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LES MÊMES, UN DOMESTIQUE

( Sophie se lève , va à lui , prend une lettre qu'il tenait à la main. Le Domestique sort. )

Mms DE BLANGY.

Qu'est-ce donc?

Sophie.

Une lettre qu'on apporte ; elle est timbrée de Fontainebleu.

Mme de blangy , qui a pris la lettre , et qui V ouvre. De Fontainebleau! serait-ce la réponse que j'attendais? (Lisant.) « Madame, pressé par les instances de M. de

Les inconsolables. 4

» Courcelles, qui se plaignait en voire nom de notre len- » leur et de nos retards , etc., etc. » ( Elle achève de lire à voix basse.) Ah! la maison que j'avais retenue est entièrement vacante.

M. DE BUSSIERES.

Ah ! mon dieu!

Mme DE BLANGY.

Et elle peut me recevoir dès demain.

SOPHIE

Madame doit être bien contente , car c'est tout ce qu'elle desirait.

MmR DE RLANGY.

Certainement ; mais M. de Courcelles , qui n'a de tact ni de mesure en rien, aura pressé ces braves gens, avec une rigueur dont je vais être responsable ; on croira que je n'ai nul égard , nul procédé. . .

SOPHIE

Les procédés d'un locataire qui arrive; vous ferez ù Fontainebleau ce que Monsieur fait ici.

M. DE BUSSIKR.ES.

Quoi , Madame , votre intention serait de partir dès demain?

Mme DE BLANGY.

Mais oui, Monsieur, il le faut bien; je ne puis abuser de votre complaisance , ni rester plus long-temps chez vous.

M. DE BUSSIERES.

Chez moi?

Muie DE BLANGY.

C'est le mot. Dès demain celte maison sera à votre disposition ; cl pour les an augcinens à prendre. . .

M. DE BUSSIERES.

Rien ne presse; nous pourrons eu parler à loisir. Mme DE BLA^GV.

A loisir, cesl-à-dirc aujourd'hui... Mais je me mêle peu de nies affaires , auxquelles du pesbe je n entends rien , c'esl un ami de mon mari , M. de Courcelles , qui veut bien prendre ce soin,

M. DE BT7SSIÈRES.

M de Courcelles, le recGveur-eénéral?

Mmc DIS BLANGY.

Oui, Monsieur. Vous le connaissez V

M DE BUSSIÈRES

Un excellent homme, qui a rendu à ma famille d'importaus services ; et je serai charme' de cette occasion de renouer avec lui.

Mme DE BLANGY.

Sophie, priez-le de venir, et dites-lui que M. de Bussiùres l'attend.

SOPHIE

Oui, Madame , j'y vais. C'est donc demain que décidément nous partons?

Mme DE BLANGY/ , sèchement.

Sans doute î . . . Est - ce que cela ne vous convient pas ? Est-ce que vous avez quelque chose à dire? SOPHIE.

Rien, Madame. ( A part. ) Je dis seulement que c'est dommage, et que voilà , selon moi, une lettre bien maladroite.

( Elle sort. )

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