L.ES TROiS JECJiVES GENS
Quel est ce bruit?
D'où vient ce tapage étrange?
Qui nous dérange Et trouble notre appétit ?
VJLBRUN.
Pour un autre, Monsieur me prend.
tous , à Ledovx.
Vous avez tort assurément.
LEDOUX
Monsieur est un impertinent.
tous, à Val brun.
Vous avez tort, c'est différent.
Mais plus de bruit, Cessez ce tapage étrange ,
Qui nous dérange Et trouble notre appétit.
LEDOUX
Monsieur me traite de fou, et me donne au diable.
VALBRUN
Sans doute, un vieil eutêlé qui veut absolument m'avoir vu dimanche à Tivoli , taudis que j'étais a plus de cent lieues de Paris.
Une erreur est excusable, et il me semble qu'il était plus convenable d'assurer à Monsieur qu'il se trompait, que tle lui prodiguer des invectives , qui le mettront sans doute dans la ne'cessité de vous demander une satisfaction que vous lui devez , et l'affaire me paraît difficile à arranger. VALBRUN.
Et qui vous a charge' d'être ici notre me'diateur? qui vous a dit que nous voulussions arranger l'affaire? J'ai offensé Monsieur, eh bien! je suis prêta lui offrir la réparation qu'il exigera.
LEDOOX.
Mou dieu , Monsieur, je ne suis qu'une mauvaise télc. sans rancune, je suis tout disposé à vous excuser; je n'exigerai pour cela qu'un petit déjeûner.
VALBRUN
Qu'est-ce que j'entends? Auriez - vous eu l'intention de me prendre pour dupe? Et ces Messieurs, si empressés de remplir le rôle de conciliateurs, n'auraient - ils pas eu le projet de vous seconder? Si je le pensais, Messieurs...
AUGUSTE
Hé, Monsieur , pensez tout ce que vous voudrez . . .
VALBRUN
C eu est assez , Messieurs; après une insulte aussi manifeste, je n'ai plus à balancer,
Air des Frères de la! t.
Avec ardeur j'ai servi ma patrie , J'ai versé mon sang pour l'Etat. . .
( Ouvrant son Jiabït ) Ce ruban vous le certifie , Et vous venez qu'un vieux soldat Ne craint pas l'heure 'lu combat. L'honneur ne vieillit p;i s en France; "Mon cœtir esl jeune el sens i|ne je puis Paire aujourd'hui, pour laver mou offense , Ce que j'ai fait pour venger mon pays.
Et puisque voilà un tir . allez choisir deux pistolets , que je
donne sur - le - champ à Monsieur , une preuve de mou adresse.
AUGUSTE
C'est ce qu'il faudra voir. ( // entre au tir. )
LEDOUX , voulant l'arrêter.
Du tout, du tout, n'y allez pas; je suis content des excuses que Monsieur veut bien me faire.
VALBRUN
Moi? je vous ai fait des excuses?
LEDOUX
Comme vous voudrez. Je vous en ferai alors, si vous le préférez.
VALBRUN
Il est trop tard!
auguste, revenant avec deux piitolets.
Sans doute, et voici des armes.
LEDOUX
Voulez-vous bien les cacher!
VALBRUN, qui a pris les pistolets.
Allons, Monsieur , choisissez.
Jamais I. . . . Que j'attente aux jours de mon semblable ! moi, Ledoux?... Ah! Dieu! pour qui me prênd-t-oh/... Et puis, ce n'était qu'une plaisanterie.
VALBRUN
Je vous attends, Monsieur.
LEDOUX
Vous le savez , Messieurs. . . Mais dites donc que ce n'était qu'une pure plaisanterie.
VALBRUN
Ma patience se lasse , à la fin.
LEDOUX , à part.
Dieu ! est-il chaud !
AtTGUSTE.
Quoi! vous hésitez?
LEDOUX
Un peu . . . Itn'y a peut-être pas de quoi ?
AUGUSTE
Mais vous n'avez rien à craindre ; car si vous succombe/, je jure de venger votre mort.
LEDOUX
Merci! ça me fera une jolie jambe!
valbrun, impatienté.
Si vous ne choisissez à l'instant. . .
Ah ça, Monsieur, est-ce que vous croyez me faire peur ? ! b Lien! oui , je choisis !
VALBRUN
C'est fort heureux ! Et lequel ? . . .
ledoux , prenant les pistolets , et les armant. Tous les deux !. . . . Et pour n'avoir à me reprocher la mort de personne, voilà comme j'agis.
( // tire les deux coups en l'air ; deux pigeons tombent. ) AUGUSTE , l s ramassant.
Bravo!. . . Ah! c'est comme cela que vous ne voulez la mort de personne?
ledoux ^prenant les pigeons , et les mettant dans ses poches. Ma foi, Messieurs, je ne me croyais pas si adroit.