‹ Les petits Bollandistes (volume 2)Chapitre 115 sur 412 · Ps. LxxI. — 2. Isaïe, Lx. — 8. Matth · texte numérisé non relu

Ps. LxxI. — 2. Isaïe, Lx. — 8. Matth

ils furent transportés d’une grande joie !. Ils y entrèrent et trouvèrent un un enfant de treize jours, enveloppé de pauvres langes et couché sur une poignée de foin. Il est vrai qu’il y a des auteurs qui tiennent que la sainte Famille, c’est-à-dire Marie et Joseph avec leur divin enfant, s'étaient alors retirés dans une maison plus commode de la ville de Bethléem, et ils se fondent sur ces paroles de l'Evangile de saint Matthieu : « Et, entrant dans la maison, ils trouvèrent l'Enfant ». Mais le sentiment commun des saints Pères est que ce fut dans l’étable même où le Sauveur était né qu'il fut trouvé par les Mages ; les paroles de saint Matthieu ne sont pas contraires à cette opinion, puisque le mot maison, dans l’Ecriture sainte, signifie toute sorte de demeure. Quoi qu’il ensoit, des dehorssi chétifs ne furent pas capables de les rebuter ; pénétrant, par la lumière de la foi, la grandeur infinie de celui qui ne paraissait qu'un enfant, ilsle reconnurent pour vrai Dieu et pour souverain Monarque de l’univers. Ils se prosternèrent devant lui jusqu’à terre, ils l’adorèrent avec un profond respect, et ouvrant leurs trésors, ils lui offrirent en présent de l’or, de la myrrhe et de l’encens : de l’or pour honorer sa royauté, de l’encens pour faire hommage à sa divinité, de la myrrhe pour rendre témoignage de sa vie passible et mortelle. « Mais, Ô Mages ! que faites-vous ? » s’écrie saint Bernard. « O sages du monde ! à quoi pensezvous ? Vous adorez un enfant pendant aux mamelles de sa mère, logé dans une vile chaumière et enveloppé de pauvres langes. Quoi donc! croyez-Vvous que cet enfant soit Dieu ? Dieu est dans l’immensité du ciel comme dans le temple de sa gloire, et cet enfant est réduit à la demeure étroite d’une étable, d’une crêche et du sein d’une mère. Croyez-vous encore une fois qu’il soit roi ? Où est donc son palais royal ? Où est le trône de son empire ? Où est le cercle de ses courtisans ? Peut-être que l’étable est son palais; la crèche, son trône; Marie et Joseph, ses courtisans. Comment est-ce que des personnes si sages se sont tellement aveuglées et ont renoncé jusqu’à ce point au sens commun, que d’'adorer, comme Dieu, un enfant dont l’âge et la suite semblaient n’avoir rien que de méprisable et d’infiniment éloigné de la divinité ? C’est sans doute le Saint-Esprit qui les a aveuglés et qui leur a inspiré cette folie selon le monde, pour les rendre sages selon Dieu ? ». Nous pourrions encore ajouter, à ces beaux sentiments de saint Bernard, d’autres pensées très-relevées et très-pieuses sur le même sujet; mais les livres de méditations en sont remplis; contentons-nous de cette réflexion. Bien que ce pauvre lieu, sur lequel l'étoile s'arrêta, et où les Mages trouvèrent Jésus, ne paraisse pas le palais d’un roi ni le temple d’un Dieu, il est néanmoins l’un et l’autre; et

1. Ce récit de la Bible n'indique pas nécessairement qu’il y eut entre l'étoile des Mages et une étoile ordinaire les neuf différences qu'y trouve le Père Corneille de la Pierre, ni même {qu'elle marcha réellement devant les Mages comme un guide. Il est même difficile qu'un météore, si peu élevé et si docile qu’il soit, indique out seul et précisément une étable, Voici comment le docteur Sepp continue son explication (je ne m'occupe pas des autres parce qu'elles sont faciles à comprendre) : Au moment où les Mages quittaient Jérusalem, les deux planètes dont nous avons parlé plus haut entrèrent pour la troisième fois, vers le soir, en conjonction dans la partie du ciel située vers le Sud. L'étoile se leva dans la partie située vers l'Orient, ct avançant dans la direction de Bethléem, elle leur montra le chemin qu'ils devraient suivre. Pendant qu'ils marchaïent, ils la virent continuellement dans la même direction uu-dessus du lieu où était l'Enfant. Cette expression de l'Evangéliste est confirmée par la position des lieux. En ef.ct, le chemin qui va de Jérusalem à Bethléem traverse une vallée profonde nommée Gihon ou l'Enfer. Bethléem elle-même n'est qu'à dix kilomètres à peu près de distance au sud de Jérusalem. Elle est située sur une haute montagne, et par conséquent l'horizon au Sud, derrière la petite ville, devait paraître très-borné à l'observateur. Si je suis obligé de rendre compte à mon tour de la manière dont les Mages trouvèrent l'étable, je répondrai qu'ils l'ont demandé aux habitants de la petite ville, comme cela se pratique ordinairement, ou bien, si vous le préférez, que l'Esprit-Saint les guidait intérieurement; car, sans Cela, il ne leur eût pas été facile de voir au juste au-dessus de quelle maison l'étoile brillait.

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