‹ Les petits appartemensChapitre 134 sur 356 · SCÈNE VII · texte numérisé non relu

SCÈNE VII

DUFOURAGE, GUILLAUME.

GUILLAUME

Je tombe de fatigue... Ah ! voici quelqu'un ., Monsieur...

DUFOURAGE.

Que demandez- vous, mon cher.

GUILLAUME

Monsieur Dufourage, le fournisseur.

DUFOURAGE.

Que désirez-vous de lui?

GUILLAUME

Quelque secours... J'ai été fait prisonnier après avoir été blessé à la dernière affaire* je suis parvenu à m'éehapper...

Eh bien ! après...

GUILLAUME

Eh bien , c'est déjà quelque chose , il me semble... j'ai servi ma patrie et je meurs de faim...

DUFOURACE.

Ce n'est pas très-glorieux...

GUILLAUMF.

Je ne vous demande pas cela... Je suis couvert de haillons... j'ai une chaussure qui refuse le service... et je viens m'adres.-er au fournisseur qui , sans doute , me prêtera son appui. DUFOURACE.

Il vous prètra son appui... mais cela ne vous aidera pas à marcher...

GUILLAUME

Vous vous tiompez, monsieur, il sera touché de la situation d'un vieux soldat... d'ailleurs il doit y avoir près de lui un jeune homme qui est de son pays, un nommé Julien qui me recommandera...

DUFOURACE.

Non , monsieur. ( à part. ) Il m'envoie là de jolies pratiques, M. Julien.

GUILLAUME

Vous dites non?..

DUFOURACE

Non, vousdis-je, allez rejoindre voire régiment et adnssezvous à vos officiers.

GUILLAUME

Mon régiment... Je le représente tout entier... je suis resté

seul!..

DUFOURACE.

C'est fâcheux, niais le fournisseur ne peut pas écouter tous les

traînards qui viennent quêter...

GUILLAUME, rréc fierté* Quêter!.. Nous m'insullcz monsieur.

DUFOURACE , McùUnt.

Ce n'est pas mon intention... mais les magasins sont trèspauvres dans ce moment-ci, et le fournisseur ne peut rien faire pour vous... à moins de vous donner ses bottes et son déjeuner , en tendez-vous mon cher "...

GUILLAUME

Qui êtes-vous donc, pour me parler sur ce ton?..

DUFOURAGlî.

J'ai l'honneur d'être le fournisseur de...

GUILLAUME

Vous!., mille carabines!.. Vous,, le fournisseur!.. Je vous

( »5 ) aurais pris pour un ennemi... Je n'ai pas le droit d'exiger , je le sais, mais ce n'est plus au fournisseur que je m'adresse, c'est à un compatriote, à un homme... Yous avezp't-èlre ben quelque fois de la bonté.

DUFOURAGE.

J'ai de la boulé... niais je n'ai pas d'ordre pour babiller et restaurer tous ceux qui se présentent ..

GUILLAUME

Par mes moustaches .. vous avez donc moins de pitié pour moi que n'en ont eu les passans... Ce jeune homme... ce Julien dont je vous pari'*... , il m'a trouvé hier, couché dans la poussière... i t il m'a secouru , il m'a donné tout ce qu'il avait... C'est bien, ça... c'est un joli trait de sa part.

GUILLAUME

Taudis que vous ne me montrez que du mépris , de la dureté.

DUFOURAGE.

Dans trois ou quatre jours... j'attends un convoi d'habillemens , de vivres... Attendez.

GUILLAUME

Attendez! trois ou quatre jours!... Mille tonnerres ! si vous portiez un sabre, vous m'auriez déjà fait raison, DUFOURAGE.

Vous me menacez, je crois... Holà! mes gens!... Lafleur, Comtois !...

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