‹ Les petits appartemensChapitre 220 sur 356 · AMBROISE, BRULARD, OLIVIER, BLANCHE, YOLANDE · texte numérisé non relu

AMBROISE, BRULARD, OLIVIER, BLANCHE, YOLANDE

BRULARD

Permettez , noble dame , que votre chevalier. . .

( // met un genou en terre , et lui baise la main . )

AMBROISE

Que mon élève est beau comme ça !

OLIVIER , à part.

Que va-t-il lui dire ?

BRULARD

Olivier» remonte , mon ami, remonte , et tiens-toi là. . . Maintenant, ma belle cousine , à nous deux ; quand je dis à

nous deux, (Montrant Atnbroise. ) c'est-à-dire à nous trois; ( Montrant Yolande. ) à moins que ce ne soit à nous quatre.

BLANCHE

Comme vous voudrez. Vous de'sirez me parler, j'ignore la raison. . .

Elle est fort simple ! c'est que j'ai quelque chose à vous dire. Ecoutez-moi, Blanche, ma pupille; vous voilà jeune et jolie

BLANCHE

Ah! de grâce. . .

BRULARD

Si fait , si fait, vous êtes jolie.

AMBROISE

Oh oui ! très-jolie.

BRULARD

Je veux vous donner un mari.

BLANCHE

Avec plaisir, mon beau cousin.

BRULARD

C'est le moment où vous devez en choisir un.

BLANCHE

J'y pensais.

BRULARD

Ah ! vous y pensiez. {A part.) Pauvre innocente, va!. .. ( Haut.') Eh bien! mon aimable pupille , demain vous aurez un mari. D'après le testament de votre père, mon beau cousin; car dans la famille , nous sommes tous beaux , vous pouvez vous marier à seize ans, et vous avez seize ans.

AMBROISE

C'est un bien bel âge!

Mais, vous le savez aussi, le testament porte qu'on me conduira dans le château de Cressy , afin que je désigne librement mon époux ; ainsi, mon beau cousin , rendez-moi la liberté'.

AMBROISE

La liberté'! quelle bouffonnerie !

BRULARD , le poussant.

Tais-toi donc!

BLANCHE

Pienvoyez-moi dans mon château, et c'est lu, que je ferai savoir ma volonté.

olivier , à part.

C'est bien, courage !

BRULARD

Certainement, c'est comme cela que je l'entends. ( Bas à Ambroise.) Je fais de la politique. [Haut.) Ce soir vous choisirez un époux. . . parmi vos chevaliers • mais n'oubliez pas que j'en suis un, que je vous aime; et. . . votre cœur est libre? à moins que je n'aie un rival. olivier, à part.

Je tremble.

BRULARD , observant Blanche.

J'ai peut-être un rival! . . . Songez - y bien , si j'avais un rival; je ne snis pas méchant, je suis doux comme un agneau 5 mais il serait haché menu, menu, comme chair à pâté.

olivier, se sauvant.

Ah!

Hein ! qui est* ce qui a dit : Ah ? on a dit ah?

AMBROISE

C'est le page Olivier , qui a pris la fuite.

BRULARD

Le page Olivier! Est-ce que, par basard, ma pupille...

BLANCHE

Non, non; mon beau cousin.

BRULARD

Si c'était lui , il ferait l'essai des oubliettes.

YOLANDE et BLANCHE.

Les oubliettes!

AMBROISE , bas.

Frenez donc garde ; vous parlez des oubliettes. . . Et le secret?

BRULARD

C'est juste, j'ai dit une bêtise; je n'en fais jamais d'autres. Blauche, je veux bien croire qu'il n'y a rien eu. (Bas à Ambroise. ) Je fais encore de la politique. ( Haut.) Ainsi , je lui pardonne. ( Bas. ) Qu'on l'arrête, et qu'on l'amène pieds et points liés. ( Haut. ) Vous serez reconduite au-

I '7 ) jourd'hui même dans votre^châtean. ( Bas. ) Mais j'en serai le maître. ( Haut. ) Je vais ordonner qu'on vous y présente un coffre rempli des plus belles étoffes , des étoffes superbes! c'est mon présent de noces.

AIR de Figaro.

Mais adieu , je m'en vais , je vous laisse ; Songez bien que , grâce à ma tendresse , En tous lieux vous serez la maitresse , ( A part. ) Sous ma loi . , .

Car le maître c'est moi.

( Montrant le portrait. )

Mais admirez cette figure. . .

C'est la mienne. . . elle n'est pas mal . . .

Acceptez-en la portraiture ,

En attendant l'original.

BLANCHE

Merci, mon beau cousin.

BRULARD , à part.

Ton beau cousin... Ah! traîtresse de beauté! ( A Jmbroise. ) Songe à Olivier.

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