CUS T AVE
Contre moi !
FILERIN
A peine entré dans la carrière , vous vous avisez de publier un livre sur les moyens de traiter les maladies les plus simples, sans le secours des médecins.
GUSTAVE
Comment, me serais-je écarté des principes...
FILERIN.
Je n'en sais rien , mais il est très-dangereux de mettre la science à la portée de tout le monde ; quand ou fait de ces livres là , monsieur , on les garde pour soi.
MARGUERITTE
Comment , monsieur Gustave , c'est pour ça que vous a\ ez passé tant de nuits! ( à Filerin ). Mais après tout , monsieur, je ne vois pas le grand malheur «pie les pauvres gens puissiout se passer de médecins.
FILERIN.
C'est qu'on ne doit pas s'en passer.,. C'est qu'il ne faut pas qu'on puisse s'en passer !..
Ensemble.
Air : Vaudeville des Gascons.
Jadis i! n'en fallait pas tant Pour faire interdire un confrère.
MARGUERITTE
L'interdir' , peut-on à présent Faire interdire le talent'.
GUSTAVE
Silence!
FILERIN.
Eh! mais quelle colère.
MARGUERITTE
Je sors. . . mais il faut qu' ça soit vous Pour je consente à me taire.
MARGUERITTE
Oui, je crois qu' plus d'un ignorant Faisait interdir' son confrère; Mais on ne peut plus à présent Faire interdire le talent.
( Elle sort).
FILERIN.
Jadis il n'en fallait pas tant Pour faire interdire un confrère.
Jadis il n'en fallait pas tant Pour décréditer le talent.
GUSTAVE
Oui , jadis plus d'un ignorant Devait redouter la lumière ; Mais on ne craint plus maintenant V De voir succomber le talent.
FILERIN, GUSTAVE.
FILERIN.
Ce que j'en dis. . c'est par intérêt pour vous, mon cher ami... je vous aime du fond de lame.
GUSTAVE
Ali! que vous me faites plaisir de me parler ainsi; vous m'enhardissez à vous ouvrir mon cœur.
FILERIN.
Ouvrez, mon ami... ouvrez , est-ce une consultation?
GUSTAVE
Depuis longtemps je vous ai fait connaître mes sentimens pour l'aimable Cécile.
FILERIN.
Ah ! je vous en prie , mon cher confrère , ne touchons pas cette corde là , si vous voulez que nous restions amis. ..
GUSTAVE
Je suis jeune , j'ai une belle clientelle.
FILERIN.
Oui , un moment de vogue !.. quelques cures heureuses... votre voyage en Espagne qui a électrisé les esprits... Eh ! mon dieu, on sait ce que c'est!., j'ai eu aussi mon temps, l'anne'e de la grippe a été heureuse pour moi.. . j'avais une vogue!., je n'y concevais rien... Trente malades par jour.... Eh! bien, que sont devenus ces gens-là? je n'en ai plus entendu parler...
GUSTAVE
C'est un malheur !