‹ Les petits appartemensChapitre 71 sur 356 · SCENE VII · texte numérisé non relu

SCENE VII

SAJNT-ERNEST, MADAME D'HERÀNC^ .

MADAME d'HERANCY.

Je vous avoue, colonel , que la visite de votre cousin me contrarie beaucoup, et que je m'en serais très bien passée; heureusement que dans quelques heures il nous aura quittés, et probablement pour toujours.

SAINT-ERNEST

Pour toujours!., c'est bien sévère ; il faut que ce que vous a raconté monsieur de Sauvré vous ait bien prévenue contre lui.

MADAME D'HERANCY.

Prévenue... ah! vous êtes bien bon; apprenez, Monsieur, (|U*il n'y a rien au monde que je délesle plu.« que les hommes qui lui ressemblent.

■SAINT-ERNEST

Je plains alors mon cousin , car, je ne sais pourquoi , j'ai idée qu'il vous aime sérieusement et qu'il ne cherche que l'occasion de vous le dire.

MADAME U'HÉRANCY.

Je ne lui conseille pas de le tenter, car au premier mot j'abandonnerai la place.

SAINT-ERNEST

Eh bien ! prenez-y garde , Madame, car il finira par se déclarer, je le connais, et peut-être même vous forcera-t-il à l'écouter.

MADAME D'HÉRANCY.

Par exemple , je serais curieuse de savoir comment il s'v prendra.

SAINT-ERNEST

Je m'en vais vous le dire.

DUO

D'abord en voyant tant de charmes Il sera timide et tremblant.

madame d'hérancy, souriant.

Vous croyez?

SAINT -ERNEST

Puis bannissant ses alarmes Ses yeux vous diront tendrement :

De l'amour et de son empire

Jusqu'ici j'ai bravé les lois, Mais je vous vois... je tremble, je soupire. Et j'aime, hélas! pour la première fois.

Oui, Madame, voilà Mot pour mot ce qu'il vous dira.

MADAME D'HÉRANCY.

Vous le croyez?

SAINT-ERNEST

Oui... car voilà moi-même Ce que je dis en vous voyant.

MADAME D'HÉRANCY.

O ciel ! quelle surprise extrême!

Vous, colonel !...

SA1NT-ERNES] . baissant les yeux.

Eh! oui, \ rainent.

ENSEMBLE

SAINT-ERNEST, a part. MADAME l)'l!l';H\\CV.

Tout vn bien... redoublons d'audace. Combien cet aveu iu'rml>.-irrasse! lit j'espère toucher son cœur. Anrais-je donc touché son cœui ?

O mon cousin! je le tends grâce, Que faire ? et contre son audace

Sous ton nom je serai vainqueur; Dois-je ici m'arnier de rigueur?

Oui, par toi je serai vainqueur!

m\d\me d'hÉRAXCY , affectant an air gai. Vous voulez plaisauter, je pense

SAINT ERNEST

\i 11 pas. rien n'est plus sérieux ; Mais j'aurais gardé le silence, Si je n'avais craint la présence De ce cousin si dangereux.

MADAME d'iIERA.VCY . riant. C'est son arrivée en ces lieux Qui vous a donné du courage.

SAINT-ERNEST

De mon amour vous faut-il quelque gag

MADAME D'HÉRANGÏ.

Je n'en veux qu un.

SAINT-ERNEST

Parlez-?... Je m v soumet-.

MADAME D'HKKWn.

C'est de ne m'en parler jamais.

SAINT-EKNEST.

Jamais! jamais!... quelle rigueur cxlrcmc I Mais à vous obéir je consacre mes jours! ! n me taisanl c est dire, je vous aime... I i je promets «le me taire toujours!...

ENSEMBLE

vUNT-ERNEST. MADAME D'hÉRANCY.

Tout va bien... redoublons d'audace , Con.b.en cet aveu m'embarrasse !

Je commence a toucher son cœur! Il n'ose interroger mon cœur.

O non cousin! je te rends pw* Quefàireîel contre son audac.

JP vais t. devoii le bonheur. Hois-je ici m'armrr de rignenr !

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