ne te dis que ça ! (Il referme la porte. Maman et Lili sont seules.)
LiLi, qui fond en larm^es. — Oh!
MAMAN. — Qu'est-ce que tu as ? Lili 1 Réponds.